Cédric Klapisch, que vous n’êtes pas sans connaître, affirme lors d’une interview à propos de son avant dernier film, Les poupées russes, être une espèce de nouveau Capra, qui mêle humour et étude de mœurs.
Bon.
Non pas que cet attoucheur de jeunes demoiselles en rut face à leurs idéaux amoureux soit entièrement dénué de talent, mais il conviendrait tout de même d’entreprendre une remise en ordre dans la hiérarchie des réalisateurs mondiaux.
Lui, il est très loin.
Je me permettrai de faire - au dépend du lecteur frustré de lire un avis peu répandu dans la doctrine cinématographique et dont les zygomatiques crispées auront du mal à se tendre à la vue de ces lignes infidèles - un petit aparté, significatif de l’état d’esprit du réalisateur des gros navets que furent Ni pour, ni contre… ou autre Paris. On respire.
“Portrait éphémère d’un statut éternel”. Gonzo. Pour reprendre l’idée de sous-titre de son dernier film, afin d’illustrer une vision des choses qui n’est pourtant pas la sienne : Avant première, Juin 2005, Poupée Russe. Mode inexistant à l’époque, on adopte avec le Strychnine un style Duris version Audiard, un peu comme si Doisnel rejouait dans un Eustache. Blouson et lunettes noirs, amoureux de l’alcool. Là-bas, c’est très bobo chic, pétant au-dessus de notre stratosphère déglinguée. C’est assez sinistre. Alors que Cécile de France et la splendide (et talentueuse) Keilly Reilly nous passent devant, nous attendons désespérément, bêtes adolescents, la fin de ce paradoxe débile, sans queue ni tête, afin de nous rendre avec empressement au Pavillon Gabrielle. Open Bar, ils disaient sur le carton. Ils ne mentirent point.
- « Bon mec, me dit Charles, salivant, on a une heure trente, on s’la joue gonzo ?
- Ouais, répondais-je, on sort pas sans nos putains de chaussures de golf. »
Fidèles à nous-même, une heure et demie plus tard, sans chaussures du tout, un peu plus de foie en moins, et invités à sortir par deux malabars, on réélabore la déco des trottoirs parisiens. Je pense d’abord à un truc style pâte jaunasse au basilic, alors que l’autre quidam opte plutôt pour une couleur marron beige, genre steak Macdo.
Oublions les détails afin d’éviter de choquer nos sages supporteurs, et revenons à notre mongol frustré et incohérent, plein d’idées aussi courtes que les cheveux de Gandhi. Ouais, à contrario de la machine à chef d’œuvre américaine (lorsqu’on pense à John Doe, ou Mr Smith !…) l’hériter soixante-huitard ne mérite que d’être repeint, à l’image de ses trottoirs loués.
Ce mec est un usurpateur. Dans le film en question, exemple parmi beaucoup d’autres, Klapisch rit des clichés habituels américains et alimente les critiques de la manipulation télévisuelle, frein à la création artistique de son personnage Xavier (Duris, son double au ciné). Il termine pourtant son histoire d’amour, à laquelle on a du mal à croire (même pour quatre nymphes de 16 ans, j’abandonne pas Keilly Reilly à Saint Petersbourg) dans un bateau naviguant sur l’historique Néva, lors d’une noce enjouée, avec un bisou sous le soleil couchant.
Ouais Klapisch c’est ça. C’est un mec qui a du talent, et des idées, mais qui ne sait pas transmettre. Ces défauts là arrivent partout. On devient critique littéraire, on n’est pas écrivain. OUI, je sais, Le péril jeune c’est pas mal. Second film du réalisateur, après Rien du tout et quelques courts, il élabore une stratégie afin de montrer l’après 68 dans le milieu étudiant français, très imprégné du vide total laissé, de la musique (grosse bande son) et des drogues.
Cut.
On revient. Globalement c’est un imposteur, et Ce Qui Me Meut, (nom de l’un de ses premiers courts métrages, hommage au grandiose Etienne-Jules Marey) va devenir une EuropaCorp, capable de financer Trois enterrements… tout comme Revolver.
Ouille, le cinéma français peut aussi se tromper de direction.
C’est triste, surtout quand tout le monde y croit.
Bande annonce de Paris Klapisch
envoyé par yom_
6 commentaires
ou alors envoyer romain duris en chine pour défendre le tibet …
Ouais il est relou. Mais il est pas non plus complètement dénué de talent. En france y’a des gars comme Ontoniente, ils font super peurs…
Je trouve que vouloir être cassant sans savoir vraiment être lisible, c’est pas trop la classe.
Allons bon.
C’est vrai qu’on s’attend à lire une vraie critique mais on tombe sur un texte peu cohérent et pas vraiment clair. Je suis d’accord de dire qu’il est vraiment “main stream” , et qu’il tire sur de grosses ficelles… mais pour le mouton moyen, ça peut déjà changer la vie.
Mais c’est vrai que dans la fausse sensibilité il y a un truc qui m’énerve vraiment, j’ai pas encore compris. C’est peut-être hyper con d’être élitiste. C’est peut-être prétentieux et casse burne.
Je crois que ce qui ne joue pas dans le film “Paris”, c’est qu’il n’y a pas d’histoire. ON se retrouve nulle part à la fin. Trop de narativité tue la narativité.




ETRE DIEU
Oui. C’est un branque, un vrai. Il devrait filmer des publicités pour le développement durable. Peut-être l’a-t-il déjà fait, d’ailleurs.