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LA CHRONIQUE A DELUXE Médecine pour les oreilles

Toutes les semaines, Jean-Emmanuel Deluxe vous propose le meilleur des sélections musicales improbables et néanmoins indispensables. Inventaire de la pop. Il date déjà de quelques mois, mais j’ai l’impression (...) suite

Toutes les semaines, Jean-Emmanuel Deluxe vous propose le meilleur des sélections musicales improbables et néanmoins indispensables. Inventaire de la pop.

LA CHRONIQUE A DELUXE Il date déjà de quelques mois, mais j’ai l’impression que l’album de Owen Palett alias Final Fantasy est complètement passé inaperçu. Owen Pallett est un grand nerd fan de jeux de rôles et d’espaces ludiques cybernétiques. Pourtant fort heureusement sa musique n’a rien à voir avec celle d’un élève des beaux-arts qui aurait découvert les jeux vidéos et déciderait d’écrire un concept album après s’être présenté à la Nouvelle Star en pensant que son Ukulélé et sa pose caricaturant Katerine en le plagiant de travers (oui jeune lecteur j’excecre la fausse transgression du jeune Julien de M6) va lui ouvrir les portes de la couv des Inrocks et lui permettre de recevoir un citoyen poutoux antifasciste de la part de Pascale Clark qui ne manquera pas de venter sa rebellocrattitude. Mais, je m’égare.

L’album de Final fantasy est à la fois actuel dans sa thématique, les jeux de rôles, Donjons et Dragons, ce genre de chose et sa musique intemporelle traversée par des cordes que n’aurait pas renié Bernard Hermann. M. Final Fantasy est aussi l’arrangeur attitré d’Arcade Fire, mais il est beaucoup plus passionnant et subtil dans sa musique quand il travaille comme ici sur ses propres projets. A l’écoute répétée de He poos clouds de F.F est remonté à ma mémoire un album qui lui aussi part de la pop pour aboutir à un stade de conscience supérieur comme aurait pu l’écrire Timothy Leary. Jack Nitzsche ex-collaborateur de Phil Spector, compagnon de route de Neil Young et futur compositeur de Vol au-dessus d’un nid de coucou. En 1972 sort St Gilles Cripplegate un album entre expérimental et classique qui défie les descriptions. Je ne peux que conseiller aux fans de musiques instrumentales sophistiquées de l’écouter. Quand je vous aurai dit que cet album a été enregistré avec le London Symphony orchestra… J’espère avoir titillé votre intérêt.

LA CHRONIQUE A DELUXE Dans mon top du moment, on retrouve l’album de Fabio Viscogliosi qui nous rappelle les belles heures de la chanson italienne aux limites du psychédélisme tel que Lucio Battisti. Amore E Non Amore, l’album de Lucio Battisti mérite votre curiosité. Fabio Viscogliosi à bien sur pioché à la fois dans l’école de Canterbury (Robert Wyatt) mais aussi dans le terreau peu connu en France de la chanson psychédélique italienne, voire même des groupes progressifs Italiens tel que P.F.M ou Le Orme. Je sais kid, le mot progressif est devenu un qualificatif grossier. C’est aller un peu vite en besogne que de réduire le rock progressif à des E.L.P ou à des Yes. Si on sait faire des tris, il y a des choses étonnantes qui se doivent d’être redécouvertes. Avec sa sensibilité moderne, qui a ses racines plantées dans cette noble tradition lysergique italienne, Fabio Viscogliosi et son Femonoso nous emmène très loin.

LA CHRONIQUE A DELUXE Il y a encore plus obscur que la scène prog’ italienne de la fin des 60’s /début des 70’s. Il y a la scène psyché prog d’à peu près la même époque en Urugay, un pays dont je n’avais entendu parlé musicalement que via Elli Medeiros. J’ai rencontré avec trois décades de retard une scène musicale florissante et tuée dans l’œuf par la dictature de 73 avant un retour progressif à la démocratie au début des années 80. Grâce au label de connaisseurs Lion Productions mon horizon s’est élargi. EL Kinto est vraiment une découverte étonnante. Ce mélange de pop et d’ambiance sud américaine me fait penser aux escapades bizarres et suaves d’Os Mutantes. Il y’a quelque chose d’inexplicablement séducteur dans la musique d’EL Kinto, cette langueur “exotique”, ce groove tribal passé à la moulinette post-Beatles. Ce disque n’est disponible pour le moment qu’en V.P.C, mais mérite un auditoire qui dépasse le cadre des happy few.

LA CHRONIQUE A DELUXE Je croyais que ma chronique partait dans tous sens au gré de mes fantaisie. Au fur et à mesure que je la rédige, j’en apprends sur moi-même et surtout je tisse des passerelles entre des artistes aux premiers abords disparates. Pourtant la musique de Pascal Comelade, me semble avoir toute sa place au sein de cet enchaînement d’artistes. Vient de sortir un Best off, Monofonicorama 2005-1992 qui préfigure d’un nouvel album à sortir en Septembre. Pascal Comelade, c’est un musicien naïf et complexe, folk et urbain, minimal et baroque. Un type inclassable qui enregistre des musiques accessibles depuis des années, mais qui bizarrement est assimilé à une scène arty qui n’est pas la sienne. Comelade joue de la musique populaire qui s’inspire des nostalgies d’une enfance fantomatique.

LA CHRONIQUE A DELUXE De la méditerrané Pascal Comeledienne je passerai aux ambiances anglo-normandes de Louis-Philippe. Un des plus grands dans son domaine et dont l’absence dans les bacs des Fnacs reste un mystère pour moi, ou plutôt une faute de goût esthétique. Le double album live de Louis-Philippe est magique et constitue à la fois une très bonne introduction à l’artiste, ainsi qu’une retrouvaille attendue pour ses fans. Brian Wilson, Francis Poullenc, Burt Bacharach, Michel Legrand, sont autant de jalons dans la musique de cet honnête homme qui est aussi journaliste à France Football et à Marianne. Mieux qu’un best-of, ce double en public est une véritable bénédiction et clôturera momentanément ce florilège musical destiné à vous proposer des chemins de traverses (eek, on dirait une expression à la Jean-Louis Foulquier).

LA CHRONIQUE A DELUXE Sinon, l’album Inventaire de Christophe Willem possède de très bon titres de Katerine, Bertrand Burgalat et de moins bon titres de Zazie.Sauras-tu les reconnaître ?? La tache est aisée. Produit de l’année sur les ondes, ça fait quand même zizir (comme dirait Vincent « caillera-chic » Cassel à Cannes). Voilà enfin un bout d’espace télévisuel et radiophonique en moins pour Sansévérino, Babeth, Bénabar, Jeanne Cherhal et autres atrocités pétainisto-festives.

www.myspace.com/jeanemmanueldeluxe

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