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KIERAN HEBDEN & STEVE REID NYC

La tête pensante de Four Tet (Kieran Hebden) et le mythique batteur jazz (Steve Reid) remettent le couvert après un premier album expérimental mêlant le bidouillage et les (...) suite

La tête pensante de Four Tet (Kieran Hebden) et le mythique batteur jazz (Steve Reid) remettent le couvert après un premier album expérimental mêlant le bidouillage et les beats. L’électro-chip et le rythme. Trois lettres en terme d’explications sauvages (NYC), deux inconnus des médias français, une musique qui ne rentre dans aucun cadre: tout est ici réuni pour faire de cette musique un contre-point aux escroqueries actuelles.

En d’autres termes: un épouvantail contre les squelettes. Voilà pour la partie théorique.

kieranTout ici converge naturellement vers le sens, la démarche artistique (”la réunion de deux mondes, à placer entre Zombie Zombie et Miles Davis”, un truc dans le genre”), la possible adhésion des hipsters et des branchés, ceux qui crachent sur la world mais aiment les drums, ceux qui veulent du chamanisme low-cost et partir au soleil sur la seule vision d’une brochure touristisque. L’envie de susurrer à sa voisine qu’on a croisé dans la galerie d’art la veille que Kieran et Steve assurent à mort et qu’on aimerait bien prendre son téléphone tant qu’on y est. Tout cela alors qu’on sait parfaitement qu’on rentrera seul ce soir. Et qu’on n’écoutera sûrement pas NYC.

Le problème avec cette très mauvaise introduction d’un très mauvais album, c’est que quelque fois l’honnêteté s’impose comme un diktat.

Et qu’on ne peut soutenir pareille démarche artistique dont le discours tient sur l’épaisseur d’un fil. NYC représente dans son ensemble tout ce qui tue aujourd’hui l’expérimentation: manque de vision, perte des mélodies (6 chansons, et que du bruit), tentative désespérée de faire parler de soi en usant de la déconstruction pour arriver à ses fins. Du punk arty pour les masses bourgeoises qui ne lèveront même pas la tête à la fin du dernier morceau (le bien nommé Departure).

Faut-il rééditer les exploits à tout prix (Tongue était un bon album) et user sa langue sur le palais à s’en décrocher la mâchoire? Réponse: un album de batterie avec du ouin ouin dedans n’a jamais donné un bon résultat. Out!

Kieran Hebden & Steve Reid // NYC // PIAS
http://www.myspace.com/fourtetkieranhebden

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