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JEAN-EMMANUEL DELUXE Le martyr de la pop

C'est deux petits précis de Pop culture que notre estimé collègue Jean Emmanuel Deluxe* sort ces jours ci. Tout d'abord un livre publié aux Cahiers du rock où (...) suite

C’est deux petits précis de Pop culture que notre estimé collègue Jean Emmanuel Deluxe* sort ces jours ci. Tout d’abord un livre publié aux Cahiers du rock où nous est contée l’histoire de la Sunshine pop, et plus particulièrement celle de la musique Bubblegum. Jusque ici tout va bien.

Tout s’emballe lorsque, à la manière d’un récit moyenâgeux, l’épopée du roi Arthur/Brian Wilson débute, que ses chevaliers ont été remplacés par autant de compositeurs de génie, tous tributaires du Brill Building comme d’un impôt sur la fortune des méninges.

Bubblegum & sunshine popUn royaume où le Saint Graal serait remplacé par une entrée dans le top 50 américain, le tout enrobé par une excellente préface de Bertrand Burgalat : le plus Pop des producteurs francais. Le plus immaculé des chevaliers de la table Pop. Au détour des pages, j’entrevois Jean Emmanuel Deluxe tel un évangéliste pop, rêvant d’un monde où les dessins animés de TF1 sont tous produits par Anna Barbera, où les parrains de la Star Academy sont tous des “garçons de plage”. Un monde où la pop culture est reine. Où même la contre-culture serait mainstream.

Ce livre est donc une petite friandise pour l’esprit, mais un gros pas pour l’humanité des hommes en chemises à fleurs.

Encyclopédique, souvent drôle, parfois naïf…. C’est véritablement dans le Dico du Rock’n'roll au cinéma que sa culture quasi-exhaustive de la subculture éclate au grand jour. Mr Deluxe nous invite à l’intérieur de son petit panthéon de films maudits, kitchs, parfois obscurs, mais toujours pop. Et puis il y a ce film que personne n’a vu et dont personne ne parle vu qu’il coule des jours heureux au fond d’un coffre fort pour cause de subversion: The days the clown cried, de Jerry lewis, est un film dans lequel Jerry joue un gentil clown alcoolique qui se retrouve en camps de concentration l’air hilaire à faire des blagues sur Hitler… Bien sûr, la touche pop ultime reste la présence de Serge Gainsbourg dans le casting (mais quel est son rôle, suspense…).

Le Dico du RockLe Dico du cinéma rock c’est aussi l’évocation de cette pépite pop obscure, Degree of murder, réalisée par Schlöndorff Volker (auteur par la suite du Tambour). Un film dans lequel joue la sublime Anita Pallenberg, un film qui contient, bonus ultime, ce qui pourrait bien être le seul album solo du petit copain d’alors d’Anita,, je veux bien sûr parler de Brian”je-sais-pas-trop-bien-nager-surtout-quand-on-me-frappe”Jones, accompagné par Jimmy Page et Nicky Hopkins…

Dans ses écrits, ses exhortations burlesques, Deluxe offre son monde, ses névroses, son univers irréel mêlant geek-culture et pop-fiction.

Oublions cette couverture composée par un daltonien mongole à qui on aurait confié le code couleur de Nevermind the Bollocks et plongeons-nous dans l’univers des films de zombies lesbiennes et de Blaxploitations nazies la tête la première. La pop, c’est autant une histoire de marschmallows que de naïveté. Les deux oeuvres de Deluxe le retranscrivent parfaitement, sans condescendance, et souvent avec humour.

www.martyrsofpop.com

* Vous savez, l’homme aux 87 commentaires sur chacun de ses articles sur Gonzaï, cet homme capable d’éclater la gueule d’un hérétique à coups de batte, lorsque celui-ci ne croit pas en dieu Wilson, où qu’il porte une chemise à fleurs replica

Un commentaire

Martyr de la pop ? Il ne tient qu’à nous …

Commentaire par Monsieur Aa, le Lundi 16 juin 2008 à 18:14

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