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KELPE Ex-Aquarium

J'ai un autre vilain problème avec la musique électronique : Boards of Canada, ou plutôt leur statut de référence. Ce n'est pourtant pas faute d'avoir essayé : The (...) suite

J’ai un autre vilain problème avec la musique électronique : Boards of Canada, ou plutôt leur statut de référence. Ce n’est pourtant pas faute d’avoir essayé : The Music has Right to the Children en son temps, avec d’ailleurs beaucoup de bonne volonté, puis chacune des autres variations commercialisées depuis. Toutes sont très gentilles, vraiment, mais chiantes comme autant d’années à attendre son heure en soins palliatifs.

On m’objectera qu’il en sort parfois un bon morceau, un morceau aimable à monter avec une de ces vidéos qui tournent dans les boîtes mail de la rédaction d’Air&Cosmos puis à balancer sur Youtube pour les fins de soirées pesantes où personne n’aura plus la force de se lever pour une salvatrice déglutition et un retour maison (fonctionne aussi très bien avec Principles of Geometry). Soit, mais un seul de ces morceaux pompeux apporte-t-il quelque chose à l’hésitant mais touchant Twoism, qui attend son heure pour rejoindre ses petits frères au service rachats de Gibert ? Non.

Le drame dans cette histoire c’est que passée l’époque où Warp sortait des disques d’électronique, ce temps magique où l’on acceptait encore de se niquer le dos à poireauter des heures durant devant des sets d’IDM laptop et où la presse anglaise ne nous les brisait pas encore avec ses histoires de dubstep, alors que je me croyais enfin sauvé, finalement à l’abri dans notre bienheureuse époque où “electronica” ne s’articule plus qu’en baissant les yeux, j’ai dernièrement été horrifié de constater que de mes quatre derniers coups de coeur électroniques, deux sonnaient pour beaucoup comme Boards of Canada. Pour Kelpe la constatation n’a pas été immédiate, tout excité que j’étais d’avoir enfin entre les mains un album entier du mec qui avait pondu cette piste incroyable sur la dernière compilation de DC Recordings ; il aura donc fallu passer par l’humiliante expérience du type qui pensait avoir découvert un nouveau monde :

J’ai pas envie de parler d’electronica, je préfère voir ça comme un disque d’acid ou de deep mais en pop, ou les deux dans un combat titanesque de ping-pong sous-marin où tu aurais le droit de raconter des histoires avec les sonars de lance-engins soviétiques et de faire du rock progressif avec des pets de crevettes. C’est pas de l’électronique contemplative ridiculement sérieuse à Polaroïds flous et à typos ringardes, c’est la poésie enjouée de quelqu’un qui a lu Wordsworth, je sais pas si tu me suis.” “Ouais… mais quand même ça ressemble pas mal à Boards of Canada ton truc.

// Skylla // 08 Skylla.mp3

J’ai nié. Et, sur-jouant légèrement l’agacement, m’en suis allé ranger mes disques, fermement décidé à finir la soirée en incompris.

Le lendemain en réécoutant Ex-Aquarium par dessus le vrombissement des Tupolev qui patrouillaient ma boîte crânienne je me suis surpris et dégoûté à m’ennuyer et, pire, trouver que l’affreuse comparaison de la veille avait un large fond de vérité. J’ai passé le mois de janvier à ré-essayer, à multiplier les écoutes en quête du premier émerveillement, j’ai essayé mais faute de succès les écoutes se sont faites de plus en plus distraites et le souvenir vague. Tout à l’heure pourtant en essayant de retrouver mes mots j’ai cru voir une sirène, puis deux, et arrivé à la piste 8, “Skylla”, j’étais de retour dans The Life Aquatic With Steve Zissou. “Kelpe ? J’ai pas envie de parler d’electronica, …

Kelpe // Ex-Aquarium // DC Recordings

http://www.myspace.com/kelpemusic

Un commentaire

Le dernier BOC comporte, que tu le veuilles ou non, quelques pistes cosmiques. Je maintiens.

Commentaire par Bester Langs, le Lundi 28 janvier 2008 à 21:41

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