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JUKE-BOX GONZO “Star People” de George Michael

George Michael - Star People (1997) Les grandes stars de la pop ne sont plus à dédaigner. Et oui, il y a beau avoir eu les blousons noirs, les (...) suite

George Michael - Star People (1997)

Les grandes stars de la pop ne sont plus à dédaigner. Et oui, il y a beau avoir eu les blousons noirs, les regards de dégoût face à Sheila… Voilà bien un syndrome de jeunisme. Seul quelques babas au cerveau foutu de drogues et de lectures marxistes auraient pu crier “commercial” au Dylan de 65. Mais après tout, depuis les supers productions de la black music, depuis Thriller, depuis Timbaland; la radio est bien plus écoutable. Comme quoi, le dédain est bien un truc de jeune blanc.

Cyrielle était la star du quartier. Elle vivait au numéro 13 du Faubourg Marcel Pagnol. La plus grande maison de tout le lotissement. Elle n’avait aucun volet à sa fenêtre, seulement quelques rideaux fins à travers lesquels elle aimait faire apparaître sa poitrine naissante pour tous les garçons du quartier. Au collège, elle était des plus convoitées. Convoitée car respectée. Il parait qu’elle l’avait déjà fait avec Robin, notre caïd de 21 ans; celui que la nature avait doté de la plus belle Honda Civic qu’il nous avait été donné de voir.

Mais Cyrielle n’avait d’yeux que pour une seule chose au monde : sa musique. C’était une chanteuse voyez-vous. Et le soir où tous les garçons regardaient en direction de sa fenêtre, elle faisait son show. La petite chaîne hi-fi avalait des dizaines de singles, fraîchement achetés au supermarché. Elle prenait une brosse à cheveux et tortillait de la tête parée dans son plus beau pyjama rose à mini-short. C’était la grande histoire d’amour de ce petit faubourg ensoleillé. Une sorte de rituelle auquel chacun participait avec joie.

Et tous les matins, avant de prendre le bus pour l’école, les garçons parlaient de la représentation de la veille. Représentation qu’ils revivaient vivement durant les longues heures passées dans la salle de bains. Seuls des adultes auraient pu faire capoter l’état idyllique de ces choses là. Mon père n’y voyaient rien de mal; il disait que c’était le marketing moderne, après tout. Mais les parents de la belle ne percevaient pas les choses de cet œil là: le marketing moderne n’était pour eux qu’une séance de voyeurisme dégradant nettement l’image de leur fille.

Des volets furent posés à cette fenêtre. La fenêtre close la plus fantasmagorique de notre petit faubourg. Quant au moins imaginatif, ils ont malheureusement depuis découvert le porno.

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