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JON SPENCER BLUES EXPLOSION Pétard mouillé

Les talons claquent dans le couloir. Je sors ma basse. L'alcool coule. L'ampli grésille. Nous sommes bien en répet'. Près de là, d'autres amplis ont déjà dû chauffer (...) suite

Les talons claquent dans le couloir. Je sors ma basse. L’alcool coule. L’ampli grésille. Nous sommes bien en répet’. Près de là, d’autres amplis ont déjà dû chauffer quelques heures auparavant pour des balances. Ceux du Blues Explosion.

Seulement voilà : le concert a été annoncé quelques jours avant à peine … Et déjà complet. Entre voir Jon Spencer en festival à 17h (Rock en Seine le lendemain) ou dans une salle comble à minuit parmi 300 personnes à bloc, le choix est vite fait. Évidemment, nous n’avons pas de place. Pourtant, ce soir, il y aura d’ailleurs quelques spectateurs de plus que ceux prévus. Nous sommes bien décidés à rentrer coûte que coûte dans la salle.

Heavy bluesAprès avoir vidé nos dernières bouteilles, nous nous dirigeons vers le comptoir. Un vieux rockeur tient vraiment à nous faire écouter un disque. D’ailleurs, j’ai très vite oublié le nom du groupe un peu comme quand on découvre à la lumière du jour le visage boutonneux d’un garçon embrassé lors d’une soirée alcoolisée. Bref : rien de génial.

On me souffle que ce mec connaitrait les organisateurs de la soirée. Mes amis s’éclipsent fumer une cigarette dehors. A priori il a l’air d’avoir plutôt envie de discuter avec moi. Il m’offre sa bière et me propose de m’inviter. C’est plutôt pratique d’être une fille dans ces moments là (encore faut-il ensuite réussir à esquiver la « soirée » qui suit le concert). Pendant que j’essaye de voir à quoi ressemble une place, le type s’évapore à la recherche de celui susceptible de le faire rentrer. Ca ressemble plus à un plan galère qu’autre chose, je laisse tomber. On me montre une place fnac et aucune photocopieuse à proximité. Impossible aussi de rentrer de cette façon.

Tandis que les basses de la première partie montent dans mon corps, soudain la révélation : une entrée possible s’esquisse à l’horizon. D’autres semblent aussi avoir en tête la même idée que nous. Est-ce jouable ? Ou n’est-ce qu’un mirage tel le camé qui voit dans la poussière de sa table des résidus de coke. Les vigiles sont encore à l’entrée principale, les seules lumières sont braquées sur la scène. C’est le moment où jamais. Plus d’hésitation possible, je tente le coup. J’y suis. Mon essai réussi va motiver les autres. En tout cas, mieux vaut ne pas avoir le CV idéal pour travailler chez Michelin comme Monsieur Bibendum. Certains n’arriveront jamais de l’autre côté. Pas le temps de s’apitoyer sur les recalés.

Juste le temps d’apaiser sa soif, le Blues Explosion prend place. Personne n’a besoin de se faire prier, tout le monde est à bloc. Malheureusement peut-être. En effet, le groupe déjà certain de l’approbation du public ne semble pas juger nécessaire de faire des efforts. Seul Jon Spencer a l’air plus ou moins impliqué … Ce soir, ce sera donc plus une célébration de la réputation du groupe plutôt que de l’instant présent. Quelques semaines avant j’avais déjà vu Jon Spencer mais en festival avec son autre groupe, pas de comparaison possible : on aurait dit qu’ils donnaient leur dernier concert et toutes leurs tripes en même temps. Revoir Jon Spencer ? Pour moi, ce sera avec Heavy Trash sans hésitation.

Je sors trempée de sueur et de bière. Peut-être que dans 25ans, j’idéaliserai ce concert comme une soirée sans intérêt qui par nostalgie devient la fête du siècle. Même si la prestation scénique n’était pas au rendez-vous, en tout cas je sors sans doute plus heureuse que certains qui ont payé 22€ pour ça.

www.thejonspencerbluesexplosion.com/

Un commentaire

Très bon ! J’aime beaucoup et finalement, ça me rassure d’avoir raté ce concert où je devais me rendre.

Commentaire par Nash, le Lundi 8 septembre 2008 à 14:12

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