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INSTANT FLIGHT Arthur Brown & co

La Bellevilloise, Paris, samedi 14 juin 2008 Il est presque une heure du matin, mes jambes peinent à me soutenir. Bientôt cinq heures que je suis enfermé dans ce (...) suite

La Bellevilloise, Paris, samedi 14 juin 2008

Il est presque une heure du matin, mes jambes peinent à me soutenir. Bientôt cinq heures que je suis enfermé dans ce lieu, à la recherche de l”oxygène dont les vieux soixante-huitards semblent cruellement manquer. Une bande de vieux dégarnis ventripotents arguant à qui mieux mieux du préchi-précha con-con sur les années que la jeunesse n’a pas vécues. La bise aux hippies dégarnis, et une franche envie d’en finir une bonne fois pour toute avec les mystiques mi-héroïques mi-syndicales.

Le post-révisionnisme, c’est une affaire de génération. Les nouvelles reconnaissent sûrement plus de mérites à Nicolas Ullman ou Julien Doré qu’à Cohn-Bendit et Jean Eustache.

instant-flightPerdu dans ce flot de mots, un groupe sur scène, underground. Littéralement, au sous-sol. Un backing band accorde ses guitares, il est 01H13 lorsque le concert commence, et qu’Arthur Brown, celui qui débutait en 1967 aux côtés du Floyd, Procol Harum et Soft Machine à l’UFO de Londres, entre en scène. Je ne sais pas encore que je vais vivre l’un des meilleurs concerts de 2008, un subtil croche-pied à la notion du temps, lorsqu’on y pense.

Exception faite de la prestation d’Arthur Brown, à classer entre le génial, le grand, le sublime, l’arc-en-ciel et la descente des anges sur terre quarante ans après le flower power, quelque chose d’unique, une voix intacte après quatre décennies, qui rappelle Ian Gillian du Purple, l’anticipe, la surpasse, que le vieux dégarni livre un spectacle, comme, il faut bien l’admettre, les nouvelles générations n’en sont plus capables et que tout le monde a oublié cela après s’être farci des “bonjour Paris nous sommes les X”, bref, exception faite d’Arthur Browne, il y a un groupe qui joue derrière. Instant flight, un cœur qui bat pour son leader, un groupe anglais sûrement plus jeune de vingt ans, continuant le boulot débuté par le Jefferson et Syd Barrett quarante ans auparavant.

Un groupe qui débute un concert par une introduction sur des gammes comme on n’en voit plus, avant de subtilement l’enchaîner au A hard rain’s gonna fall de Dylan (ou Brian Ferry, si vous êtes plus jeunes).

Une émotion qui transperce l’échine, se passe de mots, fait rapidement regretter de ne pas avoir été là, en 1967. La seule concession, ce soir, à un concert magique, dont je pourrai aussi dire, l’air fier, que “j’étais là ce soir, lorsqu’ils ont joué”.

Vivement que je sois vieux, con, rabougri, nostalgique et que j’EMMERDE les nouvelles générations avec mon culte de jatte.

Top of the mountain

 

www.myspace.com/instantflight

Un commentaire

…et en plus ils ont joué “Kites” de Simon Dupree & the Big Sound! Quel concert !

Commentaire par chicro, le Lundi 16 juin 2008 à 9:11

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