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JEAN-CLAUDE VANNIER 2008, année héroïque

Vous ne l'avez jamais entendu, vous ne le verrez peut-être jamais plus".... Cette voix m'a souvent hanté. Comme un gimmick, trace fantomatique d'un paradis perdu. Cette voix, c'est celle (...) suite

Vous ne l’avez jamais entendu, vous ne le verrez peut-être jamais plus”….

Cette voix m’a souvent hanté. Comme un gimmick, trace fantomatique d’un paradis perdu. Cette voix, c’est celle d’un présentateur dont l’histoire n’a pas retenu le nom, en introduction d’une valse à trois temps. Logique me direz-vous. Ce qui l’est moins, c’est la présence de ce jeune pianiste aux côtés de Serge Gainsbourg, un musicien venu du classique, vêtu d’un blouson type US College, égrenant les accords de La noyée.

JCVCet esthète, à même pas la trentaine, possède déjà à son actif un palmarès dont peu de musiciens peuvent se targuer. Et nous ne sommes qu’en 1971. Melody Nelson vient à peine de sortir, peine à s’écouler dans les bacs, victime d’une incompréhension bien française. La légende est en marche, elle ne s’arrêtera plus. L’histoire retiendra, post-mortem, le nom d’un homme (Gainsbourg) en omettant de préciser que Melody n’aurait pas vu le jour sans son Nelson (J.C. Vannier).

Jean-Claude Vannier, devenu depuis vieux lion, ressort aujourd’hui les griffes en remettant les pieds sur les planches. Remettre les gants, affronter le public, défendre sa cause.
En octobre 2008, à la cité de la musique, le chef d’orchestre/compositeur/arrangeur rejouera intégralement Melody Nelson et L’enfant assassin des mouches, son oeuvre la plus personnelle, composée dans la foulée de Melody. Nous sommes en 1972, et il faudra attendre 36 ans pour que Because décide de rééditer l’album vendu à l’époque avec des magazines.

Bien évidemment, en l’espace de quarante ans, les cargos cultes ont laissé une traînée blanche dont la fin de siècle a su retrouver le chemin. Ce sont ces vieilles mythologies dépoussiérées, ces foutaises d’”album qu’on écoute une fois par an dans le noir” qui ont aidé à retrouver le chemin des “lumineux coraux des côtes guinéennes”. Quarante ans plus tard, Jean-Claude Vannier décide de rejouer ses compositions entouré d’une pléiade de musiciens et d’interprètes prestigieux, de Daniel Darc à Alain Chamfort en passant par Brigitte Fontaine.

Doit-on prendre les messies pour des lanternes ? Se prosterner devant les cultes ? C’est toujours un peu le même procès qui s’installe dans ce genre de situation. Toujours est-il que l’événement de la fin 2008 se jouera sur les planches de la Cité de la musique, pour quelques centaines de croyants.

Vous ne l’avez jamais entendu, vous ne le verrez peut-être jamais plus”….
Plus que jamais, le présent s’écrit ici.

7 commentaires

Bon sang, je ne sais pas si c’est l’enrobage de mots volés au beau Serge qui me prépare à cet effet, mais j’adore quand tu plaques des phrases comme “prendre les messies pour des lanternes”.

Chapeau, chef…

Quand à la cité de la musique, je donnerais une bonne part de ma famille [Que les intéressés contactent le journal qui transmettra] pour y être.

Commentaire par Hilaire Picault, le Lundi 1 septembre 2008 à 12:26

Il faudra voir ça ! Et avec un peu de chance Brigitte Fontaine sera malade.

Commentaire par Syd charlus, le Lundi 1 septembre 2008 à 15:17

Oui, Vannier l’arrangeur génial, qui a tant fait pour Gainsbourg, mais aussi Brigitte Fontaine, Polnareff, Dani, Ricet Barrier, Françoise Hardy etc…
Mais bon.
Il faut quand même remettre les choses à leur place : Gainsbourg sans Vannier n’a cessé d’enchaîner les albums merveilleux. Vannier sans Gainsbourg a enregistré un beau paquet de disques de merde.

Par ailleurs, si Because a mis 36 ans à rééditer le très très surestimé “Enfant Assassin…”, Universal, eux, en ont mis 38 pour rééditer la BO “Cannabis”, véritable chef-d’oeuvre de l’axe Gainsbourg/Vannier. Il y en a maintenant des gros tas de vinyle dans toutes les FNAC. Courez.

Commentaire par Ooh-oOH-man, le Lundi 1 septembre 2008 à 9:58

longue vie et gloire au vannier

en tant que ultra fan ce retournement d’interet pour sa carrière n’est que bien mérité
quel arrangeur sans lui de nombreux disques n’auraient jamais vu le jour

à quand aussi un article sur le baron Estardy ?

Commentaire par number 9, le Lundi 1 septembre 2008 à 19:32

et il y aura les zicos d’époque à ce concert ?

Commentaire par Alexis Kacimi, le Lundi 1 septembre 2008 à 8:44

tiens en passant par là, remarquons une bizarrerie des flamboyants musiciens français de cette époque, ils finissent tous en é :
Vannier, Colombier, Goraguer, Loussier, de Roubaix …
seuls les détails comptent en effet

Commentaire par KtOf, le Lundi 1 septembre 2008 à 22:07

On fera comme si Ooh-Ooh-man n’était pas passé par là. La surdité est une infirmité, comme l’insensibilité et la vue basse. Il y a plus dans un quart de demi rictus de JC Vannier que dans la sirène de pompier de tel ou tel. Con prend qui veut…

Commentaire par A-B Linz, le Lundi 1 septembre 2008 à 22:46

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