Spleen et vieilles bécanes.
“Quand j’étais blouson noir, Issoire 1963-1964″. D’emblée, quelque chose ne tourne pas rond. Blouson noir et Issoire, ça ne rime pas. Enfin si. Mais disons qu’Issoire n’est pas exactement la ville, ou plutôt le village, rock’n'roll de référence. Et c’est justement ça l’objet du livre.
Un manifeste pour tous les provinciaux qui veulent se retrouver dans l’oeil du cyclone. Ceux-là ont d’ailleurs tout compris: comment s’habiller, se coiffer, quelle musique écouter et quelle marque de cigarettes fumer. Ils ont même adoptés les codes du langage. Bref, tout comme de vrais blousons noirs. Seulement les débouchés n’y sont pas. Pas moyen de faire briller son cuir sous les projecteurs, même pour un court instant. Alors ils font comme tous les jeunes qui s’ennuient, les voyous. Ils veulent détruire le monde en noir et blanc à grand coup de chaîne de vélo et de couteau à cran d’arret. Ils n’ont peur de rien n’y personne puisque le saint patron James Dean les protège d’en haut.
Pour ces jeunes têtes brûlées, la guerre d’Algérie est un western. Qui sont les cow-boys et qui sont les indiens? Ils ne le savent pas vraiment. La seule chose qui compte c’est le symbole. La beauté du geste. Les blousons noirs d’Issoire veulent “vivre vite, mourir jeune, et faire un beau cadavre.” Car l’hermétisme de la société pèse trop lourd sur leurs blousons de cuir.
Finalement, ces blousons noirs sont des poètes décadents. Jean-Paul Bourre le sait bien puisqu’il lit Lautréamont et Baudelaire. “Ses ailes de géant l’empêchent de marcher”. Le voilà leur problème aux blousons noirs d’Issoire. Ce sont des incompris. Incompris de leurs parents, de leurs maîtres, des filles qu’ils n’arrivent pas à draguer.
La seule chose à laquelle ils puissent se rattacher c’est le poster de James Dean au dessus du lit. Et Long Tall Sally chanté par Vince Taylor. Leur Pater noster à eux. Ces choses là au moins ne les abandonneront jamais. Elles sont gravées en plein cœur pour l’éternité. Tout comme leurs tatouages de rebelles d’ailleurs. Et Jean-Paul Bourre de conclure, comme pour sanctifier cette éternité: “Rock’n'roll will never die.”
Amen.
Jean-Paul Bourre //Quand j’étais blouson noir// Scali
http://www.myspace.com/jean_paul_bourre
9 commentaires
le rital donne envie de lire ce bouquin.
Mascarpone chez Gonzaï; comme le dirait mes frères communistes: “Ca sent la poudre”.
Super ta critique, je te remercie - malgé le temps qui passe, rock’n roll will never die
Pose-toi la question Fred, pourquoi ils n’arrivent pas à draguer ces filles? Peut-être écoutent-ils de la musique de merde…Bande de loosers.
Respect pour ton oeuvre Jean-Paul tout de même.
CE BOUQUIN EST WILD ET FURIEUX…ET TRES TRES NOSTALGIQUE …
ET …VINCE TAYLOR QUI REVIENT SANS ARRET …
DU CULTE DES VAMPIRES … A TWENTY FLIGHT ROCK ( LE SCOPITONE DE VINCE)EN QUELQUE SORTE …AVEC UNE FIN TETANISANTE …
SALUT A TOI JEAN-PAUL ))))))))))))) VINCE ROGERS
SUR “LE STUDIO” …JE PARLE AUSSI DES “ANNEES BLOUSONS NOIRS” …http://cinemaandrock.musicblog.fr
OFFICIAL SITE http://cinemaandrock.monsite.wanadoo.fr
OFFICIAL BLOG http://cinemaandrock.over-blog.com
MYSPACE http://www.myspace.com/cinemaandrock
DU CULTE DES VAMPIRES A TWENTY FLIGHT ROCK EN QUELQUE SORTE …AVEC VINCE TAYLOR QUI REVIENT SANS CESSE…ET UNE FIN TETANISANTE …
SUR “LE STUDIO” CLIC ON http://cinemaandrock.musicblog.fr JE PARLE AUSSI DES BLOUSONS NOIRS … TEXTE/AUDIO/JPEG/
SALUT A TOI JEAN-PAUL ))))))))))))VINCE ROGERS
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LE STUDIO http://cinemaandrock.musicblog.fr
J’ai interviewé Jean-Paul Bourre c’est vraiment un type très interessant-
De Vince à Aleister (pas le chanteur mais l’homme le plus vil de Grande Bretagne disait la reine)-




ETRE DIEU
Tu écris bien pour un rital.