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JACQUES DUVALL Bloody mary, saloon, pays plat…

Boots espagnoles qui claquent en rythme et guitares qui hurlent l’accord en septième sans pitié. Le tout traversé par cette voix nonchalante déclarant des histoires grandiloquentes, souvent absurdes. (...) suite

Boots espagnoles qui claquent en rythme et guitares qui hurlent l’accord en septième sans pitié. Le tout traversé par cette voix nonchalante déclarant des histoires grandiloquentes, souvent absurdes. Donc réelles. Voila Jacques Duvall, cowboy de Belgique, auteur d’un des albums méconnus de 2007 . L’excellent Hantises. Un album à vous foutre les jetons sur une voix baryton.

Il y a un je-ne-sais-quoi d’inqualifiable dans cette musique, une soupape cachée dans laquelle se blottit la chose profonde. Ce petit plus que peu d’Européens ont réussi à déclencher dans un album, à part les anglais. Mais les anglais sont-t-ils Européens?

Des spectres qui planent au dessus de nos têtes, des tas d’obsessions enterrées six pieds sous terre, le genre à vous foutre le cerveau en l’air. De la pop de Nancy Sinatra au dernier des ploucs country. Voila une autre synthèse de la musique Duvallienne.

Duvall sera à Paris le 20 février au Centre culturel de Wallonie Bruxelles avec ses interprètes (Marie France, Alain Champfort, etc..) pour un concert non-fumeur (c’est la loi qui le dit) en compagnie de Miam Monster Miam, notre ami défroqué du cerveau. Et quelques guest-star dont nous vous reparlerons plus tard. Pour l’instant c’est focus sur Duvall et ses névroses. Sa vie son œuvre comme on dit.

Rendez-vous le 20 février. En attendant… Lustrez vos flingues.

Il parait que tu n’as pas commencé ta carrière directement dans les année 2000, qu’avant de devenir le Johnny Cash francophone entouré de Freaks Wallon… tu étais un autre. Mais que pouvais-tu bien faire avant? Postier?

Aussi incroyable que ça puisse paraître j’ai un peu travaillé avant de gagner ma vie avec mes chansons. Dans une banque, dans une librairie, dans une station-service, dans un cabaret comme disquaire (c’est le nom qu’ils donnaient pour dj) et dans une médiathèque où j’ai rencontré la maman de Lio. C’est parti de là (Duvall est l’auteur de Bananasplit de Lio, NDR).

Et c’est là que tu chopes une malédiction en bossant avec Elsa?

J’ai effectivement planté la carrière de la pauvre Elsa. Cette jeune fille vendait des millions de disques au moment où sa maison de disques m’a demandé d’écrire pour elle. J’ai décliné une première fois, puis ayant craqué sur une chanson en duo avec Voulzy, j’ai fait des textes sur de superbes mélodies italiennes et le résultat ne s’est pas fait attendre: 200.000 exemplaires vendus, dix fois moins que ce qu’elle vendait avant moi…

Pour revenir à ton album, Hantises est un véritable effort blues… rock… quelque chose de près de l’os…

L’album blues. Une idée que nous avons piqué à un compatriote à nous, un certain Jean-Phi’ Smet. Les Belges et le blues, vous savez c’est une vieille histoire. Dans les années soixante à Anvers il y avait Ferré Grignard, et personne en France hélas ne connaît Roland Van Campenhout qui sévit encore aujourd’hui. Il avait fait ce groupe avec Arno, Charles et ses Lulus.

Comment imaginez vous que les gens vont recevoir un album comme Hantises, alors que nous sommes en France… Qu’il ne s’agit en aucun cas d’une musique populaire?

Les gens vont adorer, je le sens!

Bon mais sinon, vous avez beaucoup d’amis dans la musique en France, de par vos contribution en tant que parolier… et vous avez l’air de tous faire parti d’un grand club d’oubliés…Impression?

Snob comme je suis, je trouve ça super d’avoir l’air oublié. Bon, j’en vis quand même depuis trente ans, c’est finalement plus que je n’aurais osé rêver. Je crois qu’on court tous derrière ce qui va nous tuer, c’est-à-dire le succès. Moi j’ai bien retenu la fable de La Fontaine. Ce lièvre avait bien raison de flâner en chemin.

Comment passe-t-on de la grande musique populaire 80’s a l’underground 00?

Faut être honnête on le fait pas exprès. Mais les deux positions ont leur charme.

Quelle qu’en soient les raisons, il y a une certaine redécouverte de pureté la dedans. On ose imaginer que vous êtes maintenant très proche d’une musique qui vous obsède plus que la pop non?

C’est paradoxal mais j’étais plus puriste quand j’écrivais Banana Split. Sans blague. Enfin, c’est pas paradoxal, c’est normal, j’étais jeune. Le désir de pureté m’a passé, je n’ai plus peur de me salir les mains. Jay Alanski me disait tout le temps: “Tu verras que ce qui est le plus dégueulasse c’est de garder les mains propres”, il avait tout-à-fait raison.

Et puis il y a cette rencontre avec les gens de Freaksville: l’alliance de deux générations…

Le jour où ils m’ont appelé c’était mon jour de chance. Phantom c’est un grave groupe, franchement. Benja est un peu barré mais c’est juste le genre de malade que j’aime bien. Je suis fier de faire partie de cette bande de Liégeois, enfin heureusement Geoffroy est Bruxellois comme moi.

Comment interpréter le fait d’avoir plus de chances de plaire aux gens plus jeunes que soi plutôt qu’au personne du même âge?

Oh je crois que tout le monde peut y trouver son compte, les jeunes cons comme les vieux schnocks.

Les personnages de vos textes sont toujours marqués d’un certain extrémisme de vie, au fond, vous êtes quelqu’un a l’esprit extrême?

Heu, c’est marrant, je me voyais vachement mesuré comme mec.
J’ai des positions extrêmes de temps en temps mais je m’y cramponne pas. Je passe assez facilement d’un extrême à l’autre en fait. Donc quand on fait la moyenne, je suis hyper équilibré.

C’est quoi cette histoire d’amour entre vous et votre vieux blouson élimé?

Je trouve que les gens balancent trop facilement leurs vieilles fringues. Merde, voilà un blouson qui a été bon pour moi, il m’a tenu chaud, il a des poches là où il faut, pourquoi je prendrais une connerie de nouveau blouson avec les poches placées à des endroits différents, déjà que je perds souvent mes clés. Tout ça parce qu’il a quelques accrocs? La fidélité en amour je trouve que c’est un faux débat, ça n’a aucune importance, mais c’est pas demain que je tomberai amoureux d’un autre blouson, ça je peux te le garantir.

Jacques Duvall // Freaksville Cabaret // Centre Wallonie Bruxelles, 7 rue de Venise, le 20 février 2008 à 20.00

http://www.myspace.com/phantomfeatduvall

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