C’était il y a très longtemps. En juin 76 je crois. On raconte qu’à ce moment le monde, leur monde, battait au rythme du punk rock. Tout le monde défoncé aux amphét’.
Je vous ai dit que c’était il y a longtemps…
Par contre l’endroit n’est pas des plus destroy. L’histoire commence à St Tropez. Alain Benoist et Hervé Pinard, deux exilés de la pub, lancent à St Trop la comète branchée Façade. En treize numéros (de 76 à 83) ce magazine est devenu la référence ultime des sous-sols dans le coup. Il suffit de prononcer ces six lettres pour passer de l’autre côté. Une dimension sombre et secrète. Surtout ne pas en parler à n’importe qui. On s’échange les numéros non datés comme des tracts de la résistance. Sous le manteau ou derrière le bar.
Et il y a de quoi. Parce que Façade abrite derrière ses pages tout ce que Paris compte de jeunes gens modernes. On parle ici de Pacadis ou Yves Adrien. Des branchés d’hier (Jean-Edern Allier) et d’aujourd’hui (Thierry Ardisson) ; des artistes majeurs aussi (Pierre et Gilles). On y voit Gainsbourg ou Andy Warhol en couverture.
La nuit venue tout ce petit monde se retrouve au Palace. Et y invente la branchitude.
Et ce peut-être bien malgré eux. Parce que Paca’, il était loin de s’imaginer ce que ca deviendrait. L’avant-garde semble avoir disparue. Il suffit de voir les images de la soirée pour la sortie prochaine du quinzième Façade pour comprendre. Y’en a un qui a du faire un bond dans sa tombe.
On dit au revoir à l’anticonformisme et à la décadence. Incultes et vieux bourgeois, soyez les bienvenus.
http://paris70.free.fr/facade.htm




ETRE DIEU
Mouais, ça me fait un peu sourire de voir “Façade” associé à l’anticonformisme et à l’attitude “rebel”, alors qu’à l’époque, pour ceux qui se étaient dans cette mouvance, gauchistes, punks, etc.. ce magazine somme toute assez “people”, ainsi que le Palace, le night clubbing, etc… étaient considérés comme des comportements plutôt bourgeois et récupérés, même si ça tout ça se passait dans un milieu soi-disant “d’avant-garde”, mais assez friqué et snob quand même (c’est une remarque, pas une critique). J’ai même entendu des commentaires comme quoi “le night-clubbing avait tué les idéaux de cette génération”, alors que ce n’était qu’une conséquence de ses désillusions, en aucun cas sa cause.
La présence de Pacadis ne doit pas faire illusion, Alain aimait fréquenter tous les milieux, des plus sordides aux plus jet set, il n’avait pas de barrière idéologique ou autre qui lui interdisait de le faire.
Je n’étais pas à la soirée “Façade”, mais s’il y a une avant-garde aujourd’hui, et je ne vois pas pourquoi il n’y en aurait pas, ce n’est certainement pas là qu’elle se trouve !