LA SOURIS DÉGLINGUÉE Encore une fois la nouvelle était arrivée directement de l’Internet. Comme ça, sans crier gare et sans raison apparente, la souris déglinguée était annoncée au gibus pour vendredi soir. Un vendredi soir au Gibus. Une rock’n’roll Friday ! La Souris jouait donc dans ce qui était devenu –après avoir était le berceau de toute une jeune génération d’adorateurs d’Iggy Stooge- l’antre de toute une tripotée de suiveurs accompagnés de jeunes demoiselles qui portaient les même lunettes qu’Elvis Costello…mais sans verres ! Alors, forcément, le sarcasme ne s’était pas fait attendre : « La Souris au Gibus ? Taî Luc se met au jean slim ! » Moi, fidèle au texte fondateur, j’avais sorti le blouson du placard. Heureux celui qui croit s’en avoir vu.
Et vendredi soir je me suis rendu au lieu dit, rue du Faubourg du Temple.
LA SOURIS DÉGLINGUÉE D’emblée je suis très en avance. Taï Luc est déjà là, crâne rasé comme un pré fauché, à discuter le coup sur le trottoir. Rapidement skinheads et punks à chien se mêlent aux nombreux adolescents qui sirotent des gins-fizz devant l’entrée. Quand la nuit tombe, des rumeurs de baston avec des skins de droite commencent à courir. Pas d’erreur, on est bien à un concert de la Souris Déglinguée. Ca va chauffer sur la zone.
« Alors Rico qu’est ce que ça fait de jouer au gibus après tant d’années ? » « Ben…Rien. » Le ton est donné, La Souris n’en à rien à foutre. Rien à foutre des jeunes, des vieux, des skins, et des autres. La Souris joue ses morceaux et c’est tout. Et comme dans la légende, ils ne font pas de pause entre les morceaux. Chaque chanson est en forme d’uppercut. Rock’n’roll vengeance sur ta peau blanche.
LA SOURIS DÉGLINGUÉE Les textes de Tai Luc ont un sens, le sens de l’histoire. Ils rappellent une époque, une ambiance, une atmosphère particulière dans les rues vers Stalingrad. Comme sur les photos, Tai Luc n’a pas de sangle à sa guitare, juste une simple ficelle. C’est un véritable guérilléro, écharpe thaï enroulé autour du crâne. Il met la pression aux musiciens et, encore une fois, il joue ses morceaux comme une mission qu’il doit accomplir. Là les fans ne sont pas déçus car tout y passe : Jeunes cons, Saint Sauveur et Brigitte B. Cambodgienne sont de la partie. Tout le monde connaît les paroles par cœur. Moi j’aimerais chanter mais impossible, mon sourire béat m’en empêche. Quand une cyber punk me bouscule pour prendre ma place au premier rang, même pas la force de résister ou de protester. Je laisse faire et continue de sourire. Muzo continue de souffler comme un damner dans son saxo et La Souris continue de swinguer.
Le concert est court et j’en redemande. Magnanimes, ils donnent deux morceaux en plus, juste le temps de danser le bop de la dernière chance. Voilà, on vient d’assister à un petit morceau de l’histoire du rock en France. Et on en n’est pas peu fiers. Taï Luc annonce un concert dans deux semaines à Marseille. Le bruit court qu’ils vont donner un concert privé…à la prison des Baumettes.
En sortant du Gibus on propose à une jeune blonde à frange de monter à l’arrière de notre caisse. On discute quelques instants. « Alors qu’est-ce que t’as pensé du concert de La Souris ? » « Quoi ? La Souris ?…jamais entendu parler. » On la laisse sur le trottoir.
Tai Luc n’est pas prêt de porter un jean slim.
http://www.myspace.com/internationalrayafanclub
Photos par Muntz Termunch
2 commentaires
Yes,j’y etais mais en te lisant, jai vu des choses qui m’avaient echappées… Il est fort il signor Mascarpone




ETRE DIEU
Merci mille fois, je ne vous avait pas invités pour ça, mais uen belle chronique ca fait pas de mal..