Il y a d’un côté les artistes faux qui plaisent à la bobocratie et aux profs rockers de Björk, Nouvelle Vague et Feist. Elles sont nombreuses les musiques qui endeuillent mon quotidien parce qu’authentocs et médiocres. Heureusement il reste des exceptions qui confirment le niveau d’exigence assez faible de notre époque. Qu’un gamin de 15 ans s’enthousiasme sur les Rakes, Kaiser Chiefs, Editors, Bloc Party, yeah, yeah, yeah, Peaches, !!!, Clap your hand and say yeah…J’en oublie, c’est normal. Mais pourquoi passé 20, 30, 40 ans faut-il se persuader et donner au néant les qualités de l’âme. Il pleut sur la ville de Rouen et heureusement j’ai pu trouver quelques disques et livres qui me remontent le moral.
Il est beaucoup question d’été dans le nouvel album de Bertrand Burgalat. Un opus qui place la barre un peu plus haut que les deux excellent précédents L.P. Qui y a-t-il donc dans ce disque ? On y respire des envolées lyriques, des arrangements de cordes magnifiques, des basses suaves et des percussions électroniques le tout nappant des textes de Matthias Debureaux, d’Elinor Blake, de Vic Godard (superbe reprise de l’ex Subway Sect devenu facteur) et des tas d’autres choses que vous vous devez d’acheter sur le site du label. Jim Morrisson est mort dans les toilettes du rock n’ roll Circus la nuit du 2 et 3 juillet 1971, il aura fallu attendre 35 ans pour découvrir la vérité (voir Les derniers jours de Jim Morrisson par Sam Bernett aux Editions privés) et alors ?? On savait déjà que le mec était cuit il était devenu copain avec Agnes Varda et Bohringer (signe que le cerveau est ramoli).
Pourquoi vous parle-je de Jim Morrisson dans une chronique sur le nouvel Bertrand Burgalat ? Parce que justement je cherche un exemple en creux, l’antithèse des Héros morts dans leurs cuirs élimés le pathos en bandoulière, dans Mal de Bright B.B évoque la fin du parcours avec classe et distance. Difficile de choisir ses favoris mais This summer night, Ragle Gum et Nous étions heureux sont dans mon top trois de cette semaine, ce qui ne veut pas dire que le reste de l’album est à occulter entre balades électroniques et voyages Kosmishe. Chéri B.B c’est une sorte de rencontre entre Roedelius, Giorgio Moroder, et les bossa de Vassiliu (Claude) et en même temps ce n’est pas vraiment cela. Difficile d’utiliser les gimmicks et les comparaisons habituelles du journaliste fainéant, Bertrand Burgalat vient tout simplement d’accoucher d’un chef d’œuvre. N’oubliez pas comme le relate la chanson Nous étions heureux que c’est lorsque les choses sont passées qu’elles nous manquent. Alors ne passez pas à coté de cet album.
Merci à Fabrice de l’Abeille de m’avoir envoyé trois albums du meilleur label au monde, Elefant records, une merveille espagnole au côté de Siesta records. Teresa en vacances de son groupe, Le Mans nous offre sous le nom de Single un album élégiaque et subtil, Pio, Pio, qui se nourrit d’ambiances oniriques. Il y a aussi l’album des Trembling blue stars d’un ex-Field Mice. On retrouve avec joie les effluves du label Sarah Records, qui n’est rien autre qu’une des figures tutélaires de la pop indé pour la génération C-86. J’en profite pour souligner qu’un jour il faudra vraiment écrire l’aventure des Field Mice, Blueboys, Another Sunny, Days, St-Christopher.. Bref de tous les groupes Sarah ainsi que des BMX-Bandits, de Biff-Bang Pow et de la scène C-86. Alors ce The Lost holy writer de Trembling Blue stars, qu’en est-il ? J’écrirais que nous ne sommes plus au début des 90’s, époque ou les inrocks était un mensuel pop et où on écoutait Lenoir le vendredi soir pour entendre les imports de Lydie Barbarian tel des résistants captant radio Londres, sans oublier les savoureux papiers de Mischka Assayas (parti depuis vers d’autres aventures). De ces souvenirs et des modes qui passent je suis sûr que Robert Written, l’homme derrière Trembling Blue stars, s’en fiche, il compose une pop intemporelle et doit très peu fréquenter les dîners mondains. Il a raison, mais les journalistes prompts à oublier ce qu’ils ont aimé hier vont-ils soutenir ce disque à sa juste valeur ?
Les Polyphonic Spree sont toujours aussi fous et ont troqués leurs toges pour des uniformes paramilitaires. Musicalement ils sont toujours aussi psychédéliques et The fragile army doit s’écouter comme c’est indiqué d’une seule traite. L’album comprend un DVD comprenant le savoureux documentaire Raise your ears and hold on to your heart. On attend impatiemment le prochain passage des 23 membres (le chiffre préféré de Genesis-Breyer-P Oridge) des Polyphonic Spree en France un groupe entre les Beach Boys en pleine T.M et les enfants de Dieu tendance Waco. Merci à M DE Laughter vétérabn de la scène Texane pour avoir généré cet enfant symphonique et lysergique qui nous rappelle pourquoi il est vital d’écouter de la musique et pourquoi la pop, bien plus que le rock à changé ma vie. Merci Yazid.
J’ai gardé le meilleur des sorties récentes de Siesta pour la fin avec Camera Obscura et son Let’s get out of this country, un groupe venu de Glasgow dans la tradition roborative des Pastels et des Belle & Sebastian. Les Camera Obscura sont passés maîtres dans l’art de créer de belles pop songs qui entrent dans l’esprit et ne vous lâchent plus. Un groupe où une chanteuse à la voix cristalline chante Lloyd, i’m ready to be heartbroken en hommage à Lloyd Cole mérite toute votre confiance.
Bertrand Burgalat // Chéri B.B // Tricatel
www.tricatel.com
Camera Obscura // Lets get out of this country // Elefant records, L’abeille distribution
www.elefant.com (Vous pouvez commander les disques Elefant sur le site de l’abeille musique)
Trembling Blue stars // The last holy writer //Elefant Records/L’abeille
http://www.myspace.com/tremblingbluestars
Single // Pio, Pio // Elefant records/L’abeille
http://www.myspace.com/singleartist
Polyphonic Spree // The fragile army // Good Records
http://www.myspace.com/polyphonicspree




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