Après que Bester m’a menacé avec une arme à feu de me descendre si je n’écrivais pas un papier rock, je me réjouissais enfin….Une joie avortée… Je devais écrire sur la mort de Buddy Miles, le dernier batteur de Jimi Hendrix. Me réjouir est une façon de parler. Disons que sans espérer rivaliser avec Bossuet, je voulais vous faire part de quelques considérations didactiques sur la mort chez les grands hommes, sujet que l’on aborde trop rarement dans les revues à destination du jeune public.
Et c’est un tort.
Grande nouvelle: que tu sois directeur commercial, ouvrier à la chaîne, présentateur naphtalineux sur la TNT, tu es à égalité avec le reste de l’humanité sur un point: tu vas mourir. Après il est toujours préférable que ce soit dans les bras d’une étudiante en lettres qu’à la suite de tortures infligées par une soldat de l’armée américaine. Parce que… ce qui est bien avec la mort, c’est le dernier moment. Autant le passer dans des conditions agréables, avec une infirmière accorte qui vous administre une dose létale d’héroïne, plutôt qu’engueulé par votre femme qui vous a reproché toute votre vie d’être un faible.
Et cela, très bientôt, avec les aménagements de la loi Leonetti, ce sera possible! Pour rendre ces derniers instants encore plus touchants, il sera possible de faire appel à l’option affection de vos proches, qui se feront une joie d’assister à votre mort avec un sourire réconfortant. Quoi de plus émouvant que de réunir toute la famille pour ce moment rare qui ressoudera immanquablement toutes les générations. Soyez malin: faites aussi appel à un photographe qui vous immortalisera. Et vous vous rendrez compte que la mort, on en fait souvent tout une histoire alors que ca n’en vaut vraiment pas la peine. Sparte pratiquait bien l’euthanasie pour les nouveaux nés trop faibles…
Hum, je m’égare. De quoi parlais-je déja… ah oui, Miles et la mort. D’après la presse anglo saxonne, Buddy rencontra Jimi Hendrix tôt dans les années 60. Il jouait pour les Delfonics, immortalisés eux aussi par Tarantino dans ses impostures cinématographiques. Placé ainsi en bonne position pour profiter de l’explosion mondiale musicale de la fin des sixties, Miles collabora avec Hendrix à partir de 1969 (après la Jimi Experience, donc). Musicien dès l’âge de douze ans, soit déjà 7 ans de retard sur Mozart, Buddy s’illustrera pourtant avec une virtuosité que le grand Dieu de la gratte Hendrix ne snobait pas.
Et c’est ce même Buddy, décidément bon copain, qui accompagnera l’auteur d’Axis: bold as Love jusqu’au dernier réveil. Trente ans après, dans des circonstances familiales présentées comme modèles, Buddy le rejoint, dans un monde que le rock et les années 70 ont transformé. On ne sait pas qui était présent lors de son dernier matin.




ETRE DIEU
merde buddy…