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JUST LIKE KICKING JESUS Haute tension chez Newcombe

Cette chronique est peut être la dernière. Bordel de bois. Pendant que je rédige, à même pas trois mètres de moi, derrière une simple fenêtre tout conne, se (...) suite

Cette chronique est peut être la dernière. Bordel de bois. Pendant que je rédige, à même pas trois mètres de moi, derrière une simple fenêtre tout conne, se déverse un des pires orages que j’ai jamais vécu.

Sans mentir, les éclairs bleus ne s’arrêtent pratiquement plus, et le parking en bas ressemble à une mer démontée où flottent des carcasses de paquebots brisés. Et quand les stroboscopes s’arrêtent je vois encore des flots d’eau noir dégouliner sur les murs d’en face.

AntonJe vous jure que je n’invente rien. Ma bécane a déjà fait tilt et je viens de me recoltiner tout ça. Pas que je sois craintif, ou que j’ai peur des orages, non, mais là franchement il se passe un truc. Je ne serais pas étonné d’apprendre que 600 avions sont tombés comme des mouches comme le goudron demain, ou que Dieu a crevé le plafond pour revenir nous faire chier avec des histoires d’apocalypse. Si je survis jusqu’à demain.

Bordel je vais crever. Mon PC vient de couper ainsi que toutes les lumières de mon appart. J’ai froid. Très froid d’un coup. Je me rends compte que je marche dans le noir de mon appartement avec un verre de Bushmills serré dans la main. Faut vraiment être le dernier des cons. C’est un briquet, une bougie dont j’ai besoin.

Je trouve les plombs au bout d’un moment, guidé par la foudre ou la colère divine. Colère de quoi ? Qu’ai-je fait ? Je mouille sévère en remontant le commutateur, parce qu’une seconde je me demande si je ne vais pas griller connement là, avec un verre à la main. Comme un connard à la chaise. La mort électrique. Combien de rockstars se sont fait griller je me demande pour ne pas passer à l’acte, retarder encore un peu. Combien? Aucune ? Claude François ça compte pas.

Lumière. Bruit sourd des baffles du PCc qui repartent. Je me débouche les oreilles en me bouchant le nez. Au cas où cela recommencerait j’attrape mon portable. Je ne sais pas, sentiment idiot que je pourrais appeler à l’aide avant de crever grillé comme une sardine. Et puis d’un coup ça résonne. L’appel mortuaire. Un fracas dément, électrique mais métallique.
Les fenêtre ont du péter. Une rivière de diamant qui s’écoule dans mon bureau. Ou bien…

Oh merde, Dieu ressemble à Anton Newcombe !

J’ai failli l’oublier lui. J’avais commencé à chroniquer le maxi Just Like Kicking Jesus, et avec toutes ces conneries divines, j’avais complètement perdu le fil. Pourtant c’est bien ça, c’est le disque idéal pour se faire cramer le cerveau sous la pluie.

Depuis qu’il est passé de Dylan à Kevin Shields, Newcombe a complètement touché les fils. (Rien que de dire ça j’ai des images de foudroyés.) Défense absolue. Ligne de contact sous haute tension. C’est presque plus du happening que du rock. Et là son maxi c’est encore plus proche de Spiritualized. Bien sûr c’est long comme la lecture de Lester Bangs pendant une crise de constipation, et répétitif comme un coït de fin de semaine, mais qu’attendre de ce genre de choux gazeurs ? Deux morceaux remixés deux fois, et la reprise de Dropping Bombs On The White House, importé direct du dernier album. Presque une demi heure. Ca n’en fini plus, ça dure et déverse des hectolitres de son. Rugueux, visqueux, inondant les zones corticales.

Gillot Pétré riding the lightning.

Alors oui vous pouvez me traiter de poule mouillée. Mais que ne vienne pas me dire que ce disque n’est pas un cataclysme à sa manière.

The Brianjonestown massacre // Just like kicking Jesus //Tee pee Records

2 commentaires

Non mais… Je rêve… Où va-t-on… Il a osé LE critiquer ?! Eh bien, si vous n’êtes pas capable de respecter les dernières paroles de cet héros(-ïne ?) des temps modernes, mourrez-donc, jeune imprudent !

…mais léguez-moi votre bouteille de ’sky d’abord !

Commentaire par Dju, le Lundi 15 septembre 2008 à 20:22

Hé hé hé…

Sachez que ce disque est cataclysmique par son bruit et sa lonnnnngueur. Ce qui ne l’empêche pas d’atteindre un certain objectif.
Pour ce qui est d’égratigner votre génie incompris préféré, soyez heureux que je ne vienne pas dessiner des moustaches sur les posters d’Anton dans votre chambre.
Mon Bushmills est à votre disposition, hermano, mais chez moi.

Commentaire par Hilaire Picault, le Lundi 15 septembre 2008 à 9:11

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