Green Machine par KYUSS (1992)
Un groupe peut être une osmose, mais il peut aussi être un champ de bataille. Le problème n’est pas une histoire d’egos qui s’opposent, mais un combat fraternel. Taper plus haut que l’autre pour être mieux suivi. Faire de la musique en groupe peut ainsi revenir à un coït entre amis. Mais la musique n’accepte pas l’échauffement: il lui faut un minimum de sang.
La table basse en verre de maman est infestée de bouteilles de bière. Si seulement elle savait. Dehors, derrière les volets fermés, on peut imaginer le goudron déformé par la chaleur, un été caniculaire. Les rues traversées de corps à la chaire brûlée, transpirant à grosses gouttes, l’eau cachant l’odeur rance de leurs aisselles. La ville sous le soleil ne connaît aucun répit, il n’y a aucun moyen d’y faire quelque chose d’à peu près intelligent: la chaleur tue les cerveaux.
Alors nous vivons cette été du haut de nos 15 ans comme l’expérience du néant. Passer ces journées dans une complète inactivité béate. Nous refugiant dans le petit appartement que je partage avec ma mère. Notre ticket aller-retour pour un voyage immobile: un pack de bière dît deluxe. Rien de très puissant, mais l’orge mélangé au cagnard assure une souffrance suffisante pour avoir le minimum d’impression de vivre. De 14h à 19h, notre champ de perception reste libre, le tout étant de sortir avant que la marâtre rentre du travail, histoire quelle ne nous trouve pas trop allumés non plus.
On nous ressasse souvent le mal-être adolescent, je n’ai pas l’impression qu’il en est été question chez nous. En fait, il n’y a que l’ennui, le vide pesant des journées. Rien ne nous attire, ne nous magnétise. Seul l’alcool bon marché et le son gras des guitares arrive à donner un arrière fond a nos esprits finalement vides. Pas vraiment par envie ou fainéantise… juste l’attente. Enfants, nous ne rêvions qu’a devenir quelqu’un de grand, accomplissant les actes les plus complexes, remplis de moral et de courage. On aurait été admirés pour cela. Mais les grandes choses n’existe pas… On rêvait de héros, le monde ne nous offre aujourd’hui que la performance… Rien d’assez romantique pour nous.
2 commentaires
Vive la barbe et la Bud’. Rhhhhoooohhh




ETRE DIEU
Joli !
C’est décidément un numéro stoner rock, cette semaine.