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HUGH COLTMAN Stories from the safe house

Lorsqu'on analyse la new folk française en émettant l'idée qu'elle donne le SIDA sans rémission, on est toujours, sans que je comprenne encore pourquoi, taxé d'extrémiste aux idées (...) suite

Lorsqu’on analyse la new folk française en émettant l’idée qu’elle donne le SIDA sans rémission, on est toujours, sans que je comprenne encore pourquoi, taxé d’extrémiste aux idées dérangeantes.

Est-ce ma faute, après tout, si les albums intimistes d’Herman Düne sonnent plus traine-savate que le pire des albums de Dylan? Dois-je porter seul le fardeau d’une génération incapable d’agir autrement qu’en bougeant l’auriculaire au son des yukulele? Soko ne mériterait-elle pas, finalement, de chouiner ses chansons dans un Charter direction Singapour comme autant d’Européens de l’est dans le métro ligne 5 aux heures bondées?

A 04H08 du matin, les idées se brouillent, la lucidité veille.

HUGH COLTMAN Toujours est-il que l’album trône sur la platine depuis près d’un mois. Je dirais même mieux: il tourne dedans. Très vite, en dépit du débit très lent. Hugh Coltman et ses “histoires racontées depuis la maison clean” bousculent lentement ma conception du slow-singing. Une guitare acoustique, un barbu, et pourtant aucune envie d’immoler le gamin d’à côté pour faire taire le barde*. Son truc à Coltman c’est tout simplement l’accouplement des genres hybrides. Prendre la sensualité revêche de Jeff Buckley, tremper le corps (pardon pour le syllogisme) dans un bocal Stevie Wonder et faire sécher sous le soleil de Mississipi John Hurt. Ce n’est rien de moins que ça. On my hands, cinquante écoutes successives, Could you be trusted un peu moins (quarante cinq) et petite baisse pour Something wicked this way comes (une vingtaine).

L’album trempe dans le soleil, la voix de Coltman dans les larmes. Salé sucré sur la langue du franco-londonien et au final quarante sept minutes de pur bonheur qui auraient tendance à me rassurer sur la capacité des barbus à se foutre à poil. Ni pute ni soumise, la musique de Coltman transpire l’honnêteté, le DIY et les p’tits croquis qu’on s’échangeait à la récré. Rien que ça.

Avoir les moyens de composer un album de cette trempe en cette fin de décennie, c’est encore un peu d’espoir pour ceux qui croient que la crise énergétique tuera définitivement le rock et ses ambitions vaines (mourir d’overdose, sortir dix fois le même album avec le tube placé sur la troisième piste et le recours à Photoshop pour la photo du best-of). J’acquiesce.

Il est bientôt l’heure de nous quitter, la lumière lentement descend son fard à paupière, je crois encore à l’humanité toute entière à la cause des barbus. Mais qu’on ne me parle plus de Nu-Folk et de bons sentiments, de tongs et de congés payés.

* Que les sceptiques se rassurent, je n’ai aucun problème de comptabilité avec la scène folk parisienne, encore moins de griefs justifiés hormis le fait qu’AUCUN D’EUX N’EST CAPABLE DE COMPOSER UNE CHANSON DIGNE DE CE NOM.

Hugh Coltman // Stories from the safe house // ULM

www.myspace.com/hughcoltman

6 commentaires

Pourquoi se limiter à la scène folk parisienne ? La scène folk française DANS SON ENSEMBLE n’est pas capable de composer une chanson décente!
Ce sont tous de petits marcassins, qu’on les lâche donc tout seuls dans la forêt sans lampe torche …

Commentaire par Monsieur Aa, le Lundi 3 novembre 2008 à 2:41

Cher Monsieur Aa,

Vous me donnez la possibilité de saluer mes amis de la Maison Tellier, au passage.

Merci pour cette rectification, car effectivement, je pense tout pareil.

Commentaire par Bester Langs, le Lundi 3 novembre 2008 à 2:49

Je viens d’écouter : mou(ais) mou(ais)

Commentaire par sylvain, le Lundi 3 novembre 2008 à 20:39

Jsui pas d’accord, je trouve que des groupes comme Cocoon, Jocari ou Paco Volume envoient du steack:)

Commentaire par Matt Oï, le Lundi 3 novembre 2008 à 0:39

Du steak ? Du steak sans sucre, alors …

Commentaire par Monsieur Aa, le Lundi 3 novembre 2008 à 2:10

Hey there,

Je vois que vous passé en revue Hugh Coltman et j’ai pensé que vous pourriez être intéressé par Robin Gray de l’album “Only The Missile”. Hugh harmonica joué sur l’album.

Robin sorti sa musique gratuitement en vertu d’une license Creative Commons et vous pouvez le trouver ici http://www.jamendo.com/en/album/30315.

Best Wishes,

Carolyn

Commentaire par carolyn, le Lundi 3 novembre 2008 à 18:14

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