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JULIA CHANNEL L’Enfer vu du ciel

Un message sur Myspace. Encore une friend request d'un groupe à deux balles. J'ai quand même regardé le profil... au cas où. Puis de page en page, je (...) suite

Un message sur Myspace. Encore une friend request d’un groupe à deux balles. J’ai quand même regardé le profil… au cas où. Puis de page en page, je suis tombé sur celle de Julia Channel. Bien sûr je l’ai ouverte.

Bien sûr, avec les espoirs que toi, ô lecteur, devine. Et effectivement, ce que j’y trouvais était séduisant. Je ne parle pas des photos, mais plutôt de son auto-portrait. La façon dont elle se présentait, tranquille, drôle, et curieuse… Assez pour me donner envie de lire sa bio. Parce que comme le chante Bo Diddley, « don’t judge a book by the cover »

L'enfer vu du cielC’est l’histoire d’une femme, une femme qui comme dans la chanson est une « mother, a saint, a pornstar. » Bref tout ce qu’une femme peut être. Ce genre de femme que n’importe quel mec rêve d’avoir, mais que peu savent percevoir en sa totalité… Parce que cela demande du courage ; ce courage dont elle fait preuve dans son livre. Un ouvrage vrai, où l’émotion prend le pas sur la pulsion. De cette émotion qui s’installe sans préavis, comme avec une mère (la mienne, la tienne). Avec ses doutes et craintes, son histoire qu’elle raconte à sa fille.

Pas de déballage dégoulinant, pas d’exhibitionnisme. Juste la réalité. Violente et implacable. Un style fluide, racé et profondément humain qui n’est pas sans rappeler celui de De Quincey. Elle n’en rajoute pas, ou juste ce qu’il faut pour dévorer le livre avec appétit. Quelques maladresses bien sûr, mais c’est ce qui arrive quand on fuit les artifices pour la vérité.

Pour ceux qui n’auraient toujours pas compris, on ne parle pas ici de gangbangs, de cul et de glauque. Enfin, pas seulement. Parce que celle qui fit du hard un art dans le Parfum de Mathilde assume tout, avoue tout. Même la came et les envies d’en finir. On est en présence d’une vraie bio qui débute dans une chambre de bonne ressemblant plus à une cour des miracles qu’a un cocon douillet, pour finir dans les quartiers bobos. Chemin peuplé d’abandons, de retrouvailles et de traumatismes qui jamais ne s’effaceront, sans ne jamais avoir raison d’elle.

La petite fille est une guerrière et le couteau entre les dents… elle ira jusqu’au bout.

Y compris dans ses erreurs. Qu’elle paiera cash. Famille éclatée, Afrique recomposée dans le 18e, où elle se ressource et se reconstruit. Gérant tant bien que mal les cataclysmes jusqu’à ce jour où elle lâche la fac pour une carrière de hardeuse. Sacrifiant tout pour réussir et claquant la porte quand le succès arrive. Mais la belle n’en est pas à sa première pente à gravir. Et comme le coureur cycliste, ni les crevaisons ni les coups de fringale ne l’arrêteront.

Histoire intense et paradoxale de cette femme qui croit au karma, mais qui refuse la fatalité et ne renonce pas à fabriquer son destin. Leçon d’espoir de celle qui, après avoir dévoilé son corps, dévoile son âme.

Julia Channel // L’enfer vu du ciel // Editions Blanche

http://www.myspace.com/julia_channel

5 commentaires

Impressionnant comme les ex-hardeuses ont la capacité de rédiger de bonnes biographies (à ce qu’il semble - je n’en ai personnellement lue aucune).
Une capacité à tailler les plumes ou à s’ouvrir ? Nul ne le saura jamais…

Commentaire par Hilaire Picault, le Lundi 9 juin 2008 à 15:53

Franchement, c’est un peu facile. La moeuf, elle prend son pied toute sa vie, c’est ça sa biographie. Et nous on est là à faire ouai ouai la langue pendue avec un air béat…

Commentaire par Matt Oï, le Lundi 9 juin 2008 à 0:06

En même temps, qui préferera la biographie d’un ascète gnostique où il n’y a de pénétrations que spirituelles, et encore que dans un seul sens (les voix du seigneur…)?

Commentaire par Matt Oï, le Lundi 9 juin 2008 à 0:10

on peut aimer saint augustin et le X, évidemment !
matt oï porte bien son nom, d’ailleurs il écrit femme à l’envers comme boeuf , qu’il est sans aucun doute.

oui, nos hardeuses françaises des 90’s sont décidement bien intelligentes , très belles , super fortes , et incroyablement touchantes aussi, si j’étais poète j’en épouserai une et je lui ferai des enfants beaux et puissants.

Commentaire par jérôme, le Lundi 9 juin 2008 à 13:54

Diable, c’est drôlement émouvant cette affaire là

Commentaire par W., le Lundi 9 juin 2008 à 0:07

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