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iLiKETRAiNS La charge héroïque

We all fall down, Twenty five sins, The deception, The voice of reason, Death of an idealist , Remenants of an army, We go hunting, Come over, (...) suite

We all fall down, Twenty five sins, The deception, The voice of reason, Death of an idealist , Remenants of an army, We go hunting, Come over, Spencer Perceval, Epiphany, Death is the end… Tout ça pour dire que c’est le premier long format (Elegies to Lessons Learnt) des cinq anglais et qu’ils ne sont pas là pour rire.

Ils seraient plutôt là pour faire trembler dans les chaumières. Je l’ai compris en découvrant fin mai 2006 Progress – Reform, leur premier EP. Sur sa peinture sanguine un sticker célébrait l’union de Nick Cave et de Sigur Ros. Et c’était ça : les ténèbres de l’Australien se mêlant à la féerie des Islandais pour donner un genre de… Mogwai et d’Explosion in the sky. Des atmosphères rock non pas tombées du ciel mais sortant des entrailles du sol, de l’Histoire.

Car ce groupe a ceci de particulier de puiser son inspiration dans des faits historiques… j’allais dire underground. Mais c’est ça : En exhumant les story de l’explorateur anglais Robert Scott, mort en 1910 lors d’une expédition en Antarctique, ou du joueur d’échec américain Bobby Fischer, champion du monde en 1972 qui refusa ensuite de mettre son titre en jeu, Iliketrains nous livre une Histoire secrète, tragique, où tout le monde perd.

D’où cette voix grave, profonde et ces orchestrations, caverneuses et guerrières. Ici on dresse des monuments aux morts, alors on évacue tout second degré, on s’habille classe, avec des uniformes ayant appartenus à la société des chemins de fers britannique, et on sonne la charge, héroïque, en rassemblant les armes mythiques des anciens. Guitare, basse, batterie, orgue, trompette : ici se trouvent les plus longues, les plus planantes et plus tribales qui soit.

Partant de là, musicalement on n’était pas vraiment en Terra Nova, plutôt sur des rails, surtout que ces 7 morceaux exploraient sans relâche les mêmes ambiances, forgeant un style très reconnaissable. Mais c’était beau, obsessionnellement beau, et ça vous laissait juste ce qu’il faut sur votre faim. Comme le fit un an plus tard les deux titres du single « Spencer Perceval » nous racontant cette fois l’assassinat en 1812 de ce premier ministre britannique.

On était en mars 2007 et Iliketrains n’avait pas bougé d’un iota. Leur premier long format était prévu pour octobre et je me demandais s’ils n’avaient déjà pas tout donné, leurs plus belles fresques et plus beaux sujets, et si c’était si judicieux que ça qu’un groupe comme eux se risque à nous tartiner 11 titres parce que c’est, pour l’instant du moins, encore un passage obligé de l’industrie du disque, alors que leur musique respirait si bien sur format court.

J’avais à moitié tort. Avec Elegies To Lessons Learnt, on retrouve la patte du groupe, ces tempos lents dans lesquels on s’embourbe, ces guitares qui filent la chair de poule à chasser les araignées au plafond, et cette convergence soudain qui fait que tout éclate en rythmique militaire et saturation chevaleresque. On retrouve Perceval, on découvre Dr William Brydon, célèbre pour avoir réchappé à un massacre pendant la première guerre Anglo-Afghane.

Je me dis qu’Iliketrains c’était mieux avant. Que c’est comme les bonnes choses, meilleur à petites doses. Mais c’est à moitié vrai vous dis-je. Car c’est à une guerre qu’ils nous convient-là, non à une dégustation entre amis. Oui, c’est long, dur, répétitif, éprouvant, solennel, morbide, pompeux. Ça vous offre à peine une pause pipi en plage 10 avec un Epiphany qui ressemble fort au Treefinger de Kid A. Mais c’est bon aussi, beau. Du grand Art.

iLiKETRAiNS //Elegies To Lessons Learnt // Beggars Banquet

http://www.myspace.com/iliketrains

Un commentaire

excellent! très belle chronique Sylvain. ça fait du bien aussi parfois les albums homogènes, meme longs, qui narrent les histoires d’antan bien morbides et si vraies.
bien envie de découvrir la suite! magnifique album pour halloween ;-)

Commentaire par lily, le Lundi 5 novembre 2007 à 18:19

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