KID CREOLE Avant de vous relater la rencontre entre le plus gonzo des webmag et le plus pimp des artistes de la deuxième moitié du XXème siècle, demandons nous pourquoi, le comment viendra ensuite. Pourquoi trouvons-nous autant d’artistes différents que de tracks sur cet album ? Pourquoi la schizophrénie peut-elle n’être que la façade du génie ? Pourquoi n’y a-t-il que les faibles et les bornés pour croire qu’il ne faut être qu’un pour être unique?
Kid Creole ne se baladait pas seulement avec ses noix de coco, il n’était pas seulement chanteur d’ailleurs. Kid Creole composait, produisait, arrangeait pour qui voulait bien travailler avec celui qui est toujours le plus emblématique des hispano-américains. Et c’est ce qu’on retrouve sur cette très bonne compilation réalisée par Guido Minisky du Goldrush crew: de minutieuses raretés.
Première chanson premier flash-back. Sun shower. On est transporté en 1974 à l’époque du premier groupe du Kid, le Dr Buzzard’s Original Savannah Band. Qui sera repris, du générique de Boyz N the hood jusqu’au premier album de M.I.A. Le voyage ira jusqu’au début des 80’s entre deux monstres de discothèques que sont Fresh fruit et Tropical gangster. Mais quid de la schizophrénie chez Kid Creole ? A vrai dire , pas grand chose, si ce n’est un génie hautement pathogène qui a permis à notre bonhomme de conceptualiser chaque album et de dépasser le simple esthétisme. Le délire artistique devient conscient de sa condition.
Cessons d’ailleurs de parler de Kid Creole et fixons nous sur August Darnell. Car avant de créer le Dr Buzzard’s Savannah Band avec son demi-frère, de jouer pour Lady Di, de chanter My male curiositydans le film Contre toute attente ou de créer des comédies musicales pour la BBC, August Darnell possède des racines. Certains lui prêtent un passé de prof d’anglais, une enfance canadienne, une passion pour les voitures de collection (un million de dollars pour 12 spécimens). Plonger dans la biographie de l’auguste Auguste (trop facile, je m’en excuse) revient à arpenter le labyrinthe d’Alice. Et l’important comme l’invraisemblable arrive toujours quand on ne l’attend pas.
Loin d’être une vulgaire considération journalistique -il le dit lui-même- son reggae ne vaut pas celui de Bob Marley, sa salsa ne vaut pas celle de Tito Puente. Mais son shaker musical est le plus efficace de tous les temps.
Difficile de reprocher à quelqu’un son ouverture d’esprit, difficile aussi d’échapper à un mouvement quand on vit à New-York dans les années 70-80. Il ne reste plus qu’à halluciner sur les innombrables passerelles entre psychodisco (I’m an Indian too), cabarock (Is that all there is ?, reprise de Peggy Lee jamais sortit sur CD suite à un procès avec les auteurs), electrohouse (Don’t play with my emotions), funkywestern (Going to a showdown). Et je ne vous ai pas parlé de calypso haïtienne, de bebop swing, de latin funk et encore moins du latin reggae.
C’est cette formidable ascension précédant le succès commercial, neuf années d’expérimentations très dancefloor avec le concours de célèbres et nombreux personnages, que révèle Going places. James Chance, Chris Blackwell, Andy Hernandez, Michaël Zilkha survolent les pistes sans que les multiples identités de Kid Creole (pardon, August Darnell) en soient altérées. Une excellente sortie du label Strut Record.
August Darnell // Going places (The August Darnell years) // Strut Record
12 commentaires
Un génie ! En plus, un génie de la légèreté, les plus précieux. Putain, ca fait du bien de relire son nom.
haha ! Je les attendais les groupies sur le retour. Ravi que ça vous plaise Mr Charlus, le bonheur est hautement partagé…
Kid Creole president… ce gars la a tout fait, et il l’ touours fait avec classe et positivisme. Un génie et au dela, un mec qui te fout un sacré arc en ciel dans la grisaille quotidienne.
tout ceci ne doit pas faire oblier la qualité de l’article. Senor Doud tu as mechament assuré, tout ce qui devait etre dit l’a été et de belle maniére
thanx guy, mais à vrai dire tout n’est pas là, l’essentiel peut)être mais le croustillant arrive bientôt avec l’interview qui est sacrément mortel à derusher, nous en reparlerons mista paparazzi
ah, le kid ! je me demandais quand il réaparaitrai celui là … putain j’ai les boules j’ai jeté tout mes nova mag avec les chroniques d’eudelines expliquant en long et en large que le rocke était mort et bien mort et que le top du summum du kif de la hype c’était la techno, j’aurai peut être pu le faire chanté, (enfin quand je dit chanté, je m’ comprends, ne craignez rien !)
si seulement il était déjà parti découvrir micropointe ou mycélium en sologne, on pourrait parler de techno ou de top du summum du kif de la hype … Pour le moment j’ai plutot envi de parler de ray-ban et de faux ongles …
non, sans dèc ! on ne tire pas sur un âne mort avec un nez rouge qui fait pinpon, il est attendrissant neuneudeline, mais vivement alzheimer quand même, même éric débris fait pitié depuis qu’il se déguise en punk téquila perdu dix kilog, je le préférai tiroir noir et dépressif, moi je m’en fous je suis une nouvelle star et j’ai toujours pensé que le kid créolo était le keith richard latino … burp… j’me mouille pas, j’retombe sur moi, j’me répète quéquette, et j’attends que la terre elle tourne … quite à ne pas être une légende : laissez moi d’ailleurs m’humilié dans son ombre
à part ça :
1985 nos discothèques
nos accidents de voitures
la drogue dure
la vraie la provinciale
les premières bouteilles de gitans
la mort qui guette
et le kid créole
joe jackson et les ritas
quand il n’y a plus que la fête à faire avant que certains meurent
dans la certitude de cette loterie solaire
les éclaires poétiques seraient pour plus tard
comme la pose
des survivants
et le secret secret des services intelligents
Et ben voilà on y est , un commentaire de plus qui a sombré dans le cutty sark ( cest de la merde quand on y pense cette marque d’alcool, cutty sark ,vous voyez ce que je vois cutty sark, et si on rajoute un “o”, et ben ca devient vraiment de la merde !)
vous préférez pierre mauroy ?
moi jsuis plutot pierre angulaire en matiere de connivence politique
bon revenons à notre kid créole … quelqu’un en voit -il le pendant revivalesque ?
en tout les cas l’éternel balancement entre période froide et période chaude continue, comme il continuera longtemps après nous d’ailleurs… voir les jolies mais étonnantes guitares africaines de Vampire Week-End … bon moi je veux bien me remettre à la téquila sunrise pour laisser la vodka sèche un temps …
adieu




ETRE DIEU
hispano-américain parce que zoot suit évidemment