Je me rappelle m’être fait filmé à 18 ans en train d’expliquer ce qu’était le stoner rock. Bourré à la bière bon marché et copieusement chevelu, je bouffais des kiwis avec la peau en parlant du drapeau sudiste derrière moi et de la nécessaire initiation préalable à l’appréhension du message profond véhiculé par un camion roulant sans but dans le désert du Nevada.On en revient.
Si on me demandait maintenant de le refaire, je crois que je ne saurais pas vraiment quoi raconter. Ce documentaire tombe donc à point nommé car il s’annonce comme une honnête update de mon essai auto-éroto-musico-cinématographique.
Non, donc, ça ne parle pas des titres vénèr’ de Kyuss, pas de Goatsnake ni d’Orange Goblin. Pas de moto non plus.
Le parti-pris est de parcourir le heavy rock étasunien (On regrettera peut-être l’exclusion du Japon, des Pays Bas ou de l’Allemagne, ayant offert au genre quelques perles de psychonautisme en semelles de plomb.) sur le versant psychédélique, celui des barbus qui ont vu la Vérité en mangeant des graines de liseron, des métalleux encore étudiants en histoire de l’art à trente ans, des necro-hippies et des gamins qui ont passé des heures à se repasser en boucle la scène des vélos dans Gummo sans trop comprendre pourquoi cette rengaine sabbathienne avait tout changé.
Honnêtement, on s’en tape que ce soit “droney” (chiant), “folk” (gay) et “expérimental” (has-been) ; que la parole soit laissée aux amplis à lampes, aux jolies images un peu vaines et aux gens qui ont fait et font cette (big) musique.
“What is heavy ? err…”
Illustration par Jüül
http://www.myspace.com/heavythemovie




ETRE DIEU