J’ai toujours regretté dans le journalisme culturel, les prises de positions posées. Il y a un vague à l’âme, un Diktat perdu qui stimule les plumes de la plupart de ceux que j’appelle « nos yeux et nos oreilles », pour les emmener vers d’incommensurables élucubrations hystériques de facticité.
Une prise de position ou le contraire ou pis encore, le médiocre, un cœur ou une étoile : Waaw Natasha c’est beaucoup trop « envoutant », « Les Doors, c’est nul à chier », ou pire « Le dernier Ed Harris, il est pas trop mal ».
Soit le critique est totalement tracé par la doxa, soit il va complètement à l’encontre : « Batman, il y a un truc qui m’emmerde c’est que tout le monde est d’accord ». Bordel de merde, mais quel horreur, quelle honte !
Le magazine qui me permet, lorsque j’arrive à sortir la tête de la boue et de la merde, de vous écrire les inintéressantes lignes que vous êtes actuellement en train de suivre, tend à se farder d’une certaine « subjectivité ». Soit.
Rock dreamsLà est la médiocrité des journalistes. Je ne les aime pas. Ils s’imposent une ligne de conduite quand on leur demande un sentiment, ce qui me semble absolument insensé. Nicolas Ungemuth, qui suscita beaucoup d’engouements de la part de nos lecteurs et de nos journalistes, tire ses références (Nick Cohn…) qui tendent toutes à l’irrévérence, mais évidentes et paradoxalement affables. Oui bien sur ça me plaît qu’on tape sur le Beatles, ou sur les Doors de temps à autres, oui la « prose journalistique » d’Adrien n’est qu’une grande supercherie, mais qu’elle est donc cette vogue, que dis-je cet élancement vers les noirs pâturages ? Pourquoi aimer le rejet et non le dithyrambe ? Pourquoi, enfin, Nicolas Ungemuth serait-il un bon journaliste ? Peut-être pour ses belles tournures, son pince-sans-rire alors. Mais il y en a d’autres, et de tellement meilleurs.
Un journaliste c’est un bon vivant. J’hésite à faire subir à Rabelais le même sort que l’on inflige tous les jours à Epicure, mais je me retiendrais pour vous, lecteurs sensés. Oui, c’est un gars qui se fait plaisir, quitte à gerber toutes ses tripes, comme moi, tous les soirs, ou Strychnine ou certains journaleux gonzos. Certains.
Alors, encore noyé sous un système baveux d’hypocrisie et dans l’attente d’une existence réelle, mon semi-moi, encore en vie, ma conscience délaissée si l’on veut, me pousse souvent, le matin, puis l’après midi, puis à la géniale séance de 22h30, à regarder ce qui se passe en ce moment sur les toiles parisiennes.
Go Fast.
Alors moi, le cinéma français, quitte à soulever un joug destructeur chez les bobos trentenaires ratés, ou chez Strychnine, ça ne me botte pas vraiment. J’aime les professionnels, les perfectionnistes, les gars qui sont parfaits jusqu’à la sortie du film en DVD, sur les marches, sur les photos, le sourire Colgate et le pouce levé. Et en France, c’est pas toujours ça. Alors même si Louis Garrel essaye de nous expliquer dans les Cahiers que c’est un héritage, une formation unique (ce dont on se doute avec Léaud et Belmondo) qui fait du cinéma français un art absolument exceptionnel, je ne pige pas tout le temps. Encore plus aujourd’hui avec les « grosses » productions françaises et leur mêmes scénars, leurs mêmes acteurs et leur même musique, style Dussolier et Frot dans un Agatha Christie en ce moment, du jamais vu. Bref tout ça pour dire que Roschdy Zem et (oh my god, l’horreur) Olivier Gourmet dans un énième film d’infiltration flicardes, genre Lumet, mais version française, avec le budget proportionnel, ça ne me tentait pas trop. Puis quelques bons points (les scénaristes, Agoria notamment à la musique, l’implication certaine de Kourtajmé) et l’invitation d’un ami ont permit à mon corps sans âme de se faufiler.
GarrelC’est très simple, je pense que si tu as plus de 25 ans, ou que tu t’appelles CVS, tu ne peux pas aimer ce film. C’est une heure trente de bonheur si tu as en dessous. En effet, l’implication de la musique minimale avec le ponte Agoria, jumelé avec des prises de vue complètement iconoclastes peuvent déconcerter, ou énerver, ou lasser. On pourrait il est vrai penser que tout ce qui défile sous nos yeux on l’a vu ailleurs, en mieux : genre chez Michael Mann (qui va falloir que je me fasse un de ces quatre parce que c’est un enculeur de poules à la Tellier celui-là), ou Scorcese, ou Tarantino, Ou Michael Bay (travelling et tout). Mais en fait pas du tout, c’est un vrai bouleversement, c’est un putain d’OVNI dans le cinéma français et mondial, en mode réponse à Kassovitz « tiens connard, avec ton Vin Diesel de merde et tes explosions de partout ». Une autoroute, trois voitures du talent et tu peux enlever les acteurs, le résultat sera le même. Zem est bon, même surprenant en fait ; les autres, ben c’est comme j’ai dit tout à l’heure.
Alors je me sentirais d’extraire de ma critique tous les noms pour qui j’ai contracter l’ancien tueur à gage de Mitterand, et les citer par pur égocentrisme : Jude Law, Coldplay, Castaldi, Cornillac, Zelweger… Bref la liste est longue, très longue de ceux qui pourrait avoir à apprendre de ce film, comprendre qu’il y a de l’espoir, qu’il est possible de changer, de faire quelque chose. On reste dans de la bonne série B cependant, et quelques limites à la réussite du film, qui aurait gagner à faire 20/30 minutes de plus pour gagner en profondeur et en réflexions.
A certains idiots de dire que ce n’est pas le rôle de la série B de nous donner matière à réflexions, aux mêmes de dire que la culture est de gauche, ou que Nick Cohn est un grand penseur. A ceux-là je répondrais que Woody Allen, roi du cinéma de boulevard, n’a finalement fait que de l’étude mœurs de série B, avec son talent, sa vision et son humour de faussaire juif (référence à l’oscar du meilleur film étranger 2008, médiocre). Et il m’a donner beaucoup de matière à « réflexion » qu’un Godard, qui n’est qu’un garçon bête, le gars qui bosse 2 heures par jour en seconde et qui à les encouragements parce qu’il a réussi à avoir 11, 7 de moyenne général, le gars qui a du lire six fois l’ Arrache coeur, Adrian Brody dans le Village si vous voulez.
Mort des vieux Cons, mort des enculeurs de poules, mort des pourfendeurs d’idées, mort des travestis en tout genre.
Naissance d’un petit espoir, qu’il va falloir nourrir.
Aux Etats-Unis, on a la bande d’Appatow, tout ce que j’aime, ricain jusqu’à la moelle. En France on a eux, disparate, politisé, subversifs, outrecuidants, mais putain, talentueux.




PLAY BLESSURES
Il a vraiment un tronche de merde là dessus Louis Garrel.