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JUKE-BOX GONZO The way like young lovers do, 1968

Astral weeks, l'album oublié de Van Morrison sorti en 1968. Faute de vidéo pertinente, c'est une reprise par Jeff Buckley qui sert d'hommage à ce juke-box gonzo revival. Le (...) suite

Astral weeks, l’album oublié de Van Morrison sorti en 1968. Faute de vidéo pertinente, c’est une reprise par Jeff Buckley qui sert d’hommage à ce juke-box gonzo revival.

Le type qui a composé Gloria dans la fin de son adolescence nous y conte sa Belfast natale, nous parle de mystique; il joue au grand, du haut de ses vingt-trois ans.

van-morrisonEn témoigne la pochette où le visage méditatif du chanteur se mêle à la photo d’un grand chêne. Soit.
Lester Bangs a écrit qu’il s’agissait du disque de rock le plus important de sa vie, devant Psychotic reactions, rendez-vous compte…

Dans cet album mature, il existe une fuite, comme une belle incohérence. Van Morrison s’y laisse enfin emporter par sa puérilité, l’espace de trois minutes et des poussières. Cette envolée s’appelle The way young lovers do. Le rythme s’accélère, les cuivres s’emballent, la contrebasse aussi, la batterie jazz et les violons déploient le tapis rouge au naïf jeune homme, à sa voix émotive, qui perd tous les airs de contemplation et de capitulation même qu’on lui trouve sur les autres titres: Morrison fonce tête baissée et nous raconte… un baiser adolescent, une histoire d’été, de clair de lune, d’un couple assis dans l’herbe à contempler son présent dans l’eau, sans que l’un des deux ne comprenne ce qui est en train de lui arriver.
Van s’adresse peut-être à la Gloria de sa grande enfance, de l’époque où il jouait du rythm’n'blues.

Cette Gloria que l’on a tous, disons entre quinze et dix-huit ans: cet être que l’on élève au rang d’idéal.
The way young lovers do serait la chanson rétrospective du premier amour; Van Morrison s’y revoit sur son étoile:

“Then we sat on our own star and dreamed of the way that we were
And the way that we wanted to be.”

Dimension astrale, si j’ose dire.

Il part d’un baiser, s’élève dans le ciel, puis il danse, puis il crie, et, dans le dernier couplet, l’ultime constat: “I love you, baby, I love you.”

Ainsi font les jeunes amants, tout simplement, qu’on ne s’y trompe pas.

Cette chanson offre à la fois une ambiance de désordre, comme quelque chose de trop difficile à structurer, et un air de détermination adolescente que rien n’arrête.
Van Morrison nous décrit ici en musique les contradictions des jeunes histoires d’amour, et en paroles ces moments anodins qui donnent un sens à l’existence.

Greil Marcus dira de The way young lovers do qu’elle n’a rien à faire sur Astral Weeks, la trouvant sans doute trop mielleuse, ce qui n’est pas faux, en un sens.

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