JULIEN RIBOT Il est toujours très dur d’écrire sur la simplicité. Le sentiment positif et la mélodie majeure.
On tombe toujours irréductiblement dans la facilité (Brian Wilson, les fleurs qui droguent, la sunshine pop, Nino Ferrer) et l’on se rend souvent compte à posteriori que l’auteur des bleuettes qu’on croyait faciles s’est enfoncé la crosse par un beau soir de mai en laissant femmes, réalité et enfants sur le carreau. Restent en général une silhouette esquissée à la craie pour délimiter ce qu’on l’on croyait être de la pop.
Vega, le troisième album de Julien Ribot, c’est un peu tout cela à la fois. Des premières écoutes en flirt donnant le sentiment d’être face à une fille facile qui écartera la mélodie au bout de trois minutes, et puis un retournement de situation somme toute assez vicieux où l’auditeur peut à juste titre se demander qui a biaisé l’autre. Un vice de forme que ceux qui ont été bercés par Forever Changes de Love ressentiront . Toute proportion gardée. Car contrairement à Arthur Lee, Julien Ribot son dada c’est l’amour, les disparitions, les retrouvailles, l’illumination dans l’accord renversé. Le carillon qui ouvre de nouvelles portes au piano en triade (Super aah) sans trop tirer la couverture. Julien Ribot, loin des prisons et du stupéfiant, a choisi les contre-allées pour laisser s’exprimer la mélodie. Techniquement, ils ne sont pas nombreux (Burgalat, qui d’autre?) à s’aventurer sur ce terrain fragile en France.
C’est dans ce contexte qu’une chanson telle que Nouveau Chimpanzé tient le pavé haut, loin de mai 68 et de l’étiquette “fier d’être Français”. Plus proche de l’excellent BC Camplight ou de son patriote Meek que des marchands de foire hexagonaux, Julien Ribot insuffle du mineur et des arrangements sublimes à des comptines simples. De vraies histoires du coup. Les plus cyniques me répondront que les histoires en chanson, dans le nouveau siècle, c’est un apparat bien trop superficiel; je leur répondrai qu’à défaut de lire les textes, il reste des images. Coloriées, noires et blanches. Un piano et des violons dans la grande tradition deuxième moitié du 20ème siècle.
Vega est un piège à loup, qui finira peut-être dans la grande histoire des petits albums cultes, ceux crées par des artistes maudits incapables de finir disque d’Or parce que trop bons, trop ambitieux. L’Angleterre a Mika (Ok, musicalement discutable), la France: Renan Luce. Un décalage aussi improbable que la tradition francaise des cultes usurpés.
Julien Ribot reste sûrement insensible à tout ces déballages sans intérêt, Vega est une belle pépite de nacre qui, c’est assez rare pour le dire, se réécoute avec le plus grand plaisir sans laisser de trace d’une quelconque malfaisance. Production irréprochable, compositions redoutables, voix mielleuse et naïve…
Messieurs, si vous trouvez cette chronique plate et sans insulte, c’est tout simplement parce que résumer la beauté et le positivisme, c’est toujours quelque part plus complexe. “A écouter”, comme le résumera sûrement l’un de vos mensuels préférés. Moi je mets quatre clefs sans hésitation.
Julien Ribot // Vega // Ici d’ailleurs
http://www.myspace.com/julienribotmusic
5 commentaires
Sans vouloir mettre sur un piédestal le stackanovisme d’un Eliott Smith ou d’un Brian Wilson, tout ceci manque d’efficacité et sent l’eau tiède…
Je vais essayer de pas être trop tiède : Il m’a troué le Q cet album !
c’est pas la facilité la sunshine pop!!
faut le péter le titre de sunshine pupuce!!
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JED
Beaucoup plus de simplicité dans la confection des pâtisseries que dans son album précédent ! Du coup, le goût en reste plus longtemps. Comment dit-on “songwriter” en français ?




ETRE DIEU
J’aime quand tu oses (c’est rare) tenir des propos aussi doux