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I & FUSED Slow eater

Paris, un dimanche soir. L’un à l’autre: “Montre un peu les disques que tu as reçu cette semaine…” L’autre à l’un: ” Tiens y a bien cet album, là, sous (...) suite

Paris, un dimanche soir.

L’un à l’autre: “Montre un peu les disques que tu as reçu cette semaine…”

L’autre à l’un: ” Tiens y a bien cet album, là, sous celui du crooner à piano (Discorama de Bertrand Soulier, le meilleur autopastiche francophone mixant Miossec, Sheller, Biolay, Benabar, vraiment, dans la catégorie abus de biens sociaux je le recommande à n’importe qui .. mais… c’est une autre histoire), oui c’est celui là, Slow eater. Ecoute ca. J’arrive pas à lire le nom du groupe. I & Fused Non, pas encore écouté. Laisse tomber c’est français et la pochette est pas géniale. Viens on réécoute Bob Trimbble.”
C’est avec ce genre de préjugés ô combien parisianistes qu’on passe à coté d’albums enregistrés dans la plus grande tradition contemporaine 2008 (Production irréprochable sur Garageband, voix robotique, delta blues équitable).

I & Fused ne fait pas exception à la règle tordue. Slow eater est joli, mignon, pochette croquignolesque, rempli jusqu’à la gueule de compositions propres (Il faut oser les cuivres sur le très Fujiya & Miyagi Fair wav) et de Rhodes sur lesquels il ne doit pas y avoir trop de cendres de cigarettes. Cependant, la moitié de The Shoppings propose avec cet album une alternative tout à fait digne, une fois qu’on a mis de coté le cynisme que nous inspire la musique alternative française. De grandes plages ouvertes (Better believe) en micro comptines blues, I & Fused n’est pas à proprement parler le groupe qui marquera la prochaine décennie, vous réveillera la nuit parce qu’il vous fallait encore l’écouter. Encore moins l’album des référendums 2008. C’est un crossover entre l’expérimentation et la tentative d’une musique globale à 93 BPM pour les salariés qui rentrent du travail. Un moment de repos après l’effort, le cerveau tout droit dirigé vers la bière du soldat.

// Paranoid // paranoid.mp3

Une noblesse dans l’intention (forcer les gens à boire après le boulot, pour reposer l’âme) et quatorze chansons qui sans marquer les esprits donne envie d’arrêter –l’espace de deux heures- de chercher des pépites soniques datant de Bauhaus et des 60’ du nord-est de Londres.
Parce que quelques fois il faut savoir apprécier la simplicité.

Slow Eater est parfaitement enregistré, qui, tout en lorgnant vers Brighton et les sonorités anglaises, reste un album agréable. Et loin de moi l’idée de penser que c’est une insulte.

http://www.myspace.com/ifused

I&fused // Slow eater // Ici d’ailleurs

2 commentaires

Ah, je me disais, pourquoi chronique-t-il ce disque le Bester ? Est-il parti pour en dire du bien malgré les à priori ? Me voilà “rassuré”. Ce disque m’a fait ni chaud ni froid aussi.

Commentaire par sylvain, le Lundi 4 février 2008 à 2:01

sympathique chronique… Assez d’accord quand à la définition bobo trentenaire du public cible. mais je serai moins “parisien” dans l’affect envers cet album… je suis assez fan à dire vrai… Peut être est ce lié au fait que je l’ai découvert sur un bon autoradio en faisant l’amour en pleine montagne… Mais je l’ai ré écouté en boucle et au casque, ça grouille de sonorités, tout en restant super homogène, il doit y avoir 500 instruments, et ça reste léger et super mélodieux…

Commentaire par kevin, le Lundi 4 février 2008 à 18:51

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