Récemment. Soirée sympatoche entre potes chez moi. Musique tout aussi sympatoche en bruit de fond. “Ça ne casse pas trois pattes à un canard” me sort l’un deux. “Oui mais on est plus là pour discuter que pour scotcher sur le son. Mais si tu veux vraiment écouter de la ‘zique je te mets Star Like Fleas.”
Voilà le genre de menace que vous permets de faire The Ken Burns Effect. Un disque qui impose le silence. A ne passer qu’en présence de fans hardcore de Rock Bottom. Pas le genre de trucs à faire se déchaîner les foules donc.
Pourtant ça démarre jovial. Head Hoax : cris de joie, youpi ya. L’impression d’être baptisé par une communauté hippie. Qu’on vient de jeter habillé dans le lac de leur comté ou de s’enfiler cul sec l’alcool du crew.
La première gorgée déchire. Grosse disso free jazz tombée de nulle part. Mais ensuite ça se diffuse plus calmement. On s’acclimate et se laisse aller au dilatement de ce Karma’s Hoax. Cette voix et cette musique emplies d’une désolation enchantée nous maintiennent la tête au-dessus du vide. Sentiment d’espace, de félicité. De tristesse et de joie mêlée.
C’est comme si on entrait dans un temple, qu’on découvrait une messe pantagruélique. Parfois c’est chaste, contemplatif : vous n’entendez aucune guitare, aucun piano, aucune corde, aucun cuivre mais un même chatoiement, une nébuleuse sonore abandonnée à sa propre lévitation, ses multiples bourgeonnements. Parfois ça festoie : vous avez le making-off terrestre de tout ça, les bruits des oiseaux, de l’équipage, des voix, un amoncellement mélodique jubilatoire très fanfare pop.
Tout s’étire dans un feeling cosmique-incantatoire-océanique-et-panthéiste
Un vague name dropping agite encore nos neurones : on pense à Sigur Ros (c’est produit par Valgeir Sigurdsson), à Mercury Rev (quelques membres du groupe sont de la partie), à Grandaddy, Guillemots. Pour ce troisième album, le collectif new-yorkais s’est même nourrit des membres des Fiery Furnaces, Beirut, TV on the Radio et The National.
Impossible de tous les citer, impossible de retenir le tracklisting de le chose (comme dans Talk about particular generalities, magnifique disque de Paul Stuart and the Sweet Powerpack) : on flotte perdu dans les hautes sphères jusqu’à ce que Some Nettles ne retire, d’un souffle, un cri, le tapis volant et le brasier stellaire.
Stars like fleas // The Ken Burns effect // Talitres
http://www.myspace.com/starslikefleas
5 commentaires
Si Deserter’s Songs est une blague, c’en est une bonne et j’en redemande (malheureusement ensuite Mercury Rev a fait de vrais bides). Non, sérieusement, pour ce qui est de savoir q’il s’agit là du “vrai” ou du “faux” Mercury Rev, je n’en sais rien et à la limite on s’en fout, non ? La musique de Star Like Fleas se passe bien de ce genre de précisions.
découvert ce site à l’instant, et ce disque à l’instant aussi. très beau bien qu’indécis sur leur myspace. il faut que je prolonge l’expérience par une écoute prolongée sur disque. cui.
cdp
[...] STARS LIKE FLEAS - The Ken Burns effect | GonzaR [...]




ETRE DIEU
Mercury Rev, le vrai de la grande époque ou la blague née avec deserter’s songs ?