Où comment j’ai découvert le bonheur du tantrisme par la note répétitive teutonne.
Qu’on ne vienne pas me taxer de vieux démago tout cela parce que je parle ici d’une bande d’allemands à forte toisons faciales (des barbes en somme) ayant voila 30 ans révolutionné l’approche de la musique, à un moment où l’ensemble de la planète était déjà en deuil du saint Rock & Roll.
Qu’on ne vienne pas m’asséner la GRANDE vérité qui revient à dire qu’Harmonia était un groupe de kraut-rock. Car les trois albums de ce groupe de rêve (Moebius and Roedelius de Cluster, plus Michael Rother de Neu !) vont ébranler le cours des choses avec la magnificence du silence entrecoupé de notes tenues, de blanche étirées, de quelques croches jouées en général sur trois claviers avec plein de fils autour. La magie d’Harmonia est anti-rock and roll. Totalement inécoutable pour le pub-rocker qui ne comprendra pas qu’un groupe puisse tenir dix minutes sur un seul motif musical (Schaumburg) et y rajouter, lentement, surement, vicieusement, les nuances se couchant sur l’esquisse pour dessiner un tableau qui prend forme. Qui prend forme à la fin de la musique. Comme une réponse.
Trente ans sont passés, Moebius and Roedelius de Cluster revenus au Nouveau Casino, mais l’émotion, elle, est restée trente ans en arrière. Comment arriver, lorsqu’on a été à la pointe de l’expérimentale européenne, à être encore vivant sur le nouveau millénaire. De quelles têtes sont sorties les 6 mélodies majeures qui composent cet album à la qualité irréprochable ? Comment réfréner l’angoisse interne latente qui prend le cœur à l’écoute de Holta Polta, au casque de surcroit, décibels maximums, palpitations sur la basse électronique, visions inhumaines à l’appui ? Ce live 1974, c’est le blues branché sur un Roland (qui n’existe pas encore à l’époque..).
Ne nous emballons pas cela dit, mais soyons heureux, car Harmonia reste encore aujourd’hui, malgré la réminiscence kraut très à la mode, un secret bien gardé. Une illusion au loin connue des amoureux du monument qu’est Zuckerzeit (premier album de Cluster), quelque chose qui s’apparenterait au Metal Machine Music des premiers ingénieurs à avoir tripotté les cartes sons et les claviers dans leur garage. C’était au début des 70’, enregistré un soir de mars 74’ à Griessem en Allemagne, et la messe était donnée par Harmonia.
Un ultime rêve où l’esprit se perd lentement pour s’incliner devant la mélodie instrumentale.
Harmonia // Live 1974 // Differ-ant
http://www.myspace.com/harmoniamusic
3 commentaires
petite rectification. Zuckerzeit est le troisième album de cluster (les deux premiers se nomant Cluster et II). sinon il est vrai que Harmonia est l’un des meilleurs groupes du genre.
Une petite correction par les maitres et subitement le monde tourne plus rond.
Merci mes amis Dirty.




PLAY BLESSURES
Rhhhhha ça a l’air énorme ça, vais écouter CA !