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JEAN-PHILIPPE GOUDE L’intimité perdue

Certaines rencontres – croit-on – ne se font pas tout à fait par hasard. Le jour où j’ai reçu Aux Solitudes de Jean-Philippe Goude je venais tout juste (...) suite

Certaines rencontres – croit-on – ne se font pas tout à fait par hasard. Le jour où j’ai reçu Aux Solitudes de Jean-Philippe Goude je venais tout juste de sortir – m’extirper serait plus juste – de Théorie de la religion, de George Bataille.

Un livre étrange, ardu, profond articulé autour de différentes notions – animalité, être suprême, monde des choses, sacré, sacrifice, fête, profane, monde divin – dont celle clef d’ «intimité perdue». L’essence de la religion dit l’ouvrage est “la recherche de l’intimité perdue”.

JEAN-PHILIPPE GOUDE Dans ce livre Bataille en appelle à d’autres termes pour qualifier cette notion d’intimité perdue, dont celui de «vie divine». Je ne vais pas vous citer un extrait du livre pour vous éclairer là-dessus, ça prendrait trop de place et sans doute que ça vous donnerait mal au crâne. Je vais plutôt vous inviter à écouter la musique de Jean-Philippe Goude. Elle ne parle que de ça. N’exprime que ça. La vie divine. L’intimité perdue. D’ailleurs – est-ce un hasard ? – son troisième album s’intitule La Divine nature des choses. Aux Solitudes, son cinquième, enfonce le clou. C’est La théorie de la religion de Bataille faite musique – classique, contemporaine, abstraite, appelez ça comme vous voulez. Et quoi de plus normal : rechercher l’intimité perdue n’est-ce pas avant tout l’essence de l’Art ?

Bonjour Jean-Philippe. Parlez-moi un peu de la dimension baroque de votre musique, à commencer par ce contre ténor dont le chant frappe durablement l’oreille et l’esprit avec Embarqués dans les pentes, le troisième morceau d’Aux Solitudes

JPGLes contre ténor et la musique baroque m’ont toujours intéressé et fasciné. D’une part parce que cette musique correspond à une période où la musique savante avait encore une fonction dans la société, celle de faire danser les gens. D’autre part parce que cette musique correspond à une période où l’esthétique était différente de la notre. C’est-à-dire que la plupart du temps les sujets abordés dans la musique baroque sont tragiques mais ce n’est pas comme dans le romantisme où on se vautre dans son malheur, non, dans le baroque on se tient debout, on reste digne. Et ça je trouve que c’est tellement loin de notre façon de ressentir les choses.

On sent l’influence de cette musique sur la votre, parce que votre musique est triste mais toujours droite dans ses bottes, grave mais toujours désamorcée par des passages guillerets. En fait, tout est à cheval dans votre musique : à cheval entre l’acoustique et l’électronique, la tradition et l’expérimentation… On est tout le temps dans « L’intranquillité » de quelque chose d’hybride…

Ça me fait extrêmement plaisir d’entendre ça parce que ce qui m’intéresse c’est la dualité, l’ambiguïté. Je trouve qu’on est tous comme ça. On n’est jamais content à 100 %, jamais malheureux à 100 %, jamais en forme à 100 % (rires) !

Il n’en reste pas moins qu’Aux Solitudes n’est pas un disque qu’on écoute à la légère…

Je ne saurais pas dire. Et je n’avais pas envie de savoir comment les gens allaient pouvoir le recevoir. Ça fait partie de la liberté que je veux absolument avoir parce qu’elle me permet  d’aller vraiment au bout de ce que la musique que j’aime, de faire qu’il y ait une nécessité organique à ce que la musique se déroule de telle manière plutôt qu’une autre. De toute façon je ne suis pas un martien. Donc si j’arrive vraiment à mettre le maximum de sincérité dans ce que je fais je me dis que ça va forcément toucher quelqu’un. Peu de monde sans doute, mais que ça instaura une vraie communication avec ces gens-là. Et c’est ce qui m’intéresse. D’ailleurs sur mon site je reçois régulièrement des témoignages de gens qui me racontent la manière dont ils ont ressenti mon disque et ça me fait très plaisir. C’est formidable de savoir que ce qu’on a voulu faire passer a été perçu. En plus, c’est des personnes de tout âge.

La dimension « classique » de votre musique n’attire donc pas que les gens de votre génération et au-delà ?

Non, et c’est un point important cette histoire d’âge dans la musique dite « classique ». Je ne sais pas si il y a une vraie prise de conscience là-dessus mais maintenant quand on va à un concert de musique classique ce n’est plus le 3e âge qui est là, c’est le 4e âge. C’est 75 ans et au-delà. La programmation est donc faite en fonction de ce public bien précis et on a donc droit qu’à un répertoire connu. Or il n’y a pas que ça. Il y a la musique contemporaine. Bon, quand on écoute ce qui se fait en musique contemporaine généralement on est désemparé parce que c’est trop complexe. Les compositeurs n’ont pas encore brisé les liens avec les structuralistes. Mais j’ai entendu des compositeurs contemporains faire des choses magnifiques où on retrouvait la notion d’énergie et de tempo. J’ai assisté au concert donné en l’honneur des 50 ans de carrière de Michel Portal avec qui j’ai pas mal travaillé à une période et le spectacle était divisé en plusieurs parties. Il y avait une partie classique, une partie musique contemporaine, une partie jazz et une partie avec le DJ français le plus connu…

Laurent Garnier ?

Aux solitudesOui. Et ce qui a eu le plus de succès auprès du public c’était la partie musique contemporaine,  un duo clarinette-basse du compositeur Bruno Mantovani. Il faut dire que c’était tellement bien écrit, tellement énergique. Ce n’était pas une espèce de truc complètement décousu, on arrivait à suivre le discours. Donc voilà il y a de bonnes choses dans la musique dite « classique » ou contemporaine. Il faut juste que ces compositeurs-là gardent le cap et qu’on les programme. Les mecs ne vont quand même pas continuer à faire de la musique dans les sous-sols de l’Ircam ! A quoi ça sert ? Dans la musique contemporaine il y a toujours ce poids des grands génies du passé. Se mesurer sans arrêt à ces figures de l’après première guerre, certains en  sont capables, mais moi ce n’est pas mon propos. Adorno en a très bien parlé. Et puis les artistes qui font ça sont en fin de vie. Beaucoup sont déjà morts. Et nous qui sommes nés après la deuxième guerre on ne se sent pas concernés. Enfin moi je me sens concerné parce que mon but c’est de proposer quelque chose dans le domaine de l’émotion. Et c’est en cela que je suis rock. Il y a eu cette catastrophe du nazisme mais il faut qu’on surmonte ça. Je crois que c’est vraiment un des grands enjeux de la culture.

Je crois que c’est Adorno qui a dit cette phrase qui m’a toujours semblé bizarre : « On ne peut plus écrire de poèmes après Auschwitz »…

Oui, c’est lui. Il a dit parce que le nazisme est considéré comme l’échec de l’humanisme… Tout ça a pas mal cadré avec l’époque des trente glorieuses. Après 1945 on construisait, on promettait l’avenir radieux, on ne se posait pas trop de questions donc ça allait. Mais ce n’est plus le cas aujourd’hui. Aujourd’hui de grandes questions refont surface et il faut y faire face sans tourner autour du pot, sans partir dans l’abstraction. C’est pour ça que je trouve qu’il serait dommage de rester sur la position d’Adorno. Même Boulez a changé dans ses dernières œuvres, tout d’un coup il n’est plus dans la pure construction sonique, il passe a une sorte de plaisir du timbre qui à mon sens n’existait pas avant.

Revenons à votre disque. Il démarre de manière très intrigante avec Prolégomènes n°1. Ce morceau de synthé me renvoie à quelque chose de très extraterrestre et futuriste genre X Files…

Ah oui ? C’est marrant. Parce que c’est fait avec des synthétiseurs mais sinon c’est aussi fait avec des bruits très concrets de la vie d’aujourd’hui. J’ai juste dramatisé un peu le propos pour faire ressentir cette espèce de tension sous-jacente qui innerve nos modes de vie.

Cette tension me semble plus explicite dans le morceau suivant, Market Diktat Song. Ses saccades de violons m’évoquent vraiment tous ces stimuli qu’on subit au quotidien, comme une ambiance de travaille à la chaîne asphyxiante, déshumanisante. A propos de violons, une amie m’a dit que votre musique lui faisait penser à celle de Yann Tiersen.

Je pense que ce qui nous rapproche c’est le fait d’utiliser les instruments classiques d’une façon un peu rythmique. Donc la comparaison ne me dérange pas si c’est ça la question. En plus on se connaît et on est pratiquement dans la même maison de disques.

D’ailleurs ça ne m’a pas étonné de vous voir signé chez Ici, d’ailleurs… Ce label est connu pour héberger des projets atypiques. Dernièrement ils ont par exemple sorti Elephant People, l’opéra pop sublimement barré des français de The Married Monk. Un disque qui tenait en plus un discours intéressant sur le thème du monstre à l’ère de la télé réalité. Et vous, vous arrivez avec une sorte d’oratorio electro-acoustique sur le thème  de l’ultra moderne solitude avec en toile de fond le retour du religieux et la catastrophe écolo… Donc voilà, je me dis que ce label ne peut qu’adorer !

jp_goudeÇa c’est Stéphane Grégoire. C’est quelqu’un de très critique et épidermique sur le monde d’aujourd’hui et il cherche à signer des artistes qui traduisent tout ça. Ce qu’il signe cadre donc difficilement avec les modèles marketing, mais je ne dirai pas que ce qu’il signe n’est pas vendeur. Parce que d’abord on n’est jamais à l’abri d’un succès et parce qu’ensuite le but n’est pas de vendre des millions de disques. Ce qui est complètement aberrant de nos jours c’est qu’on a perdu toute mesure dans les objectifs. Un musicien doit devenir Bill Gates. Il n’y a plus que ça qui est envisageable.

D’où l’intérêt de ne pas chercher à vivre de votre propre musique…

Oui. En plus, le fait d’avoir bien scindé mon rapport financier à la musique avec d’un côté ma musique et d’un côté mes travaux de commande me permet de mieux vivre mes travaux de commande parce que je ne cherche plus à y mettre ma vraie personnalité. Maintenant je fais donc beaucoup plus facilement le taxi.

Vous dites ça comme ça : faire le taxi ?

Oui ! Parce que je vais simplement où on me demande d’aller. Par déontologie, je refuse juste de travailler pour certaines marques. Ce fut le cas pour Areva. De la même manière, je refuserais de faire une musique pour un parti politique avec lequel je ne suis pas d’accord. Mais je n’ai pas toujours scindé ces deux activités. Je ne me suis mis à fonctionner ainsi qu’à partir de 1985. Au moment où je me suis lancé dans l’aventure de faire mes propres disques.

Avant vous travailliez pour des chanteurs de variété…

Oui, pour des gens comme Renaud, Dick Annegarn et travailler avec des personnes comme ça  c’est vraiment intéressant, enrichissant, mais en dehors de ces quelques personnes que j’admire comme Christophe, Bashung, Souchon et Voulzy, la variété c’est une catastrophe parce que seul compte le critère de séduction. Ce constat m’avait un peu démoli à l’époque.

A propos de Renaud, j’ai appris que c’est vous qui aviez arrangé Mistral Gagnant, qui est un tube, comme un petit morceau d’éternité ! Vous devez en être fier, non ?

Oui, à chaque que je l’entends ça me fait quelque chose. La petite mélodie de piano de Mistral Gagnant c’est l’exemple typique du truc que j’ai trouvé sans me demandé si ça allait plaire ou pas. L’histoire de ce morceau est très simple : Renaud et moi étions à Los Angeles. Il avait fini d’enregistrer son disque et il me dit : « Tiens, j’ai cette chanson… » Il y avait le texte et la mélodie chantée. « Qu’est-ce que tu en penses ? » Et comme ça me plaisait on a bossé dessus et ça a été fait en deux jours. Comme à chaque fois il a juste fallu remanier un peu la chanson en changeant quelques accords et trouvant des passages instrumentaux pour la faire progresser. J’ai fait ça comme j’ai fait mon dernier disque : en essayant d’être le plus sincère possible, point final.

Vous touchez quelque chose à chaque fois que ce morceau est diffusé ?

Non, parce que je n’ai aucun droit d’auteur. Mais ça faisait partie du deal. Par contre je perçois de l’argent sur les ventes de disques.

Votre instrument de base c’est le piano. A quel âge avez-vous commencez ?

J’ai commencé à 10 ans, c’est-à-dire trop tard pour devenir un vrai virtuose. Et comme je n’étais pas suffisamment doué au bout d’un moment j’ai lâché…

Et le rock alors ?

J’aimais le rock. J’ai toujours aimé les deux, le rock et le classique. J’ai joué dans des groupes de rock avec des copains mais au bout de quelques mois je trouvais toujours ça frustrant parce qu’eux n’avaient aucune technique alors que moi je connaissais quand même 2-3 trucs…

Votre bagage classique était un handicap pour vous fondre dans un groupe de rock ?

Non, ce n’est même pas ça. Pour moi l’archétype du groupe de rock c’est les Stones. Eux ne cherchent pas 12h à 14h, ils y vont à fond et ça passe comme ça, à l’énergie, à l’arrachée, et c’est ça que j’adore. Mon fils est fan d’AC/DC et je trouve ça super. J’aurais aimé jouer du hard rock. Il y aune telle sensation d’énergie et de défoulement là-dedans… Le son de la guitare électrique c’est quand même quelque chose, une vraie nouveauté à l’époque. Aucun instrument ne peut arriver à avoir le champ de possibilités qu’offre la guitare électrique. D’ailleurs je trouve ça incroyable que la guitare électrique ne soit pas utilisée comme un instrument à part entière dans la musique classique.

Entre la fin des années 70 et le début des années 80 il paraît que vous avez été arrangeur et compositeur pour un groupe du nom d’Odeurs. C’était quoi Odeurs ?

Odeurs, c’était un groupe de pastiche rock mené par Alain Ranval, alias Ramon Pipin. Sur scène, c’état un peu Hara Kiri : quarante personnes déguisées, des décors kitsch, de la provocation, etc. Un groupe à des années lumières de ce que je fais maintenant.

Le rock est une musique sociale, matérialiste et tournée vers l’extérieur. Or votre musique est une musique de l’introspection, presque sacrée. Diriez-vous que votre musique est anti-rock, voire anti-matérialiste ?

Non, parce que même si je ne fais pas de rock, j’aime ça et dans ma musique j’essaie de retrouver une certaine énergie rock avec des instruments classiques. C’est d’ailleurs pour ça que j’ai intitulé mon 4e album Rock de Chambre. Je ne dirai donc pas que ma musique est anti-matérialiste. Elle est anti-consumériste mais elle est matérialiste. Si on considère le  matérialisme comme l’opposition au religieux alors ma musique est matérialiste à 200 % ! Moi ce qui m’intéresse c’est aujourd’hui, c’est l’instant. C’est pour ça que j’ai appelé ma société de production Pour l’instant.

De quoi parle le morceau Le diverti se ment ?

Le jeu de mot montre que je parle du divertissement au sens Pascalien. Ça fait aussi référence à une récente campagne de pub Universal dont les affiches disaient que « Le divertissement est un droit » en montrant quelqu’un sur une île déserte qui se fabrique un écran pour pouvoir avoir sa dose de divertissement.

Le message est vicelard…

Oui, parfois la pub n’est parfois pas loin de la propagande. C’est pour ça que je dis à mes enfants de couper le son quand il y a de la publicité. Parce que comme le message passe par le son et que les images ne font qu’illustrer ce qui est dit, sans le son on ne comprend plus rien. Je pense que tous les parents devraient faire ça, au minimum.

A propos de mots : au départ je n’avais pas fait attention, mais c’est vous qui signez aussi les textes de tous ces morceau. Quel est votre rapport au texte ?

Hé bien c’était la première fois que j’écrivais moi-même les textes de mes morceaux. En français en plus. Le texte n’est donc pas mon fort. Pour tout dire, au départ pour ce disque j’ai même essayé de trouver une alternative pour ne pas avoir à écrire mes propres textes. Comme j’aime lire des essais, par exemple ceux d’Edgar Morin et de Guy Debord, à un moment j’ai pensé mettre certains de leurs textes en musique. Mais comme ce que je recherche dans un texte de chanson c’est moins le sens que la musicalité, ça n’allait pas. Pourtant Debord écrit extrêmement bien ! Je connaissais mal ses livres, j’en ai relu il y 3 ans et ça m’a scotché. Quand on voit quand ça a été écrit et comment ça colle au monde d’aujourd’hui, on se dit que ses livres sont vertigineux. Et encore une fois, le style est superbe. Debord cite souvent un poète Persan, Kayam. J’ai acheté des bouquins de Kayam et pareil, c’est superbe.

Mais d’où venaient donc les textes de vos premiers disques ?

Pour mon premier disque j’avais pris des textes liturgiques. Je n’en étais pas conscient à l’époque mais je n’aurais pas dû. Il faut arrêter de reprendre des textes liturgiques, arrêter de faire des requiems, arrêter de faire des messes, sauf si on est vraiment croyant. Cet exercice de style est encore trop présent dans la musique contemporaine. On fait tout pour nous mettre la tête dans le guidon. Il faut lever le nez. Je veux dire : chacun reste chez soi, on est de plus en plus coupé de la réalité, quand je dis réalité c’est… comment dire ? Il y a un sujet qui m’intéresse énormément et dont on n’a pas parlé c’est l’éthologie.

Qu’est-ce l’éthologie ?

C’est l’étude du comportement des animaux. A une époque, avec ma femme on avait fait un petit élevage de chevaux. Les animaux n’étaient pas dans des box, ils vivaient en semi liberté, on les faisait se reproduire et on observait. On voyait donc comment ils communiquent et on s’est rendu compte qu’entre eux ils y avaient un vrai langage, une hiérarchie, une éducation. Que comme chez nous, il n’y avait pas que de l’inné, mais aussi de l’acquis. C’est dur de ne pas poser ce regard anthropomorphique sur eux. Mais ce regard est utile le jour où tu as des enfants. Parce que c’est là que tu te rends vraiment compte qu’on a aussi une grande part d’animalité. Et donc pour moi la réalité c’est aussi cette part animale et inné qui est complètement gommée par nos vies d’aujourd’hui…

Manset me disait la même chose… à croire que c’est une réelle préoccupation de votre génération…

L’autre jour j’entendais un scientifique qui parlait de l’évolution et qui disait que pour qu’une évolution (un caractère, une mutation) soit vraiment installée il faut à peu près 20 000 ans. En même temps il y a des cas qui disent totalement le contraire de ça : il y a des animaux qui sont capables de s’adapter très vite à des nouvelles conditions de vie si on les déplace. Mais en général c’est quand même assez lent donc ça veut dire que dans notre cerveau on a tout un tas de choses, tout un tas de fonctionnement pour s’adapter à l’homme préhistorique. Il faut tenir compte de ça, faire l’impasse là-dessus ça me parait être une erreur parce que l’évolution des choses va trop vite par rapport à notre évolution à nous. Il ne faudrait pas qu’on se retrouve comme certains cartoons dans les dessins animés et que l’on se retrouve tout d’un coup au-dessus du vide sans savoir ce qui se passe. Parce qu’il y a un moment où il faut se dire : « Bon, qu’est-ce qu’il se passe ? Ça est-ce que c’est encore viable pour nous ou pas ? » On vit trop dans la virtualité. On a besoin de réatterrir.

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