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HPG métaphysique des teubs

Recevant, à des fins professionnelles, le DVD HPG, mon vit mes oeuvres, je pensais naïvement pouvoir en profiter pour joindre l’utile à l’agréable en me tapant une petite (...) suite

Recevant, à des fins professionnelles, le DVD HPG, mon vit mes oeuvres, je pensais naïvement pouvoir en profiter pour joindre l’utile à l’agréable en me tapant une petite branlette entre deux studieuses prises de notes. C’était oublier que dans ce DVD ce n’est pas au HPG harder qu’on a affaire mais à l’auteur, celui qui en marge de sa carrière d’acteur X, gonzo de corps et d’esprit, tourne depuis 15 ans des courts métrages flirtant à leur manière avec le cinéma traditionnel. La branlette je l’ai donc remise à plus tard. Ce qui ne veut pas dire que je n’ai pas pris mon pied.

Dévorant hébété les 10 chapitres de ce journal intime et coup de boule filmé comme un épisode de Striptease, j’ai découvert un homme – pas cruel juste violent – qui s’exhibe comme peu le font, à la fois méta et bêta, bourreau et Golgotha.
Intrigué par cet ego-trip charriant son lot de moments grotesques, banals, angoissants et poétiques, stimulé par les obsessions HPGiennes sur l’amour, l’amitié, la fiction, le réel, je n’ai pas résisté à l’envie de contacter Hervé-Pierre Gustave pour discuter de tout ça avec lui. Mégalo comme pas deux il a sauté sur l’occasion pour se raconter et mettre les points sur les « i ». Interview à bâtons rompus chez lui, près de République, avec sa compagne Gwenaëlle en contre-champ juste derrière.On voit tout ça dans les 10 courts-métrages que regroupe HPG, Mon vit, mes œuvres, double DVD sorti en mars aux éditions Les Films de l’Ange.

Bonjour Hervé. Je suis là pour faire une interview définitive de toi.

Définitive…

La totale. Comme si c’était la dernière.

Ok. Mais la réponse, il faut que je te la fasse courte, carrée ? Que je reprenne ta question ?

Non, on discute. Tu me réponds comme tu le sens.

Ok.

Je dis “définitif” parce que tu sors un DVD qui retrace en 10 courts-métrages une grande période de ta vie. Pour certains tous ces faits d’armes font aujourd’hui de toi une icône comme le dit Télérama sur la pochette de l’objet. Que ce journal te reconnaisse le statut d’icône ça ne te fait pas bizarre ? Ça veut dire que tu es arrivé au bout d’un truc, non ?

Tu fais cette interview pour une rubrique qui s’appelle “définitive” ?

Non, il n’y a pas de rubrique précise, c’est une interview “classique”, si je puis dire.

Ok. Alors, est-ce que je suis arrivé au bout de quelque chose ? En tout cas j’aimerais que ma vie change par rapport à ce qui en est montré dans ce DVD. Parce que là-dedans je prends pas mal de drogues et d’alcool comme le montre notamment les 52 minutes de Mon vit, mes œuvres qui est une compilation de certains états paroxystiques que j’ai pu avoir durant une année. Mais c’est une compilation. Des fois des mecs s’amènent chez moi avec une bouteille croyant que je vais boire comme dans mes films mais non, je ne bois que le week-end, comme les beaufs, et ce n’est pas par plaisir, c’est pour lutter contre ma timidité. J’aimerais arrêter d’être dépendant de ça pour communiquer avec les autres. Alors actuellement je travaille sur moi pour y mettre un terme. Donc oui, on peut parler de quelque chose de définitif dans le sens où je n’ai pas envie de m’améliorer ni de devenir moins con mais de faire des conneries d’une manière différente.

Ton but, ça reste de faire des conneries ?

Des conneries non, c’est juste que j’ai une part de monstruosité ou de sauvagerie que j’accepte, qui fait de moi ce que je suis et que j’ai envie de garder. Parce que sinon après je vais faire quoi : des films sur les bons sentiments avec des fins heureuses ? Je vais donner des conseils aux autres ? J’ai déjà tellement de mal à me conseiller moi-même. Les films plein de bons sentiments, je laisse ça aux autres. Mais à part ça, je peux aussi être con sans me droguer.

Ça te fait quoi d’être perçu comme une icône ?

Ça, c’est quelqu’un de Télérama qui le dit parce que peut-être qu’on a couché ensemble, je ne sais pas. Ou peut-être que si on avait couché ensemble il ou elle dirait justement tout le contraire. Ce n’est pas parce que quelqu’un dit ça que je suis une icône. Si tu me demandes de réagir par rapport à un compliment qu’on m’a fait je peux être intarissable parce que je m’aime déjà beaucoup et j’aime qu’on me flatte. Aujourd’hui je vais donc m’abstenir de tout commentaire par rapport à une flatterie. Je laisse à cette personne le soin de ses propos.

Concrètement, les courts-métrages rassemblés dans ce DVD couvrent combien d’années de ta vie ?

Quinze, je crois. Parce que pour le premier court-métrage que j’ai fait, j’avais encore le tour du sexe poilu et des cheveux, donc ça fait un sacré bout de temps. Aujourd’hui j’ai 41 ans.

Ton premier court-métrage c’est Acteur X pour vous servir. Il paraît que tu dis que c’est le court-métrage qui t’a fait sortir du X.

Oui et non parce que je ne fais pas le distinguo entre film X et film traditionnel dans la mesure où une merde dans le X et une merde dans le traditionnel ont les mêmes défauts scénaristiques. Ce qui les différencie c’est juste que l’acte sexuel est explicite dans l’un et pas dans l’autre, même si maintenant les réalisateurs du traditionnel sont fascinés par cette sexualité frontale et essaient d’en mettre dans leurs films. Mais voilà, il y a autant de cons dans le cinéma porno que dans le cinéma traditionnel. Avant j’étais dur à l’encontre du milieu du X, mais maintenant que j’ai un pied dans les deux univers, je trouve ces gens plus touchants que ceux du traditionnel parce qu’ils ont au moins la décence de ne pas avoir pris de cours de théâtre pour mal jouer. Et puis en général, ils ont quand même beaucoup d’humanité. Les acteurs pornos sont des gens assez spéciaux que j’aime bien. Pour moi ils sont une plus grande source d’inspiration scénaristique que les abrutis dopés au cours Florent.

Tu parles précisément de ça dans le court-métrage Hypergolique.

Oui mais je n’ai rien contre ceux qui prennent des cours de théâtre. En prendre ou ne pas en prendre, là n’est pas la question, le tout c’est de bien jouer. D’ailleurs à un moment il vaut mieux prendre des cours, parce que déjà ça aide pour apprendre à gérer sa mémoire, donc voilà je vais sans doute m’y mettre, mais ce n’est pas ça qui fait un bon comédien.

Avec tes courts-métrages, tu ne cherches donc pas à sortir du X ?

Non, même quand j’ai fait mon premier long-métrageOn ne devrait pas exister ce n’était pas pour me sortir du X, parce que je ne réfléchis pas en terme de ghetto mais en terme de qualité et de sincérité. Alors maintenant comme j’ai fait ce film les gens s’évertuent à me dire que je devrais m’en sortir comme si c’était misérable ou indécent d’être dans le X, mais non.

Mais si tu t’es mis à faire tes propres films j’imagine que c’est pour apporter une qualité et une sincérité que tu ne trouvais pas dans les films porno où tu étais simplement acteur.

Non ce n’est pas ça. Je trouve mon compte dans plein de films X et traditionnels. C’est juste qu’à partir d’un certain âge tu as besoin que l’acte créatif vienne de toi et moi voilà, j’avais envie de personnaliser des envies.

Envies que tu avais depuis longtemps ?

Euh… j’aimerais bien te la jouer acteur maudit en te disant que ça fait longtemps que j’ai envie de passer certains messages mais non, parce que je suis quelqu’un d’assez instinctif,mais voilà je n’ai jamais eu de plans prémédités. Là, je suis en train de faire un deuxième long-métrage donc c’est voulu parce que ça dure des années et qu’il y a du budget, mais sinon non ce n’est pas forcément des envies qui me tiennent à cœur depuis longtemps. Là je te la joue humble parce que quelqu’un me regarde. Une jeune femme que j’aime beaucoup. Et je te dis ça parce que pour moi qu’elle soit là a une incidence sur moi. D’ailleurs, si je faisais un film, je me servirais de l’incidence qu’a cette jeune femme sur mon discours. Peut-être qu’à un moment, je vais peut-être dire un truc qui va la faire gueuler et je vais être obligé de lui demander de se taire parce que c’est mon interview, pas la sienne.

Dans ton court-métrage Autobiographie, tu montres une affiche de tes débuts en tant que Condom Man. C’est comme ça que tu as commencé dans le X ?

Ça c’est le film le plus lamentable que j’ai fait. Je me pointais en tenue de super héro et c’est une des rares fois dans ma vie où j’ai eu une panne sur un tournage. J’étais en cape avec la bite molle. Donc autant te dire que si ça avait été mes débuts tu ne m’aurais jamais revu dans un deuxième film. Donc non ce n’était pas mes débuts. Ce film c’était une mauvaise idée parce que dans un film porno tu peux faire marrer les gens avant ou après l’acte mais surtout pas pendant car le mec ou la femme qui achète ton film veut quand même pouvoir se masturber. Dans Condom Man, on a merdé à ce niveau-là. Mais j’aime bien ce film parce qu’il est plus lamentable que ce que beaucoup de gens ne pourront jamais faire dans leur vie et quand tu atteins ce degré de lamentable ça en devient bon. En plus ce n’était pas voulu. Il y avait un peu d’insouciance.

Quels sont donc tes premiers pas dans le porno et pourquoi as-tu souhaité faire ça ? Est-ce lié à une rencontre ?

Oui, une rencontre avec mon sexe. Ado, j’étais timide, personne ne voulait de moi et comme j’arrivais à avoir de bonnes érections, je suis devenu gigolo. Je me faisais masturber par des vieux garçons-coiffeurs et la pseudo-tendresse qu’ils me donnaient me réconfortait parce que je ne l’avais pas auprès des femmes. Après je suis devenu acteur porno et ça a comblé tous mes souhaits. Parce que tu as beau être timide, ne pas avoir un physique de play-boy ni une grande gueule, si tu as un sexe qui se durcit sur commande tu peux devenir acteur porno, c’est-à-dire te faire plein de nanas et être en plus payé pour le faire. Je voulais donc faire ça comme un enfant veut faire cosmonaute. à choisir je préférais être rock-star que harder. Je fais ça faute de mieux. Parce que si j’étais rock-star j’aurais plus naturellement accès aux femmes, et à des femmes plus séduisantes. Parce que dans le traditionnel les filles sont encore plus jolies que dans le porno. Franchement quand on voit la tête de nos actrices françaises, on ne peut pas dire qu’on soit vraiment gâté.

Quelle réaction ont les gens quand ils te reconnaissent dans la vie de tous les jours ?

Ça les fait plutôt marrer de me voir parce qu’ils m’imaginent déshabillé. Si je prends une douche au Gymnase Club, ils se demandent si je ne suis pas en train de tourner un film porno.

A un moment dans le DVD tu parles de ce qui t’a poussé à devenir harder et tu dis que tes deux communions ont joué un rôle…

Oui, c’est-à-dire que petit je me suis tourné vers Jésus pour avoir des cadeaux et qu’on me laisse tranquille à faire du vélo. Et c’est sûr que pour un petit être très porté sur le sexe comme moi, être obligé de se trimballer en blouse blanche avec une croix, ça m’a marqué. Aujourd’hui je suis peut-être séduit par le côté virginal que j’avais sur ces photos, quelque chose qui est maintenant loin de moi. Il y a un chemin parcouru.

La religion était très présente dans ta famille ?

Oui, j’ai été obligé de me tourner vers Jésus, je ne l’aurais pas fait moi-même. Je n’ai pas rencontré le diable en chemin, j’ai toujours eu une certaine part de noirceur et de sexualité.

Tu t’en es très tôt rendu compte ?

Oui, parce que petit quand je n’arrivais pas à éjaculer je me retenais de faire pipi et je me frottais le zizi sur des barres en fer. Ça me procurait une sensation érotique. Je suis quelqu’un d’assez solitaire donc je me suis tourné très tôt vers moi-même.

Hervé Pierre Gustave, ça sonne bourge. Tu es issu d’une famille bourgeoise ?

Pierre Gustave c’est le nom qu’on donnait aux esclaves affranchis, donc ce n’est pas un nom qui a des origines bourgeoises. Je suis plutôt issu d’une famille d’ouvriers aisés, j’habitais une maison à Noisy-le-Grand, une banlieue correcte près des bois. Je n’ai donc pas été élevé dans une banlieue dure genre HLM, j’ai été élevé avec de l’amour, une tendresse retenue, mais je n’ai jamais été battu. J’ai eu une enfance heureuse, solitaire mais heureuse.

Penses-tu que ton éducation religieuse joue un rôle dans ton “métier” de harder ?

Mon éducation religieuse n’a jamais interféré dans ma trajectoire parce que je n’en avais strictement rien à foutre. Je veux dire, je n’ai pas baigné dans une ferveur religieuse, ce n’est pas par révolte contre Jésus que je suis devenu acteur porno ! C’est plutôt la solitude dans laquelle je m’étais enfermé qui m’a poussé à me recentrer sur mon sexe.

Pourtant je trouve qu’il y a quelque chose de très christique dans la manière dont tu abordes ton « rôle » de harder parce que tu te donnes beaucoup au public…

Je te remercie. Euh… Fais gaffe tu vas t’attirer la foudre des organisations chrétiennes.

Dans tes courts-métrages, on voit que les gens disent souvent de toi : “Il est chiant mais qu’est-ce qu’il est touchant.” D’ailleurs, globalement, on voit que les gens, qu’ils soient tes amis ou des acteurs, acceptent assez facilement de se faire filmer, ils partent facilement dans tes délires, malgré ta folie et ton égocentrisme. Comment expliques-tu ça ?

Sincérité, ça va être le mot du jour. Mais voilà, à partir du moment où tu es sincère ça ne peut qu’entraîner une certaine forme d’adhésion. On n’est pas forcément d’accord avec ton message, ton scénario, ou ta façon de dialoguer avec les autres, mais au moins on t’accorde l’indulgence d’être mue par une certaine forme d’insouciance et de sincérité. C’est-à-dire que tu n’es pas dans un calcul destiné à te glorifier. Ou alors tu es quelqu’un qui veut faire de lui une statue mais qui s’y prend mal et tombe en montant sur son socle. En plus parfois je peux être méchant avec les gens parce que j’ai une part de méchanceté que j’assume. Moi je ne fais pas un court-métrage en me faisant passer pour un mec bien. Mais voilà je montre également que tu récoltes ce que tu sèmes.

Mais finalement les gens ne rentrent-ils pas dans ton jeu parce qu’au-delà de te trouver pathétique il te trouvent monstrueux, fascinant et qu’ils consomment en toi ce monstre qu’ils ne se permettent pas d’être ?
Bien sûr, je sers parfois d’exemple. Comme jevais assez loin dans l’excès, une mère va pouvoir dire à son fils : “Ne deviens pas comme lui, il fait des bêtises.” Mais je sers aussi à ça.

Dans ce DVD on se rend compte qu’au quotidien tu te trimballes tout le temps avec ta caméra. Et au bout d’un moment il en va de ta caméra comme de ton sexe : à tellement la voir on ne la voit plus.

Oui, j’ai un objectif qui fait corps avec mon corps. En fait, je provoque certaines scènes par la nudité, souvent la mienne, parfois celle des autres, et le but du jeu c’est qu’on en vienne à oublier le côté pornographique, comme dans L’empire des sens. Dans ce film, chaque scène s’ouvre sur un motif sexuel, mais après ça part ailleurs et tu oublies totalement que les gens sont nus. Pour moi ce film est un chef d’œuvre tout genre confondu. J’aimerais réussir à faire ça.

Je me rappelle d’une scène avec LZA où tu lui dis : “Il y a un prix à payer à être harder, tu devrais le savoir.” Ça veut dire que toi-même tu reconnais que ça implique une notion de sacrifice, d’investissement. Que paradoxalement c’est un sacerdoce d’être harder…

Non, mais la caméra me permet de sublimer la douleur, voilà. Sans la caméra, je n’oserais pas tout faire et le fait de mettre en scène ma douleur l’atténue beaucoup. Si je n’ai pas beaucoup de vie privée, ce qu’on me reproche, c’est parce que je m’en sers pour lui donner une dimension tragi-comique qui m’éloigne un peu du réel. Je ne suis pas quelqu’un qui discute beaucoup dans la vie privée, mais ça m’intéresse quand c’est filmé. J’ai besoin de subterfuges pour me pousser dans mes retranchements. Et plus je vieillis plus j’ai besoin de subterfuges. C’est peut-être une période.

Tout à l’heure tu disais que tu allais arrêter de boire et te droguer, devant la caméra comme dans la vie privée et que tu allais te tourner vers d’autres thèmes, d’autres sujets. Lesquels ?

Là je suis en train de tourner mon deuxième long-métrage, qui devrait s’appeler Les mouvements du bassin. Le sujet, je ne te le donnerai pas parce qu’il est très tôt pour en parler, mais ce n’est pas du tout basé sur l’alcool, la drogue ni même le sexe, c’est plus tourné vers mon esprit, des choses que je ne voulais pas regarder avant. En gros, ça va parler de maternité, de désir d’avoir un enfant, mais à ma façon.

Ta crise de la quarantaine ?

Non, quand tu verras le film tu verras que ce n’est pas l’expression d’une crise de la quarantaine. D’ailleurs je ne joue même pas dans le film. Tu aimerais bien réagir toi derrière (il parle à sa copine, Gwen, Nda) ? Non, s’il te plaît, ne dis pas la vérité ! Tiens tu peux fermer la fenêtre, s’il te plaît Gwen ? Mais ne dis pas la vérité.

Elle : Il y a juste des choses avec lesquelles je ne suis pas d’accord. Comme d’habitude tu es en train de jouer ton personnage.

Lui : Le truc c’est que les gens s’évertuent à vouloir soit que j’aille voir un psy soit à croire que je joue un personnage…

Elle : Mais…

Lui : Oh, tais-toi, toi ! Laisse-moi faire mon speech ! Tu peux mettre l’incident de cette jeune femme dans l’interview.

Elle : Ce qu’il ne faut pas oublier, je fais juste une parenthèse, c’est que je partage sa vie depuis 1 an. D’ailleurs je suis dans le DVD, mais je suis différente de toutes ces personnes qu’il y a dans le DVD et qui participent au côté destroy de HPG. Moi je connais Hervé, je ne connais pas HPG. Tout à l’heure tu lui demandais s’il faisait ses courts-métrages pour quitter le porno et rejoindre le cinéma traditionnel. Aujourd’hui je te le dis, Hervé veut dissocier les deux univers. Et ça va tout à fait avec la voix-off que je fais sur le DVD, où j’explique justement que j’en ai ras-le-bol de certaines attitudes de HPG.

Lui : Tu peux dire que je suis dominé par Gwen, qui n’a que 21 ans.

Elle : Hervé, c’est aussi quelqu’un d’humain.

Lui : Mais-le ça, ça lui fera plaisir.

Costes, tu connais ?

Oui.

Lui assume clairement de parler de la dimension christique de ses performances. Et je trouve que tu as pas mal de points communs avec lui, dans ton approche artistique du corps, de sa monstruosité, de sa bêtise…

Oui, vu que ce qu’il fait et ce que je fais, je serai mal placé pour dire qu’il n’y a pas de lien.

Tu connais bien ce qu’il fait ?

J’approuve, mais je ne connais pas assez sa dimension politique et les tenants et les aboutissants de son travail donc je ne peux pas me permettre de critiquer. D’ailleurs je ne connais pas l’évolution de son travail et c’est ça qui est important chez quelqu’un : l’évolution de son travail.

Il y a d’autres artistes dont tu te sens proche, des artistes qui t’intéressent ?

Euh… Je ne sais pas, cite-m’en un.

Dans le DVD on voit que chez toi tu écoutes les Stones.

Oui, je n’ai pas de goût précis, mais c’est vrai qu’en musique, je suis bien branché Stones. Sinon je t’avouerais que je suis pas mal centré sur moi-même et que je ne me cultive pas trop. Parfois on m’emmène voir des films, pas forcément ceux que j’irais voir, par à priori, mais je suis content de les voir. Et puis il y a vraiment un truc que je ne fais pas assez, c’est d’aller aux musées. Mais voilà, j’ai une boîte de prod et ça me prend beaucoup de temps. Ce que je te dis là ce n’est donc qu’une excuse. Et il n’y a pas d’excuse pour expliquer le fait de ne pas se cultiver. Si on m’aime, on n’a qu’à me conseiller un bouquin que j’essaierai de lire.

Tout à l’heure on parlait de ta “sortie du X”. Que penses-tu des autres acteur porno qui ont essayé de “sortir du X” ?

Je n’en connais pas beaucoup.

Rocco Siffredi…

Dans Romance ? Il joue super mal. Parce que Rocco c’est un mec intelligent, un bon businessman et un excellent harder, mais ce n’est pas un bon acteur de traditionnel. C’est juste que Catherine Breillat a été attirée par son gros sexe, on ne sait pas pourquoi d’ailleurs, elle aurait pu prendre une bite française comme la mienne. Et ce n’est pas parce qu’on prend un acteur porno qui joue mal dans un film que ça signifie qu’il a voulu sortir du X.

Coralin Trin Thi…

Qu’est-ce qu’elle a fait ?

Elle : Elle a écrit des bouquins. C’est bien d’ailleurs.

Lui : Tu vois, elle est belle et elle va finir assise-là à répondre aux questions à ma place. Donne-moi des exemples de gens qui en dehors du porno ont fait autre chose que moi je puisse apprécier parce que pour l’instant ceux que tu me cites je n’en pense pas grand-chose, si ce n’est qu’ils ont du courage de faire ce qu’ils font et qu’humainement ce sont sans doute des gens bien. Sebastian Barrio a fait quelques films traditionnels, mais bon… J’aimerais te dire que je les apprécie parce que comme c’est un petit milieu je vais être amené à les recroiser mais non. De toute façon je ne voue pas un culte aux acteurs parce que très peu de gens jouent bien.

Elle : Nina Roberts joue bien dans ton film.

Lui : Oui, c’est vrai. Mais Gwen, s’il te plaît, tais-toi ! Tu vas mettre Gwen dans l’interview ?

Pourquoi pas. Je verrais. Dans les films traditionnels qui incorporent aujourd’hui des scènes de sexe explicite, lesquels t’ont interpellé ?

Il y a le film de Chéreau.

Intimité ?

Oui, je le trouve remarquablement bien fait. Un peu trop intello pour moi mais très bien fait. Cite-moi des exemples.

Les films de Brisseau ?

Je le connais, j’aime plutôt bien ce qu’il fait, d’ailleurs je vais sans doute être amené à travailler avec lui ou avec des personnes avec qui il travaille. Mais bon voilà, comme je veux intégrer le monde du cinéma traditionnel et qu’ils ont déjà assez de mal à m’accepter, je ne vais pas trop l’ouvrir parce que je préfère cracher dans la soupe une fois que je l’ai mangée, pas avant.

Les films de Breillat ?

Nuls. J’ai été sur un de ses tournages. Elle a tenu à ce qu’on bosse sans préservatif. Elle nous a vraiment pris pour des cons. Elle a fait d’excellents films, mais là je ne comprends pas ce qu’elle fait. Je n’aime plus du tout. Je dis ça parce que je sais qu’elle ne m’embauchera jamais. Tu as d’autres exemples ?

Elle : Wonderland. Un film américain sur l’histoire vraie d’un acteur porno

Lui : Oui, c’est très bien ça, mais Gwen, encore une fois, je t’en prie tais-toi. Quand tu auras tes interviews, moi je ne serai pas là.

Elle : Oui, mais vous cherchiez un film. Wonderland.

Ok, merci.

Je n’ai pas été trop court dans mes réponses ?

http://www.myspace.com/dvdhpg

www.hpgnet.com/

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