Le rédacteur Doud n’est pas un garçon commode: il a une sorte d’esprit poil à gratter, une patience aux limites bornées qui ne lui permet aucune clémence. Résultat: l’album de Jesse Sykes se prend une taule ( Chronique de l’album ). Mais pour quelle raison a-t-on le droit de se demander? L.J.Jet sur l’enquête.
Il est deux heures du matin, le printemps débute mal, nous imposant une moiteur limite tropical… ce n’est pas très bon pour mes problème de genoux. La rumeur de la ville s’élève avec la chaleur sortant du sol. Les rues pleines à 2H du matin ne sont pas une chose logique, le monde ne tourne plus rond. Le lampadaire de la rue projette une lumière jaunâtre au travers des stores, passoires laissant découvrir le voile de fumée qui hante mon appartement. “Cet être s’est fait massacré” me dis-je. Les photos de sont corps dépecé, jeté au loup, rebondissent sur ma rétine bombée. “Quelle crime a-on fait pour mériter une chose pareil?”. Comme si il existait vraiment une justice et des juges…
“Jesse Sykes a été assassiné la semaine dernière pour des raisons inconnues”, voilà le communiqué officiel des choses. Inconnues… les maisons de disques sont toujours pareilles, elles n’arrivent jamais à assumer leurs responsabilités.
Mais moi j’ai ma petite idée sur ce meurtre. Regardez toute les problématiques sur une personne s’appelant Jesse Sykes. Déjà il est impossible de savoir si l’on se trouve en présence d’une femme ou d’un homme. Un vrai doute plane durant toute la durée de l’album. Cela a dû franchement irrité son assassin, ne pouvant avouer être sexuellement stimulé par une personne du même sexe. Les témoignages du passé nous renvoie à une voix envoûtante, une voix de songe indien: complètement ravagé, une voix qui sort du cœur. Alors soit il s’agit d’une femme étant Janis Joplin sans jamais pousser la gueulante, soit il s’agit d’un homme avec la voix d’un Neil Young, mais un Neil Young fumeur. Une sorte de travestie vocal, poussant son ambiguïté jusque dans son allure…
Puis notre assassin doit être un fervent détracteur des genres hybrides blancs. Oui, peut être est-ce un activiste des Blacks Panthers. Oui, un de ses gars du genre enragé, qui trainait avec Spike Lee dès 1992. Car il n’y a quasiment aucun feeling noir dans cette musique. Il s’agirait plus de la musique d’un Cow-boy ayant rencontré les bonheurs de New York en 1959. Des chansons ultra-arrangées, de vraies pépites pop au final. Mais une pop vraiment caché, une pop qui ne transparaît qu’a travers les structures des morceaux, pas vraiment sur les sonorités. C’est le bonheur de tout ses gens du sud qui ont fait des chansons pour Broadway. Oui c’est ca, Broadway, ses lumières, sa lenteur, puis ces accords qui raisonnent dans une grande salle noir. Le tueur doit être un blacks panthers, car quoi de plus blanc que de la musique de cow-boy à Broadway.
L’étau se ressert, un portrait robot commence a se dessiner dans ma tête. On peut deviner le vice rodant dans les rues, celui avec l’œil hagard, renforcé par une trop grosse consommation de drogues, les cheveux en bataille, prônant à qui voudra l’entendre telle ou telle valeur musicale. “La musique c’est fait pour danser”. J’entends encore la phrase dans ma tête. Forcement, Jesse Sykes était coupable d’un dernier crime, un crime sans mesure pour ce genre de personne: il n’y a quasiment que des balades dans son album, des balades lentes et solitaires.
Oui c’est un album de solitaire, des gens se réfugiant sur leurs lits, coincés dans un coin, les genoux remonté jusqu’a la tête. Tout ses gens qui entendent la rumeur de la ville mais qui ne veulent y participer. C’est un album fait pour les gens qui ne vivent que en hauteur, dans des appartements d’où l’on domine les rue, d’où l’on peut observer la vie des gens… On mettra Jesse Sykes en guise de B.O. La complainte du solitaire va jusque la.
Le lampadaire s’éteint, l’aube commence à pointer ses oreilles. Il y a même ces putains d’hirondelles qui sont revenues. Il va falloir laisser tomber le trench pendant quelque longs mois. La rumeur de la ville s’est enfin calmée. Au travers des stores, les rues nues de toute vie, le moment de repos de la ville… les rues peuvent enfin soupirer. L’on peut enfin se retrouver seul dans se bourbier d’âme, admirer la beauté simple d’une ville, ne plus subir les marasmes des bien-pensant… Et les meurtres des fous furieux.
Jesse Sykes // Like, love, lust & the open halls of the soul // Fargo
2 commentaires
j’en rigole encore, une sacré saloperie quand même, et puis merde, c’est pas qu’il n’y a que la danse, mais y’a assez de malheurs dans le monde pour ne pas avoir a se coltiner ceux des autres qui n’arrivent meme pas à les assumer parce que finalement c’est ca que je reproche veritablement a cet album. Le reste est toujours aussi bon, et puis un an dejà, ca valait bien un deuxième commentaire…




ETRE DIEU
Félicitations, bravos, vraiment, l’article est beau et pertinnent à la fois, il et drôle et grave, il pose des questions, entre autre sur la multitude des genres, des goûts et des couleurs et c’est une bien bonne idée que d’avoir mené et de quelle manière, une telle enquête.
Merci et encore bravo mon cher JohnnyJet, tu es décidemment bien trop fort et la ville était bien trop petite, il est maintenant temps pour moi de songer à la suite…