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JEAN-LOUIS COSTES Chaos killer

Costes, un nom coup de poing qui a fini par émasculer le prénom de celui qui le porte – Jean-Louis – pour devenir une marque de fabrique. (...) suite

Costes, un nom coup de poing qui a fini par émasculer le prénom de celui qui le porte – Jean-Louis – pour devenir une marque de fabrique. Celle d’un acteur culte de l’underground pour ses « opéras porno-sociaux », des comédies musicales trash dont le trash – sexe, caca et hurlements – ferait presque oublier que Costes est avant tout un fan de rock. Oui, à ce stade-là, on ne peut plus dire punk, mais trash. Depuis quelques mois le fan responsable d’un site non-officiel sur l’artiste a crée une telle page sur Costes. On y trouve 4 morceaux. (Mention spéciale à « Bâtard du showbiz », extrait de Miam miam la music dont la pochette détourne judicieusement la séminale banane de Warhol sur le premier album du Velvet.) Et c’est déjà suffisant pour basculer dans la quatrième dimension. Fulgurant et sidérant comme une grosse connerie.

Des chansons, Costes en pond depuis le milieu des années 80. Aussi alors qu’on le rencontre à l’arrache la veille de son départ pour le Canada où il inaugure le lancement de son nouveau spectacle intitulé Les petits oiseaux chient (nouveau show dont la date de sortie coïncide avec la réédition aux éditions Hermaphrodites de son mythique livre paru en 2003, Viva la Merda), c’est de cela qu’on essaie de parler. De musique. Mais comme Costes est une jungle où tout s’entremêle – pour rester poli – il n’est pas rare qu’on parle aussi du reste. C’est-à-dire de performance, d’écriture et de merde. 20 décembre 2006. 19h15. Saint-Denis. Ça y est. Après avoir tourné en rond à proximité du square, du canal et du Leaderprice indiqués comme points de repères, on trouve enfin la maison de Costes. Il habite effectivement au bord du canal. Tout au bord. Ambiance. Bucolique malgré la zone latente. Banlieue nord oblige.

L’hôte nous ouvre son portail rouillé et nous invite dans son antre. Littéralement. C’est dans ce 30m2 séparé par un mur du domicile « familial » où vivent sa femme et sa fille qu’il crée et cohabite… en toute liberté… tranquillité… avec ses démons. Enfin tout se passe en dessous, dans le cave par laquelle on accède via une petite trappe et un escalier de bois. C’est dans ces sombres soubassements à peine aménagés qu’il enregistre à l’aide d’un matériel rudimentaire (un synthé Casio, un magnétophone 4 pistes). C’est ici qu’il lâche sa part d’irrationnel. La plupart du temps il est au rez-de-chaussée, demeure de son « cerveau logique ». C’est cette personne « normale » qui nous reçoit « normalement ».

Il y a peu de choses ici – un mélange de taudis et d’ascétisme – mais assez pour s’asseoir sur un bout de canapé, se faire offrir un thé et poser le dictaphone sur un coin de table – étonnamment occupé par un ordinateur portable qu’il vient d’acheter d’occasion.. Il a des choses à dire. C’est pour ça qu’il a accepté aussi prestement notre envie de l’interviewer à propos de ce qu’on a appelé sans fard sa connerie. On est là pour en parler. Sa voix s’emballe et suit des heurts… On a parfois l’impression d’entendre Albert Dupontel… un autre punk ! C’est d’ailleurs l’occasion de parler musique, la passion première de celui qui «voulait jouer du Deep Purple.»

Comment parvient-on, comme toi, à accepter de faire des choses qu’on trouve connes ?

Mon problème c’est que je trouve mauvais tout ce que je fais. Surtout je me trouve nul et con de base. Je me regarde dans un miroir, c’est mauvais, j’enregistre ma voix sur magnétophone, c’est moche, et je me suis aperçu que j’avais tendance à effacer tout ce que je faisais. Ce que font beaucoup d’artistes. Je me suis donc dit : « Il faut bien que tu avances quand même, alors laisse-toi aller, garde un peu tes conneries, tu les trieras plus tard. Car trois ans plus tard, ce ne sera plus vraiment toi dont la chanson parlera, tu réagiras donc un peu comme n’importe qui d’extérieur et elle pourra même te toucher. » Et c’est comme ça que je me suis aperçu que les trucs les plus cons étaient les meilleurs. Par exemple quand je fais une chanson sur les oxyures qui s’appelle « Miam, miam les oxyures », pour moi c’est la chanson la plus con que j’ai jamais fait, il n’y a sûrement pas de quoi en faire un disque complet sur un sujet aussi con que les vers intestinaux, mais si tu rentres là-dedans, dans le système intestinal, tu découvres un sujet passionnant que personne n’a jamais abordé. Pareil pour la merde.

A quel moment as-tu réalisé que tu n’avais pas de talent ?

J’ai toujours pensé ça moi. Je ne sais pas d’où ça vient. A l’école, je ne pouvais pas sortir avec une fille, car j’avais peur de ne pas bander et ça faisait tout foirer ! Aujourd’hui ça continue. Je pense toujours que je n’arriverai pas à faire un autre disque, un autre livre…

Pourtant, on le voit sur ton site, des disques et des livres tu en as sorti un paquet !

Oui, c’est à vomir ! Ma production me dépasse tellement que je n’arrive plus à suivre et à sortir des disques, c’est de la folie, de la diarrhée ! Mais comme en même temps c’est une drogue, si j’arrête j’ai envie de me suicider, car je dépéris directement. Je rajeunis si je fais une tournée, alors que je ne devrais plus faire ça depuis longtemps. Mais voilà, la connerie c’est mon bain de jouvence ! Peut-être parce je rentre dans des éléments primordiaux, merdiques et ça me détend. Ça me fait rire et ça me fait plaisir. Quand tu te vautres dans la merde, après tu es propre. Physiquement et mentalement.

Comment en es-tu venu à te confronter physiquement à la merde ? C’est un thème qui a déjà été abondamment traité en littérature, mais peu concrètement comme tu le fais…

Le truc qui se passe c’est que quoi je fasse les gens me disent que c’est de la merde. C’est de là que c’est venu. Parce que t’en vient à te dire : « Ah ouais, moi je fais de la merde ? Hé bien je vais te faire un show complet sur la merde, avec des chiottes et tout ! » C’est comme les vers, c’est super intéressant ! Tu pourrais passer ta vie entière à parler de la merde non figurée, ce que je ne fais pas, contrairement à ce qu’on dit. Comme je suis assez éclectique, je n’insiste pas là-dessus, mais j’ai bien vu qu’il y avait là une niche commercial de malade ! Et puis la merde, comme tout le monde, c’est un sujet que je trouve moi aussi très con. Je ne suis pas un génie, je suis un mec très con. Je veux dire : je n’ai pas d’intuition et je n’ai pas révolutionner la musique à douze ans et demi. Moi je voulais jouer du Deep Purple à la base, tu vois le genre ? J’ai dérivé par manque de talent. Mais c’est ça qui m’a permis d’être meilleur. C’est très con ce que je dis, mais c’est ça. C’est par manque de talent que j’ai trouvé du champ, par la saturation du son. Assez vite j’ai compris qu’il y avait des trucs à faire là-dedans, que je pouvais me servir d’une certaine maladresse. Parfois c’est une fausse note qui te permet de faire un truc génial et bien, pour moi, la merde c’est pareil, c’est tout ce qui est chaotique, imprévu et qui fait le plaisir dans le cerveau. Tout ce qui est violent et qu’on n’a pas le droit de dire me fait plaisir.

Tu cherches et pratiques de nouvelles approches « artistiques » ?

Oui, c’est ça qui est excitant. Et une nouvelle approche, c’est forcément non académique et donc bête parce non réglementé. Donc tout est perçu comme chaos à partir de ce moment-là. C’est comme le mec qui me voit en spectacle : il croit que je fais n’importe quoi. Alors que c’est hyper répété (rires) ! Mais le mec voit du n’importe quoi parce qu’il ne perçoit pas la forme. Mais un mec qui connaît ce que je fais va capter que c’est devenu un académisme. Un académisme du chaos et de la bêtise. Moi, j’ai une méthode pour me lancer dans ce chaos et une fois que j’ai ouvert ce truc-là, je peux faire cinquante CD dans la journée.

C’est quoi ta méthode ?

En fait, je crois que tout ce qu’on qualifie de con correspond quand à la production du cerveau instinctif, auquel s’oppose le cerveau logique. Et en art, si tu emploies le cerveau logique c’est de la merde (au sens figuré, c’est-à-dire que c’est aseptisé, sans aucune valeur, Nda). Tout l’art conceptuel c’est de la merde. Non seulement, cet art est à éliminer mais ces artistes aussi. Il faut leur supprimer leurs subventions et les faire crever la dalle ! Je déteste tout ces gens. Moi, je suis comme le vaudou, j’ai une méthode de laisser aller qui me permet d’éviter la merde du cerveau logique, une méthode qui me permet de mettre en marche mon délire. A un moment donné mon cerveau reptilien part et lui c’est une machine super cohérente qui te sort des fulgurances qui s’apparentent à des bêtises. En fait, c’est comme les mecs qui parlent en langues, les évangélistes quand ils baragouinent : « Oublablablabla ! » et qu’il y a un autre type à côté de lui qui traduit le délire. Parce qu’en fait, le mec fait des associations d’idées totalement dingues qui peuvent témoigner d’un problème personnel ou d’une tension dans la communauté ou d’un problème. Il sent la situation, mais ce qu’il sent va plus vite que son cerveau, d’où les : « Oublablablabla ! ». Cela signifie qu’il est en connexion instinctive avec le réel qui est super complexe et chaotique. Ce cerveau reptilien c’est le meilleur qu’on ait. C’est notre cerveau de base.

Comment as-tu fais connaissance avec ton cerveau reptilien et comment le sollicites-tu ?

J’ai tout simplement entendu une connerie là-dessus à la radio. J’ai donc mis au point une méthode pour le capter. Chez moi, je clean la pièce, je prépare les micros, je mets assez de cassette vidéos dans la pièce, et je m’enregistre en train de laisser parler mon cerveau reptilien. Je ne bois jamais avant de faire ça, parce qu’il faut que je sois assez rationnel pour pouvoir appuyer sur le magnéto. Parfois je le fais en descendant une bouteille de Gin : un truc de malade, je pars, je crois que je vais crever. Je ne bois pas à l’état normal donc au quart de la bouteille je suis déjà parti. Une fois on m’a retrouvé endormi comme ça. Donc je n’utilise pas systématiquement l’alcool, mais quand c’est le cas je vide un tiers de la bouteille dans l’évier. Après, quand je suis revenu de mon délire, je deviens spectateur de moi-même et je juge à froid ce que j’ai fait, je garde les parties que je trouve toujours bien hors délire et je jette la plupart des choses qui ne me parlent plus une fois hors de l’émotion.

A l’époque où tu as inauguré cette méthode vaudou des artistes t’inspiraient-ils un tel passage à l’acte ?

Non, parce que j’ai fait ça par hasard. La première fois, c’était en 1984, à l’occasion d’une chanson pop bruitiste sur laquelle j’avais décidé de ne pas mettre des paroles dures comme tout le monde faisait. Parce qu’à l’époque, tu avais soit du rock bruitiste couvert de cris et autres hurlements, soit de la pop à la McCartney avec de gentilles paroles et gentils accords. Les mecs n’arrivaient pas à écrire des paroles sur le bruit. Moi non plus d’ailleurs… Tu connais le disque Pierre et le Loup, pour les enfants ?

Pas vraiment.

Eh bien dans ce disque chaque instrument évoque un animal et ça fait que chaque son t’évoque une image. Moi je fonctionne complètement comme ça. De manière très conne. D’ailleurs ma fille, qui a deux ans, est pareille : tu lui mets un morceau en accords mineurs, elle te dit direct : “C’est triste.” Elle interprète tout, bien pas bien, directement ! Moi je suis à resté à fond dans cette interprétation en bande dessinée du son. Et voilà, en 1984, j’avais fait un morceau avec des collages de sons et, je ne sais pas ce qui m’a pris, j’ai parlé dessus. Et ce n’était pas du tout un texte trash, c’était l’histoire d’un mec qui lisait des bouquins dans une bibliothèque, un truc très con, et à chaque rupture de son l’histoire changeait, car je l’avais improvisée par-dessus. J’ai trouvé ce morceau dingue, mais je n’arrivais pas à le refaire. J’ai d’ailleurs cru que je ne le referai jamais de ma vie. A cette époque, je continue donc à faire de la musique expérimentale, des trucs de rock, mais sans y penser. Et hop en 1986, un soir de fatigue où j’étais peut-être plus réceptif, le truc m’est revenu et j’ai donc fait 5-6 morceaux dans la foulée donc j’ai sorti un album. Ce n’est qu’après que je suis devenu une machine. Maintenant, tu me mets n’importe quel bruit et ça y est je te ponds un truc. C’est de la folie bureaucratique ! Je te fais ça au kilomètre tous les jours, à tel point que ça peut être tout aussi nul et académique que le reste. Enfin, pour moi ! Mais bon, on ne peut pas inventer deux trucs dans sa vie. Un c’est déjà pas mal.

Considères-tu que ton art soit moralisateur ?

Non, parce que je sais que je suis super fort. Enfin, je m’excuse de le dire mais en même temps je m’en fous. Je le sais, mais je ne le dis pas, genre je ricane. Mais moi je sais que ce que je fais est tellement puissant qu’il n’y a personne au-dessus de moi en ce moment. C’est tout ce que je pense. Qu’on me trouve le mec au-dessus ! Que ce soit texte ou autres. Personne ne me battra en chanson. Je ne parle pas arrangement et mélodie mais brutalité tripale. Vas-y, sors le moi ce mec qui fait mieux que moi ! Déjà j’en vois plein qui m’imitent et qui n’y arrivent pas. Par rapport à certains trucs que j’ai fait, ce n’est même pas la peine, il n’y a personne de l’époque, en France, qui s’aligne. Ailleurs, c’est possible, je ne sais pas.

Qui sont les gens qui t’imitent ?

Aujourd’hui il y a tout un pan de musique noise avec des paroles alors évidemment, pour eux, Costes et ses vieilles cassettes c’est devenu une référence. Même aux Etats-Unis. Surtout là-bas parce que pour eux c’est presque normal de mélanger chaos et sens. Ce que je fais ce n’est pas juste des bruits à la con, genre l’Ircam. On peut faire du bruit et exprimer des sentiments joyeux, tristes, toute la palette des sentiments dans le chaos musical. Et des fois ça peut devenir harmonieux parce que c’est aussi une des composantes de l’art et je ne la rejette pas. Au milieu de ton bruit, tu as le droit de faire une chanson pop. Sauf qu’il y a des connards qui n’osent pas ! Parce que la chanson pop pour eux c’est de la connerie. Et puis d’un autre côté, tu as les mecs qui critiquent ton bruit et si tu leurs fait une chanson simple et pop, ils se permettent encore de te cracher dessus sous prétexte que maintenant tu es excessivement ringard. Alors va comprendre !

Ils trouvent louche que d’un coup tu te jettes dans la gueule du bon goût ?

Oui, c’est comme si j’étais maintenant dans un excès de sûreté. En fait, pour ces mecs il faut être dans un milieu tendance, ça autorise 0,0001% de caca dans les œuvres. Alors par exemple ça va donner une pièce de théâtre qui va te faire dire : « Oh ! On s’emmerde » et dans le même temps « Ohohohohoho ! », genre un truc t’a un peu choqué, mais limite tu en rigoles. C’est une question de dose, ce qu’ils appellent la charge subversive, toutes ces connerie ! S’il y en a qui sont cons c’est les mecs qui se croient intelligents. Pour ceux-là c’est chaud.

En ayant recours au cerveau reptilien, toi tu pioches dans ce que tout le monde renie ?

Oui, parce que personne n’emploie ce moteur-là. Comme tout le monde a peur de passer pour un con, tout le monde emploie un moteur rationnel avec quatre diplômes derrière comme on nous le conseille vivement. Moi quand le mec de chez Fayard (l’éditeur qui a sorti en 2006 son deuxième livre intitulé Grand-père) a pris un de mes CD, il a dit : « Ah ! Mais vous n’êtes pas signé sur un label. » Voilà, en France il te faut une preuve comme quoi tu es raccordé à une institution, c’est comme un diplôme ça veut dire que ton délire est intelligent, que tu es en règle, que tu peux circuler. Par contre, si tu te lances tout seul dans ton chaos chez toi en braillant au fond d’une cave dans une banlieue sordide, ça coince. Là tu vas avoir l’air con et on te dira que tu fais de la merde. Alors autant emballer des paquets de merde et leur lancer dessus.

Donc ta motivation c’est de donner une image de l’homme dans sa…

Non, ma motivation de base pour la musique c’est je suis frustré et que j’ai envie de faire chier les gens pour me venger et me faire remarquer des filles ! Moi je n’ai pas envie d’améliorer quoique ce soit. Mais il se trouve qu’avant, comme j’étais frustré et que j’avais beaucoup de temps à perdre à faire mes trucs de haine et de branleur, je suis tombé sur une mine à force de travailler : une mine de caca qui n’avait jamais été exploitée avant (fou rire) ! Une mine de connerie sans fond. Sans fin. Et super bonne à exploiter.

Penses-tu que les gens comprennent ce que tu fais ?

Je crois que n’importe qui pourrait comprendre !

Mais beaucoup ne voient que le côté trash de ton œuvre, non ?

Oui, mais plein de gens ne s’arrêtent pas à ça. Certains ne prennent que le côté subversif à deux balles, mais maintenant il y a aussi des gens plus jeunes qui trouvent carrément romantique ce que je fais. Des nanas de 18 ans trouvent que je fais juste de la beauté alors que lorsque j’ai commencé plein de filles pensaient que c’était un truc de mec bourré au service militaire qui monte sur la table pour montrer sa bite. Mais à cette époque, il y avait déjà des Japonaises qui trouvaient ça romantique. Moi-même ça m’avait étonné. Parce que moi-même je ne savais pas que j’étais romantique, moi-même je me jugeais mal.

Tu t’es plus vite fait connaître et apprécier au Japon qu’en France ?

Non, c’est juste qu’à l’époque j’ai trouvé plus vite des dates à New York et à Tokyo qu’en France. En France, je ne pouvais pas jouer à moins de louer moi-même la salle. Aux Etats-Unis, c’est différent, ils n’attendent pas que d’autres se mouillent, ils font les choses et c’est pour ça qu’ils créent la mode mondiale. En France, on attend de voir si on a le droit d’aimer, parce qu’on est colonisé. On regarde : « Ah ! Ce petit bruitisme-là a l’air branché en Angleterre et aux Etats-Unis ! » et hop tout le monde va aimer la même musique. Mais ce même petit bruitisme, quinze jours avant on n’avait pas le droit de l’écouter. Je ne sais pas si les Etats-Unis vont rester encore longtemps le leader culturel mondial, mais pour l’instant ils tiennent ce rôle car c’est un pays où ils cherchent dans la merde des gens pour faire quelque chose. Là-bas, des gens sont au sommet de la société et regardent les trucs underground les plus nuls et disent : « Toi, mets du pognon et lance tel truc dans le monde entier. » C’est comme ça que ça se passe. Hé ! Il n’y a pas de secret, il faut bien les faire sortir de quelque part les Michael Jackson et consorts. Et c’est des poubelles qu’ils sortent, de la pauvreté forcément, sinon on ne les prendrait pas. Aux Etats-Unis si tu n’es pas connu et que ton style est inclassable, tu peux donc toujours faire une tournée. Au début j’ai fait une date, puis deux et ainsi de suite. Et une fois que je suis revenu des Etats-Unis, ça y est j’avais des dates en France.

Comment te sens-tu en France avec l’originalité de ton art, avec ton aura USA… ?

Moi je suis le mec le plus riche et le plus moderne en ce moment. Parce que je suis le mec qui arrive à se passer d’un maximum de choses sans tomber dans la misère. Je domine la situation avec un minimum de matière. Au lieu de nous parler d’économie d’énergie, on ferait mieux de nous parler de baisse de consommation pour qu’on s’éclate plus avec l’imaginaire. Aujourd’hui on découvre encore des gens qui font plein de choses super dans les milieux musicaux indépendants. Avec de très petits moyens ils inventent une forme de société vraiment cool. Et c’est peut-être un modèle à suivre, qui sait ? Si j’avais eu beaucoup de moyens à ma disposition, je n’aurais pas compris et fais ce que je fais aujourd’hui. Les cons ce sont ceux qui croient qu’on va avoir des nouvelles solutions si on a plus de giga !

On va vers une grosse paralysie ?

Oui et on ne va pas s’arrêter. On va crever de cette confiance dans une fausse intelligence.

Le site de Jean-Louis Costes
Site non-officiel de Costes

2 commentaires

cet homme est un génie
Viva Costes

Commentaire par Jean-Emmanuel Deluxe, le Lundi 23 juillet 2007 à 10:40

[...] et pourquoi pas une dernière? gonzai.com [...]

Commentaire par Jean-Louis Costes « FRICOT musiques acadiennes et francophones, le Lundi 23 juillet 2007 à 20:24

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