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HUBERT SELBY JR Last exit to Brooklyn

Last exit to Brooklyn, le velvet compilé en nouvelles ... Quoique... A vrai dire en comparaison aux short stories qui peuplent ce livre, les chansons de Lou Reed (...) suite


Last exit to Brooklyn, le velvet compilé en nouvelles … Quoique… A vrai dire en comparaison aux short stories qui peuplent ce livre, les chansons de Lou Reed et de sa joyeuse bande paraissent un brin fleur bleue ; c’est dire la violence de l’écriture de Selby. On ne sort pas indemne des ses contes urbains. Last exit to Brooklyn, recueil de six histoires d’une humanité bouleversante. Selby est le Céline américain, mais un Céline branché sur le rock n roll et la benzédrine…

Last exit to Brooklyn est un roman rock qui récupère toute la sémantique rock ‘roll, voire punk. Selby nous projette à la gueule un univers urbain, peuplé de travelos défoncés, de nymphomanes, de folie humaine. Selby a une écriture bien à lui, une prosodie personnelle, il écrit comme un mec parle sous speed ; il emmerde la ponctuation dans un flow de paroles continues. Il nous raconte 6 histoires de loosers magnifiques qui marchent main dans la main avec la mort…

De jeunes gamins qui dépouillent des marines juste pour le plaisir divin de l’ultra violence ; Georgette, le travelo romantique constamment sous benzédrine, qui atteint impatiente son prince charmant bossant à l’usine du coin. L’histoire de Tralala, adolescente nymphomane qui finit dans une décharge à l’intérieur d’une carcasse de voiture, du foutre dégoulinant de tout ses orifices… Et puis il y à Harry, personnage ultime de l’univers de Selby qui vomit au propre comme au figuré sa femme, et qui ne trouve le repos de son âme d’ouvrier torturé que dans les bras de travestis.

Ces histoires sont horribles, mais elles nous donnent tout de même envie de regarder dans le gouffre de l’âme humaine. Cela rejoint en tout point la phrase de Nick Kent, à propos de ses jours passés aux côtés de Keith :

“Je savais qu’il allait en enfer mais ça avait l’air si cool tout en bas, que je voulais aller voir aussi.”

Hubert Selby Jr // Last exit to Brooklyn // 1964

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