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JOAKIM Monsters & silly songs

A force de rêves et de cauchemars, Joakim a fini par étrangler les guitares. Les mettre en sourdine du moins, pour publier un excellent deuxième album qui se (...) suite

A force de rêves et de cauchemars, Joakim a fini par étrangler les guitares. Les mettre en sourdine du moins, pour publier un excellent deuxième album qui se vendra sans nul doute à quelques milliers d’exemplaires. Ne soyons pas utopistes. Car Monsters & Silly songs est un monument encore vivant, un monolithe de cohésion radical qui voit le grand Joakim cotoyer ses démons, du kraut à l’electro, avec le parti-pris ferme de l’instrumentation, au-delà de l’orchestration électronique.

Comme tous les trentenaires un brin désabusé, Joakim ne croit plus en rien. Ni dieu ni maitre, et juste un tempo. Que Monsters & Silly songs suit à la lettre, hésitant entre le générique de jeu vidéo (Three legged lantern) et la pop song parfaite (Lonely hearts) portée par une voix monocorde pourtant sensible, qui fera passer Depeche Mode pour des discs-jokeys de province, et Dave Gahan pour ce qu’il est. Une caricature new-wave de post-modernité qui ne serait rien sans ses compères tapis dans l’ombre. Joakim, avec Lonely hearts, invente la musique numérique, écoutable en à travers le code binaire, avec cet incroyable featuring de Nicolas Ker de Ponihoax (Tigersushi oblige) qui donne un cachet intemporel, une émotion qui remonte dans le cortex, avant de redescendre dans la voute plantaire. Trajet classique d’un classique immédiat.

Monsters & silly songs, s’il est le projet d’un grand enfant qui refuse de grandir, touche par sa naïveté. Ses angoisses qui se dessinent en filigrane, celles du monstre sous le lit, quand vient l’heure de se coucher (Peter Pan over), des voleurs d’enfants et des fêtes vaudous célébrant la mort du père noel (Drumtrax). En résulte une perle de beauté non travaillé, sorte de diamant à l’état brut qui laisse chanter les voix chamaniques sur fond de piano désaccordé. Pas si loin que ca, finalement, du travail d’Erik Satie. Simplicité du less is more. Beauté des comtes de fin de soirée, moment où l’enfant hésite entre le rêve et le réel.

Tanabata, en conclusion, reprend le travail là où Air aurait du le commencer, avec cette mélodie new-age japonisante qui fait autant penser au printemps qui s’égrène qu’au soleil qui se couche. Un second album, en définitive, radicalement mature, qui conserve l’innocence enfantine, et qui défend autant les couleurs électro que les nuances classiques. Comme un pont construit entre Autechre et Satie.

Joakim // Monsters and silly songs // Tigersushi

www.myspace.com/jimibazzouka

Par Bester Langs

Un commentaire

Un pont aérien genre Berlin après guerre…

Commentaire par Dühsse, le Lundi 2 avril 2007 à 23:04

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