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LA SEMAINE D’UN JEUNE SALOPARD Par Pierre Mikaïloff

Encore une semaine de merde… Pourtant, elle avait bien commencé. Rendez-vous dimanche dernier pour une interview croisée Laurent Sinclair / Patrick Eudeline, à propos de mon livre sur (...) suite

Encore une semaine de merde… Pourtant, elle avait bien commencé.

Rendez-vous dimanche dernier pour une interview croisée Laurent Sinclair / Patrick Eudeline, à propos de mon livre sur Taxi Girl (Cherchez le garçon , éd. Scali). Le réalisateur ne m’a pas prévenu que je dois mener l’interview. Il va falloir improviser. Pas très compliqué, Eudeline est en forme, et les bons mots fusent : « Je supporte pas les gros dans le rock. Sauf Leslie West, évidemment ! » Puis, incrédule, s’adressant à Laurent : «Vous partagiez les droits d’auteur ? Tu veux dire, même avec le bassiste ? ! Putain, mais pourquoi avec le bassiste?». Ensuite, nous avons droit à un blindtest improvisé à partir de la bande-son diffusée par le bar. Laurent et moi nous séchons. Trop dur. Il faut découvrir l’auteur de la version originale d’une chanson reprise en français par Joe Dassin.

Lundi, j’entre dans un Nouveau Casino désert. Mais je tombe sur un très bon concert, Grant Willard Conspiracy. Le public est clairsemé, ce qui m’amuse, c’est que je tombe nez à nez sur un garçon que j’ai caricaturé dans une des nouvelles de mon premier livre (Some Clichés, éd. L’Harmattan). Il n’a pas changé. Comme à son habitude, il n’écoute pas le concert et échange des bons mots avec ses amis. Je l’observe un peu, afin de juger s’il pourrait fournir du matériel pour une autre nouvelle. Mais non, il est décidément trop creux.

Mardi, un concert que j’attendais depuis longtemps : Black Mountain. Avant, il faut se fader des folkeux/ folkeuses, dont Marissa Nadler, une Joan Baez sur talons aiguilles, qui manque de chuter plusieurs fois. Respect pour cette tentative d’introduction du glamour dans la scène folk. Jesse Sykes ? Ouais, pas mal… En tout cas, il y a des chansons. Bon guitariste. Black Mountain démarre son show à pleine puissance et, une heure durant, leur boogie psychédélique, mâtiné d’influences californiennes, va faire léviter La Maroquinerie. Leur absence de look est fascinante, j’aime de plus en plus ce côté « joyau brut ». Vous pourrez en juger sur Canal +, prochainement, dans « L’album de la semaine ».

Mercredi, je sais plus… J’ai sans doute passé la soirée à soigner une « hangover ».

Jeudi, soirée Gonzaï, aux Disquaires. Vachement de monde, plein d’amis, des rencontres, des concerts… Laurence Remila arbore une moustache superbe, et je l’en félicite. On me présente à Frédéric Lô. L’entente est immédiate. Nous nous reverrons. Pendant ce temps, sur scène, Cheval Blanc fait un concert magnifique. Les plus belles fille seront pour lui, ce soir. Normal.

Alex Rossi (qui a joué avant Cheval, je mélange…) présente quelques chansons, accompagné d’un pianiste viking. L’exercice est réussi. Alex, éternel latin lover ne peut s’empêcher de faire rosir les joues des jeunes filles.

Ensuite, Alister s’empare du piano et improvise un mini-concert des plus réjouissants. Il aborde l’exercice comme il fallait le faire, avec humour et décontraction. Dans sa position d’«artiste montant», d’«espoir France Inter» (et autres appellations qui doivent l’agacer autant que moi, mais il faut bien vivre, n’est-ce pas ?), se mettre ainsi en danger est bien la preuve qu’il est du bon côté de la Force.

Vendredi, Tanger à la Boule Noire. Un très beau show black & white. On sent que Motors a mis du budget sur eux et c’est mérité. Les textes de Pigeard et les guitares de Van Huffel méritent de cartonner. Peu de gens tiennent la scène comme eux. Avec une frime assumée, jamais déplacée.

Samedi, je crois que j’ai soigné une autre hangover en regardant A bout de souffle. En France, on n’a pas de groupes de rock, mais on a Godard.

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