“Collectionneur de causes perdues cherche artiste à aimer confidentiellement.”
Voila ce que j’ai cru lire en écoutant les compositions d’Hugh Coltman, au premier abord. Depuis, je suis retourné sur son myspace, et toujours cette désagréable impression de me retrouvé gueule contre gueule avec un batelier de Venise ayant trop écouté Morning Star, Stevie Wonder et Macca.
“Jeune homme, la trentaine, cherche public pour s’asseoir dans la pénombre”
hugh ColtmanPlus de trente minutes déja que j’écoute Good eyes sur la platine (virtuelle), et toujours cette question qui revient, en boucle, inlassablement: “MAIS PUTAIN QUI VA ACHETER CETTE MUSIQUE?”
Depuis que le fils Buckley a bu la tasse, plus personne ne s’intéresse au lyrisme dans la folk-song, tout plus, les gens se disent entre eux “tiens, on dirait Jeff”. Eh bien oui, Hugh Coltman, on dirait Jeff. On dirait aussi d’autres choses, Coltman, c’est la révanche des guitaristes qui n’ont jamais réussi à emballer avec leurs compositions, sur les bancs de bois séchés du Paris intra-muros, c’est l’expression concrète d’un Lovely Rita qu’on a tous entendu au lycée, lorsque le pseudo beau gosse du coin vous chipait toutes les nanas avec sa sensibilité à fleur de peau.
“Guitare, pas trop vieille, cherche maître dominant. Tu seras doux, gentil, et fidèle. Queutards s’abstenir”
En creusant, j’apprends qu’Hugh (je l’appelle par son petit nom) a déjà sorti trois albums chez des majors, qu’il a perdu son coeur en France (il est anglais) et qu’en 2008, il cherchera désespérément à briser vos coeurs. A la question “le folk a-t-il un avenir”, je réponds “oui, si une bombe H anéantit sur le champ tous les trendy-french folkeurs (non, je ne citerai pas la Maison Tellier, Cocoon, Soko, etc… je vous embrasse tous) et conserve le coeur du sentiment, le fond du problème: le pathos.
Voices
http://www.myspace.com/hughcoltman




ETRE DIEU
Merci pour cette pépite.
Quand j’écoute du folk-song de cette envergure, je pense souvent être le seul sur cette planète à apprécier. Comme un vague sentiment de m’approcher d’une espèce en voix d’extinction.
Heureusement que non. Parfois, au détour du conversation, tu rencontres UNE personne qui connaît et aime ce musicien. Et celle-ci est souvent dans la même situation que toi.
S’ensuit alors une complicité tacite des plus appréciable. (Complicité qui n’est pas à confondre avec du snobisme ou un quelconque élitisme à deux balles.)
Il y a quelques années, dans une boutique Harmonia Mundi, je tombais par hasard sur le premier album de Piers Faccini. C’est de cet album que me vient cette modeste réflexion.