De nos jours, la plupart des disques ont de belles pochettes. Pour la musique, c’est autre chose, mais, en ce début de millénaire, on ne peut reprocher aux maisons de disques de négliger l’emballage.
À l’inverse, l’album de Jil Caplan est un de ces rares albums qui pourrait se passer d’emballage. Je verrais bien une pochette blanche avec un sticker qui dirait : « ATTENTION SONGWRITING ». Cet art trop négligé par la « nouvelle » nouvelle chanson française et par tous ceux qui, sous couvert de « je libère la créativité qui est en moi », tentent de masquer leur médiocrité sous les étiquettes les plus diverses (vous savez bien de qui je veux parler…).
Ici, il y a des chansons. De celles qu’à une époque, on aurait gravées sur une cassette pour pouvoir les emmener partout avec soi. De celles que l’on garde quand on s’est débarrassé de toutes les autres. De celles qui font partie, presque immédiatement, de notre « Best of » intime. Et j’en vois bien quatre ou cinq qui pourraient figurer dans mon « Best of » intime. Tout à côté de Leonard Cohen, de Carole King et de l’album de Dion produit par Phil Spector.
Avec des chansons comme ça, vous êtes paré. Pour tout. Il peut bien vous arriver les pires trucs. Aucun problème. Vous appuyez sur PLAY, aussitôt un arpège de Rhodes vous emmène et la voix de Jil Caplan vous raconte une histoire. Je n’ai pas besoin de grand-chose d’autre pour supporter l’hiver, vous savez.
Jil Caplan… Je la connais depuis quelque temps. Cela remonte à une époque où elle ne s’appelait pas plus Jil Caplan que moi, Norman Bates – pour rester dans la référence hitchcockienne.
Elle n’était pas majeure, à l’époque, mais elle aimait bien venir nous voir jouer au Gibus. Alors, pour entrer, elle mentait un peu sur son âge, ensuite elle restait avec nous et on s’assurait que personne ne vienne l’ennuyer. C’était une adolescente très drôle et pleine de vie. J’avoue qu’on craquait tous un peu pour elle. Et puis, on l’a plus ou moins perdue de vue, jusqu’à ce qu’elle réapparaisse, quelques années pus tard, avec son premier album, À peine 21. On s’est tous alors demandés : « Mais, ce ne serait pas ? ?… » C’était bien elle, en effet.
On a tourné cette séquence vidéo pour Gonzaï à deux pas de l’endroit où elle habitait, à l’époque du Gibus. Tout a un sens. Cette promenade dans le Père Lachaise n’était pas totalement le fruit du hasard.
C’était un peu vertigineux d’évoquer ce passé commun. Paradoxalement, c’était aussi léger et naturel. Il y avait un truc plus fort et plus beau, je le sentais, au-delà de ces figures perdues dans le temps et l’espace, au-delà de ces pages déjà écrites. Quelque chose d’autre qui nous tenait, nous faisait avancer.
Ce quelque chose, je n’ai pas réussi à le définir sur le moment. Disons que ce pourrait être une certaine forme d’excitation, à l’heure d’écrire les prochains épisodes de nos vies parallèles.
Dans son cas, le « prochain épisode », c’est maintenant et c’est une tournée française (qui a plutôt bien démarré).
Car, autant vous le dire - au cas où vous auriez nourri quelque espoir -, ne rêvez pas, on ne se débarrasse pas facilement de gens comme nous.
Jil Caplan // Derrière la porte // EMI
Gonzai - Jil Caplan
envoyé par VictorH
27 commentaires
Jay Alanski est un bon!!
On l’aime sous ses multiples facettes!!
Bravo Pierre!!
Bon, je range mon pistolet à confiture, mais quand c’est mérité!!
Jean-Emmanuel, c’est désespérant : une fois de plus, nous sommes d’accord…
bien à toi (et merci)
en tout cas, joli boulot, messieurs King et H !
C’est beau ce petit texte plein de sentiment où chacun pourra s’identifier à sa guise, je suppose…
Merci, Mister M. ! Je m’attendais pas à ce texte. Il y a de l’histoire, des histoires là-dessous. Comme chez Jil Caplan, on a envie d’aller voir et écouter derrière la porte.
Très belle vidéo aussi, en effet.
Allez, une critique, avant de partir…
Bon, non, une autre fois, peut-être.
Sans oublier Xavier.
on se croirait aux César….
Alan, je crois que la critique est réparée. Regarde l’article.
Non, justement, Bester, comme ça faisait trop Césars, je voulais trouver une critique à faire, mais pas trouvé.
On a oublié de féliciter la maquilleuse ?
Non, justement, Bester, comme ça faisait trop Césars, je voulais trouver une critique à faire, mais pas trouvé.
On a oublié de féliciter la maquilleuse ?
Comment qu’on fait pour avoir un chouette avatar, Mister Bester ?
Eh he! La seule chose que tu ais à faire c’est d’aller sur ce site: http://site.gravatar.com/signup
Créer un compte, choisir l’image que tu veux et hop le tour est joué. A chaque fois que tu posteras un commentaire zouzou une belle image.
Marche pas encore… Pourtant j’ai bien mis la bonne adresse ici et chez Grave Avatars. Pas encore fait le tour de la nébuleuse neteuse, pit’être.
Ouaiiiiiis ! Et c’est rétroactif, en plus !!
le mien marche pas, dommage, j’avais choisi le bromley contingent.
L’écoute pas Alan, des fois il raconte vraiment n’importe quoi.
bon……….. toujours la charmeuse qui charme !
quelle équipe !! jayjil…….. je rends les armes !
ah……cette ” caplan “…… entre les tombes…….!
T’inquiètes pas Pierre, l’éducation musicale de ce jeune homme (Alan) est manifestement à compléter (rock français, Bromley…) mais pour avoir passé une soirée d’enfer avec lui à Tokyo hier soir, il a du potentiel !
(Ah mon Alan me manque…..)
il a manifestement un potentiel !
(vous avez bu de la Sapporo ? ma bière préférée… un peuple capable de brasser une telle chose est un grand peuple !)
Après abus de mélange saké-bière, mon discernement était altéré. J’en profite pour tester mon gravatar.
La classe.
bon, les gars, si vous pouviez tenir vos engagments et VRAIMENT arrêter de boire en 2008…
Jill Caplan
hop Cest dit! A quoi pensez vous?
euhh.. les années 80 90 et hop 2000…
et aussi Charlie Chaplin, oui…amusant non? je crois que son nom original etait Kaplan, Kaplin en venant aux States… tout jeune…
Mais Jill, c est un style, charme, de la nostalgie, de l enfance, du bonheur, des petits sourires, une voix,
elle me fait craquer pour être franc!
aieeeeee
C est bon d etre “fan” à 46 balais!!!
Vas y berce mon décor sonore de tes mélodies….
Alain




ETRE DIEU
Le monde est petit: il y a quelques jours, à la radio, pris en cours de route, dans ma voiture, un morceau, une ballade douce-amère qui depuis me trotte ds la tête - pas donné le titre, pas dit le nom de la chanteuse, fichus programmateurs - me souviens plus de la station, fichu moi … et puis aujourd’hui, cette promenade au cimetière, un peu “désaxée”, Mikaïloffienne - Jil Caplan … Madeleine : “à peine 21″ , “comme sur une balançoire” un 33T donné à une fille, pour une fille, jamais revu / réécouté depuis- Jay Alanski forever, quand même - 20 ans plus tard, avec Internet, on flâne, on va chercher à écouter d’autres extraits, on se renseigne sur ce nouveau disque - et puis tout à coup on comprend mieux pourquoi cette ritournelle nous a accroché l’âme - Jay / Valentine, comme une évidence - on espère pour eux, même si l’on n’y croit pas trop, qu’il s’en vendra des tonnes, malgré l’époque …