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KLING KLANG Esthétique de la destruction

A la sortie de The esthetik of destruction en France, voilà un an, personne ne connaissant Kling Klang. Tout au plus les initiés et les branchés auraient pensé (...) suite

KLING KLANG A la sortie de The esthetik of destruction en France, voilà un an, personne ne connaissant Kling Klang. Tout au plus les initiés et les branchés auraient pensé au studio d’enregistrement de Kraftwerk, du même nom.

Un an plus tard, force est de constater que personne ne connaît encore Kling Klang, le groupe signé sur le label (Rock Action) des dépressifs paramilitaires handicapés du faciès réunis sous le nom de Mogwai. Inutile de crier à l’injustice et d’hurler que «c’est tout de même dingue qu’un groupe aussi novateur rencontre aussi peu son public dans un pays qui a inventé les Droits de l’Homme».

KLING KLANG Avec ses Résistances électriques et sa diode stoner qui vire au rouge, Kling Klang, c’est plus le droit de l’ohm. En instantané. Jusqu’à l’électrocution. Avec quatre synthés et une batterie.

Juste le temps de croiser un chef de projet du label, se rabibocher avec lui sur une ancienne affaire éditoriale («Nan nan je te jure, y a des gens qui aiment Animal Collective dans l’équipe ! Comment ça tu veux des noms ?») et j’embraye avec le leader du groupe de Liverpool, le très chevelu Joe McLaughlin.

A sa sortie voila un an, cette compilation (The esthetik of destruction, recordings 1999-2005) m’a littéralement soufflé. Je me suis alors demandé si vous étiez le seul groupe anglais à jouer ce type de musique ?

Possible. Je t’avouerai que j’en connais pas d’autre. Je n’en ai pas vu en tout cas. Jouer uniquement avec des synthés et une batterie. Il y a nettement plus de groupes électroniques sur ce créneau. Mais si on parle d’Heavy rock music… on reste atypique. Mais la fièvre semble prendre depuis peu ! (Rires)

Au début j’ai pensé que vous étiez allemands….

Oui cela ne m’étonne pas. Tout a débuté lorsque nous avons monté le groupe voila dix ans avec deux amis. Tout a commencé grâce à un festival. Nous voulions un batteur, avec des guitares moins traditionnelles. Nous avons booké le concert sans avoir aucune composition vraiment finie. Le batteur a déclaré forfait au dernier moment, les jours passaient et nous avons décidé, au lieu d’annuler la date, de jouer le concert en se servant des synthés comme de boîtes à rythme. Des rythmes très simples que nous pouvions réaliser sur des machines très vintage. Une paire de claviers en fait. Cet évènement nous a ouvert les portes d’une nouvelle musique, alors que nous n’étions qu’un vulgaire groupe de rock au départ. L’idée a rapidement été d’expérimenter.

Et justement, en 2007, l’idée est toujours d’expérimenter, ou de ressentir ?

Ressentir. Nous sommes proches de notre musique. Nous ne voulons pas d’une musique qui existe déjà, et sans faire table rase du passé, l’idée reste quand même d’aller de l’avant. Toujours avec la même philosophie : structures simples, technique minimaliste, peu de virtuosité.

C’est une technique en soi, l’anti-technique ?

C’est une idée très simple. Nous partons toujours d’une ligne de basse jouée au synthé et enrichissons le tout pour ne pas sonner répétitifs. Pas mal de groupes des 70’ ont déjà tenté l’expérience, on n’invente rien. La musique contemporaine nous emmerde dans son grand ensemble. Quelques groupes restent intéressants mais dans l’ensemble… (rires). Mais l’underground reste un terreau musical passionnant.

Le rock anglais est dévasté non ? Votre avis sur Fujiya & Miyagi ?

Connais pas…. Neu ! a eu une grande influence sur nous, mais Black Sabbath encore plus. Nous ne sommes pas un groupe kraut. Plus dans l’influence américaine, avec des groupes comme Chrom, un groupe expérimental comme Can pour revenir à l’Allemagne. Nous on prolonge ça avec du space-punk !

Votre objectif est de rester dans l’underground ou de devenir upperground ?

Bien sûr, la musique est faite pour être connue. Mais pas nous. Nous ne courons pas après tout ce cirque. Regarde, nous avons sorti une compilation de dix ans d’activités et personne n’arrive à trouver aucun album de nous. Si ça c’est pas de l’underground ! (Rires). En plus nous habitons tous loin les uns des autres. Nous souffrons de l’isolation mutuelle. Géographiquement, c’est compliqué. Le prochain album devrait sortir en 2008, toujours chez Rock Action, et pour te dire, nous avons finalisé l’unes des compos seulement aujourd’hui à Paris, entre deux concerts. Parce qu’il est très dur de tous se retrouver ensemble.

L’avenir de la musique selon Kling Klang ?

Je m’en fiche en fait. Tout est redite du passé, toujours. Je ne sais pas si le rock restera le medium passif. L’expérimentation, voila l’avenir. Peut-être d’ici quinze ans une nouvelle vague de groupes surgira-t-elle pour foutre tout par terre. J’essaye de rester optimiste en tout cas…..

The esthetik of destruction, c’est un message assez simple et brutal finalement. Détruire c’est créer.

Oui et cela résume tout. En fait le titre nous est venu d’une performance que nous avons donné dans une vieille usine, avec des scientifiques sur scène qui créaient un délire visuel autour de télévisions. A la fin, l’un d’eux détruisait violemment une télé et c’était la fin du show. Ça nous est resté comme la meilleure illustration possible pour notre musique.

Paris, Flèche d’Or, le dimanche 2 novembre 2007

http://www.myspace.com/superposition

Photos par Virgile Biéchy

Un commentaire

moi j’aime bien animal collective, deluxe ne connait que son incapacité à existé par lui même.

Commentaire par jérôome, le Lundi 10 décembre 2007 à 18:45

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