Combien de groupes arrivez-vous encore à écouter au-delà du troisième album, avec combien de filles aimeriez-vous coucher, combien d’hommes vous ont fait douter, l’electro-clash a-t-il encore un avenir, ai-je le mail direct de Miss Kittin, pourquoi les hémorroïdes sont-ils une histoire d’homme et combien de temps devrai-je encore douter de Velocifero, le nouvel album de Ladytron?
Toutes ces questions, sans être liées, en résument une seule: Ladytron, en pleine période 200!, a-t-il encore les “couilles” de sortir un grand disque, quelque chose qui ne soit pas une resucée des premiers disques 604 et Light & Magic qui m’avaient donné le goût des synthés trafiqués sur voix liturgiques? Poser cette question donne un élément de réponse. Oui, Ladytron a su évoluer depuis ses débuts sur Tricatel (le EP Playgirls, en 2000), intégrer des guitares bien sales et saturées dans son double moteur à ovaires.
ladytron-velociferoMais dès They give you a heart, they give you a name, dure impression d’avoir affaire au Tribulations de LCD Soundsystem. Désagréable impression d’être plaqué au sol dans une grande flaque de saturation, un grand bain de boue numérique duquel émerge quelques nappes mélodiques. Des fuites dans le moteur, qui inconsciemment oriente le cortex vers un “NON” définitif.
A y regarder de plus près, alors que mon oreille est rigoureusement collée au sol à l’attente du prochain train, j’entends le batcave des débuts, les penchants sexygoth’ jupes courtes et black mascara. EXIT les synthés sur Velocifero, le black, oui, mais sans le noir. La dentelle, sans les prémisses.
Velocifero, sur I’m not scared, étaye l’idée d’une bonne pénétration du marché sans le marketing plan, un manque d’âme qui colle à la peau des quatrièmes albums où l’on décroche souvent (Oasis, Strokes, Beck, Phoenix, Sneaker Pimps même, l’un des groupes les plus proches de Ladytron) par lassitude. Dans le cas de Ladytron, quelques chansons flottent au dessus du lot, plus proches de l’apnée que de la noyade. Il y a Tomorrow, Kletva, Runaway, qui renoue avec les débuts.
Certains parleront d’album sans compromis, d’autres d’un échec. J’exhume ma conclusion sur Velocifero en parlant d’un échec sans compromis. J’ai longtemps fantasmé sur les éventuels délires oraux de Mira Aroyo et Helen Marnie. Aujourd’hui, en pleine débâcle du sadisme et des déviances, Velocifero me semble terriblement hétérosexuel, lorgnant vers les fans de Cure comme moi sur une vie normale sans découvert.
Ladytron // Velocifero // Netwerk
3 commentaires
Cher Ooh-Ooh-man, espérons surtout que les Strokes ou Phoenix ne sortent pas de quatrième album - l’air est plutôt pollué, en ce moment, non ?
l’album de phoenix est en cours il suffit d’etre patient …




ETRE DIEU
Attends au moins que les Strokes et Phoenix aient effectivement fait un quatrième album pour les critiquer.