Quelque part perdu au fin fond de la plaine St Denis, Cat Power enregistrait mardi dernier sa Musicale chez Canal Plus. Métro, bus, randonnée et salle comble avec une armée de clones de Chan Marshall dispersée dans le public. Franges, bottes, frissons.
Tout le monde vous parlera sans doute du dernier album de reprises (Jukebox) en des termes très éloquents, les gens s’extasieront sur le derrière de Chan, sa voix cassée et son penchant pour la bibine. Ses crises à répétition etc etc…
Ce que peu de gens mentionneront, c’est que mardi dernier Chan avait derrière elle (et son joli popotin, tout ça tout ça…) le meilleur batteur du monde. Un certain Jim White, dont j’apprends après coup qu’il sévit chez les Dirty Three. Le groupe de Warren Ellis (et membre des Bad Seeds), un combo australien. Un de plus, pensais-je………
Et Jim White donc. Un petit bonhomme d’une cinquantaine d’années, 1.50M les cheveux en pétard, qui l’air de rien parvient à donner de la vie à des chansons mollassonnes, un mec qui aurait mérité de jouer avec Art Blakey et les plus grands jazzmen, un nain dont je ne crois toujours pas qu’il n’ait que deux mains pour avoir autant de SWING entre les dix doigts, le Picasso de la batterie, capable de peindre ses notes avec une agilité et des bras en plastique mou, chauffés à blanc.
Accessoirement, Chan Marshall possède peut-être le meilleur groupe de soft-rock mou du moment. Et c’est un compliment. Pianiste pompier qui écrase ses cigarettes sur la pédale sustain, guitariste tout droit sorti d’Almost Famous, bassiste inexistant (attention pléonasme) et puis Jim White. Sur qui mon regard se pose encore et encore, qui se gratte le nez sur un refrain, entre deux coups de cymbales bien sentis. Comme ça, parce que c’est un artiste. Et parce que les batteurs, au fond, n’ont jamais le respect qu’ils méritent.
Enfin pas tous, juste Jim White. Le petit gars est en concert en février avec Dirty Three, à Villejuif. Avec Père Ubu. Je vous le conseille. Ça vous changera des batteurs aux grises mines qui jouent en 4/4 en s’inspirant de Dave Grohl.
Dirty Three, Festival Sons d’hiver, à Villejuif le 15 février 2008.




ETRE DIEU
Récemment au concert de Thurston Moore solo, il y avait Steve Shelley à la batterie. Wow… Il existe donc encore des batteurs en activité… Good news