“Mais qui se souvient d’Hector ? Personne. Voilà un véritable rocker maudit ! “écrivait il y a peu Bayon dans Libération.
C’est vrai, personne. Personne ne s’en rappelle.
Car Hector, toujours accompagné de son valet, brûlait la chandelle par les deux bouts. Vivant au-dessus de ses moyens, il faisait sienne la maxime d’Oscar Wilde : “je vis tellement au-dessus de mes revenus qu’en vérité nous menons, eux et moi, une existence entièrement séparée”.
Pas Yéyé pour un sou, le tout était plus souvent crié que chanté. En témoigne cet extrait du film Cherchez L’idole où l’on peut apercevoir Hector en compagnie de ses médiators se faire huer lors de son interprétation d’Il faut saisir sa chance dans un Olympia plein à craquer. La plupart du temps dos au public, il saccage la scène avant de faire une descente dans le public digne de celle d’Iggy pop à Cincinnati en 71.
Mais nous sommes ici en 63 et Hector détonne avec ses cheveux bien trop longs pour l’époque. C’est un freak avant l’heure, nous donnant ici une démonstration d’un savant mélange de Screaming Lord Sutch et de Tiny Tim.
Arthur Brown n’a qu’à bien se tenir…
Toujours de frac vêtu et capable d’arriver en éléphant au Golf Drouot, Hector pouvait aussi convier les caméramen de l’ORTF à venir le filmer se faisant cuir un oeuf sur la flamme du soldat inconnu. Concevant l’échec comme un but de carrière potable, proche de Dali, Hector était un vrai avant-gardiste. Avec un texte écrit par Jean Yanne en 62, il venait d’inventer le punk :
hectorAh ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah !
Je vous déteste
Oui, je vous hais
Et d’un seul geste
Et d’un seul geste, je vous balaie
Vous pouvez rire
Pousser des cris
Tout ça n’ m’inspire
Tout ça n’ m’inspire que du mépris
Je vois que vous ne m’aimez pas
Mais je vous le rends bien
Toujours, tout nous séparera
D’ailleurs, j’y compte bien
Car bientôt, moi, je serai roi
Le roi le plus puissant
Vous tremblerez tous devant moi
Vous serez écroulés, humiliés et rampants
Ah ! J’ vous déteste
Ah ! C’ que j’ vous hais
Et d’un seul geste
Et d’un seul geste, je vous balaie
Vous pouvez rire
Pousser des cris
Tout ça n’ m’inspire
Tout ça n’ m’inspire que du mépris
Riez de moi, ça m’est égal
Je suis le plus grand
Vous êtes jaloux, c’est bien normal
Mais un jour pourtant
Un jour, lorsque je serai roi
Le roi le plus puissant
Vous pleurerez, gémirez devant moi
Et moi, plus que jamais
Je crierai en vous voyant
Je vous déteste
Oui, je vous hais
Et d’un seul geste
Et d’un seul geste, je vous balaie, moi
J’ vous déteste
Ah ! Ah ! Que je hais
J’ vous méprise, moi
J’ vous emmerde
J’ veux plus vous voir
Bande de minables
Je préfère partir parce que sinon je vais vous dire des choses méchantes
Bande de minus
Ah ! Je vous hais !
6 commentaires
Non tout le monde n’a pas oublié HECTOR. Nom de Dieu
pas tout le monde il est vrai
please YASET je cherche le “t’ es pas du quartier” en version numerique enchangeable sur le web. Yatimoyen ?
Yakayéyé ! je crois pouvoir te livrer un de ces 4 ce que tu souhaites. mais sois pas pressé ! (je suis paraît-il très bordelique)
Alors merci avec beaucoup d’ avance.




ETRE DIEU
Purée de mairdeuh ! MOI je n’ai jamais oublié HECTOR & ses Médiators. QUETTON (vers 68-69 ?) a re-publié les textes de siennes chansons.
HECTOR n’est mort que dans la tête des purs cons. (Euh… oui yen a pas mal, hélas). Cordial salut. YASET