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KING LEE Rappeur, sans reproches

S'évader en Belgique. Décider d'un ailleurs. S'éprendre d'un monde plus petit (autant décider d'épouser Mimi Mathy, me dis-je), prendre un billet de train direction Bruxelles, laisser Teki Latex sur (...) suite

S’évader en Belgique.

Décider d’un ailleurs. S’éprendre d’un monde plus petit (autant décider d’épouser Mimi Mathy, me dis-je), prendre un billet de train direction Bruxelles, laisser Teki Latex sur le quai qui drague des mineures avec du Coca zéro, demander à la serveuse si elle prend bien les euros et découvrir que la France n’est pas le centre du monde.

KingLeeArriver à Liège, discuter quarante cinq minutes avec un bûcheron bourré qui ne joue que sur Commodore 64, découvrir la hype locale, boire deux bières, fumer, plein, boire encore, parler avec le patron d’un bar qui fait des concerts sur amplis 15W, des putes en vitrine, envie, oui, non, tu prends les euros? Pas grave, ok bis bald, le bûcheron parle encore de Commodore 64, parle fort et me crache dessus, me retourne pour éviter la salive propulsée, tombe nez à nez avec un dreadlock du nom de King Lee, me dit qu’il est un enfant pavé, que son album est sorti, que c’est “du rap mais avec des instrumental et un bon flow”, mimer l’entendement et faire croire qu’on est une pointure en la matière, boire encore, je peux te prendre une cigarette?

Direction une péniche, gratin des jeunes locaux, on est toujours à Liège?

Bière à 2,50€ sur le chemin, un cochon nous suit, “c’est une femme” me souffle-t-on dans l’oreille, King Lee est black, métisse dans la nuit, fait des jeux de mots drôles, aime Simenon et n’aime pas Latex, nous trinquons, une fois, deux, trois, plein, plus que quatre cigarettes dans le paquet, stress, j’apprends qu’il est aussi comédien, “j’investirai des actions sur ton fion”, je ris, “biz de pute”, je bois, rencontre des Belges, plein, on est à Liège il est minuit, ça tangue dans la péniche, je penche avec, angoisse sur la fin du monde, plus que trois cigarettes, King Lee est loin s’éloigne devient petit me dit au revoir rentrée à l’hotel plus de Wi-Fi.

Réveil douloureux comme si trois chameaux m’étaient passés dessus.

J’ai mis du temps à desaouler de cette soirée. Plusieurs litres d’urine au fond du trou, toux grasse de lendemain de fête et impression d’illusion qui colle à la peau. Dans le train du retour, en cherchant de la monnaie au fond de mon sac, j’ai retrouvé L’enfant pavé gravé sur un disque. Les rappeurs belges sont définitivement des gens surprenants. C’était déjà la fin de la nuit. Je reviendrai.

 

http://www.myspace.com/kingleeone

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