Une semaine incertaine, floue. Tout devient de plus en plus obscur et j’aime ça. Entre mythe et réalité, pourquoi choisir ?
Lundi, reçu une longue et belle lettre d’Alexis, cofondateur du Rose Bonbon et manager de Taxi Girl. Bref, «Le» Alexis, quoi ! On ne le présente plus…
Il vient de lire mon livre sur Taxi Girl, dans lequel il apparaît environ toutes les deux pages, et pas toujours sous son meilleur jour. Il porte – évidemment - sur l’aventure, un regard un peu différent de celui des témoins que j’ai pu rencontrer. Dans un style vif (Alexis fut journaliste et sait manier la plume), il se décrit en 1978 comme quelqu’un qui veut vivre vite et goûter à tout. Loin de toute auto-complaisance, il se dépeint comme un jeune punk arrogant. J’ajouterai, pour avoir vu des photos de lui datant de cette époque, qu’il était un «dandy punk». Comme seul Paris en engendra. Au passage, je note qu’il ne sauve que Metal Urbain et Asphalt Jungle, de cette épopée.
Il dit plus loin que, sans lui, le paysage musical français serait resté «confortable», avec ses Ange, Edyth Nylon, Téléphone, Marquis de Sade… C’est vrai qu’il y a un «avant» et un «après» Alexis. C’était la première fois qu’en France, un mec de 20 ans prenait le pouvoir, niquait les Majors, et fondait son label, grâce une avance rondelette extorquée à Virgin.
Alexis (manager de Taxi Girls) fut l’un de nos Malcolm McLaren, tirant son inspiration autant d’un Guy Debord que d’un Marc Zermati.
taxi-girl-avec-alexisEn revanche, Alexis écrit des choses que McLaren n’aurait pu écrire - trop cynique pour cela… Car Alexis ne parle pas seulement d’ambition, d’énergie, de pouvoir ou de vision. Il parle aussi… d’amour ! Celui qu’il portait à Taxi Girl. Il évoque aussi le Paris triste de ces années-là. Et son rêve fou de changer les choses, qu’il osa formuler, et qu’il réalisa avec quelques idées, un peu de courage, et beaucoup de talent.
Il raconte aussi pourquoi Taxi Girl était le meilleur groupe de cette scène, et comment ils ont perdu la partie de poker contre le business. Et de conclure que ce n’est pas très grave… Les grands joueurs perdent toujours avec panache.
Les erreurs le concernant, que j’ai pu colporter, Alexis a l’indulgence de les trouver «charmantes». Alexis est très indulgent…
Pour ma part, j’ai trouvé charmante la façon dont il raconte comment il est allé voter Mitterrand, le 10 mai 1981, en sortant ivre mort du Palace, en compagnie de Thierry Haupais. Il précise avec malice que beaucoup, parmi ceux qui revendiquaient alors des opinions de gauche, avaient préféré rester au lit, ce jour-là. Cette preuve que le nightclubbing n’est pas incompatible avec le devoir électoral est à méditer…
Alexis a préféré rester à l’écart de la récente exposition Agnès B, Jeunes gens Mödernes. Comme il me l’écrit à la fin de sa lettre : le mythe ne supporterait pas la confrontation avec la réalité. Mieux vaut donc préserver cette foutue légende…
Si nous échangeons par courrier, c’est qu’Alexis est actuellement dans l’impossibilité de communiquer avec le monde extérieur par un autre moyen. Au détour d’une page, il évoque en quelques mots sa cellule de deux mètres sur deux, les gangs américains au milieu desquels il doit survivre… Mais seulement en quelques mots, sans s’y arrêter. Alexis est trop élégant pour cela.
Mardi, café avec Jil Caplan. Avons parlé de divers projets éditoriaux et… de la crise du disque. La crise du disque, vous vous en foutez, hein, bande de petits «téléchargeurs» ! Vous avez tort.
christopheMercredi, croisé une vieille connaissance, qui dirige l’une des trois dernières Majors du disque. Histoire d’engager la conversation, je demande d’un air avenant : « Alors, des sorties excitantes, ces prochains jours ? » Il me regarde sombrement (c’est la première fois que je lui vois un air sombre) et répond : « Non » Il continue : « Les seules sorties qui me préoccupent, en ce moment, ce sont les 44 personnes qui font partie du prochain plan de licenciement. » Après ça, le téléchargement pirate n’a plus tout à fait le même goût, pas vrai.
Jeudi, revu The Chap, en concert, au Batofar. Plus tard, discuté avec Christophe Van Huffel, qui vient d’achever la réalisation du nouvel album de Christophe (sortie fin juin chez AZ).
78 minutes de musiques (le maximum qu’on puisse mettre sur un CD), cinq ans de travail, Carmine Appice, les Olympic Studios… Un projet pharaonique vient de s’achever. Van Huffel racontant le nouvel album de Bevilacqua, à trois heures du mat’ devant le Batofar, c’est un moment que je ne suis pas près d’oublier. A la fin, il sort son portable et fait : « Il faut que tu écoutes l’album. Je sais pas si t’es comme moi, mais moi, j’aime pas perdre de temps. » Et d’appeler dans la foulée le chef de produit du label pour qu’il m’envoie le précieux CD. Il est 3 h 40, mais personne n’a vraiment de temps à perdre. Quelque chose est en marche…
Vendredi, rencontré James Hunter, un chanteur et guitariste anglais, ancien side man de Van Morrison, signé chez Fantasy Records.
James cartonne aux States avec ses albums de rythm’n’blues qu’il enregistre parfois en compagnie d’invités comme Allen Toussaint. Il travaille exclusivement dans l’un des derniers studios analogiques de l’East London, sa musique sonne comme des productions Stax ou Atlantic de la grande époque.
Samedi, je suis allé voir des arbres. Ai noté la présence d’animaux non-identifiés mais vraisemblablement inoffensifs. L’expérience n’était pas dénuée d’intérêt. Penser à revenir.
http://www.myspace.com/mikailoff
2 commentaires
Applaudissons je vous prie la liberté de penser (si chère à Florent Pagny).




ETRE DIEU
Bande de petit salopaaaaaaaard (guy montagné)
Dondolo faut y pas être con con pour porter un nom pareil quand on fait de la musique pour les vieux jeunes?
santagold c’est une bière à la base. Eh eh un peu de culture ça ne fait pas de mal au cul.
est ce qu’on peut dire du mal de daft punk sans pour autant en dire du bien?
Ca va bien maintenant hein!
le coup des playlist qui n’existent pas, c’est marrant une fois…
vous vous croyez tout permis sous pretexte?
Nul, y’a pas d’autres expression plus appropriées.
les dictaphones c’est comme les dictateurs c’est mieux avec des piles.(Thierry le luron)
a la question” est ce qu’il faut être inteligent pour continuellement devoir se tourner du coté du passé” je répondrai plus tard, j’aime le style d’ortographe de jonhy, pour l’heure et c’est déja pas mal.
Pan dans les dents…
Il n’ya pas de commentaire au sujet de kavinsky et c’est bien normal car il se fait tard.
neon neon neon poney poney neon poney poney poney on s’y perd avec tous ces jeunes nouveaux dans le circuit!
On a beaucoup de difficulté à se retrouver dans ce nouveau site web, ou se trouve la page menu?
Je ne félicite pas le webmaster.
ceci étant “Le rock progressif a cela de vrai c’est qu’il ne fait pas d’a coup” C’est pas moi qui le dis c’est patrice eudeline lui même, donc vos gueules avec vos histoires de thome york.
Bon.
Taris sera toujopurs taris même en ces période humide et troublée.
Ta vie est un film de serie B ouais…
han han prend ça dans ta gueule!
Tous ces groupes en poney auront à répondre de leurs actes et ceci bien avant que l’on est eu le temps de dire ouf. Mais je n’ai pas la science infuse contrairement à jûll.
Enfin passons…
Quand a jacno alors là pffff ça m’etonerait bien tiens.
Patrice eudeline est un rockeur et c’est là tout l’interet qu’il nous suscite et je crois pouvoir l’affirmer sans fausse pudeur.
Phillipe manoeuvre? Vous voulez rire j’espere!
Je crois qu’il est a sa place dans l’univers televisuel qui est le notre, comme vous l’êtes dans l’univers du web. J’aime assez tous ces aspects constitutif d’un ensemble cohérent.
Alex rossi à effectivement le droit de penser ce qu’il pense
Je ne me formaliserai pas même si moi je pense qu’alister est un type formidable, ça ne regarde que ma conscience et moi, ok?
Mais moi j’aime bien la techno parfois, on a le droit de ne pas aimer des trucs aussi merde quand à la chanson française. Y’a aussi des trucs qui se passe aussi et surtout aux alentours des moyennes métropoles,rennes, pau, ce style de villes ou daho a souvent fait des concerts, et pas que des lives playback baclés, la distortion, california girl est certainenment une sacrée bonne chanson. j’ai le sentiment que finalement on est trés peu à penser que la pop/rock américaine par rapport aux anglais, je sais pas trop.
louis ferdinand celine dion trop peu pour moi, je deteste les canadiens surtout quand ils ont des foulards autours de leur cou, et les gens du signe cancer tout au plus, si j’ose m’exprimer ainsi a prt alister qui est poisson d’eau.
Alors on se la ferme sa grosse gueule hein!Bande de putois.