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HAPPY MONDAYS Uncle Dysfunktional

On le sait bien il sort rarement de grands disques. Encore plus rarement des disques qu’on écoute plus de deux fois. En revanche, ce qui est plus surprenant, (...) suite

On le sait bien il sort rarement de grands disques. Encore plus rarement des disques qu’on écoute plus de deux fois. En revanche, ce qui est plus surprenant, c’est quand un groupe auquel vous n’avez jamais accordé d’intérêt sort un grand disque.

Il y a toujours ces histoires d’époque et de pénurie. On va donc me rétorquer : «Ouais, mais sorti entre London Calling et Overkill, voire entre Blond on Blond et Aftermath, aurait-on seulement prêté attention à la nouvelle bouse des Happy Mondays ?»

Et je laisserai la réponse en suspend.

Ce que j’ai à vous dire tient seulement en quelques mots :

Une fois posé l’album sur la platine, je n’ai pas pu faire autre chose pendant les 55 minutes qu’il dure. Cette nuit, j’ai rêvé de Nick Kent, et c’est peut-être pas un hasard. Depuis combien de temps, l’écoute d’une nouveauté ne m’avait-elle pas paru plus importante que de remplir la grille de mots fléchés de Télé 7 jours ?

Bon, trêve de balivernes ! Vous voulez du concret, pas vrai ?

OK, c’est parti :

Du groove ? Il n’y a que ça ici.
De l’acide ? Même plus la peine d’en prendre, kid, cet album est sponsorisé par Thimoty Leary.
De la basse ? Oubliez tous ces bassistes de jazz-rock payés à la note. Ici, que du bon groove de bassiste anglais qui te fait suer sang et eau en tenant la même note pendant trois plombes. On en redemande.
Fan de Primal Scream et Spiritualized ? Welcome !
Les compos ? Les meilleures qu’on ait écrites à Manchester depuis trente ans. Oui, j’ai bien dit trente ans. Écoute, tu verras…
La prod’ ? Un son décidément monstrueux, des arrangements tellement bons qu’on les oublie pour secouer la tête en rythme, tout en réfléchissant à la chemise qu’on va mettre pour aller avec la pochette.
Cet album est aussi rêche que le meilleur Ice T. Et je parle pas que du vocabulaire.

Enfin, quoi ! Ce disque est tout ce que le rock doit être : sale, vulgaire, teigneux, brillant, méchant, gratuit, malhonnête, foudroyant, etc.

Et ça s’appelle Uncle Dysfunktional.

Meilleurs morceaux de l’album :

Jelly Bean, Angels and Whores (traduction : les anges et les putes), Rats with Wings, Cuntry Disco, Anti Warhole on the Dancefloor, et tous les autres avec. En fait, il n’y a rien à jeter.

Cet album est tellement bon, qu’il me fait parfois penser à PIL. Par moments, c’est même aussi barré que Big Audio Dynamite.

Un dernier conseil : écouter TRES fort. Je déconne pas.

Happy Mondays // Uncle Dysfunktional // PIAS
http://www.myspace.com/happymondaysonline

14 commentaires

Dis Pierre, c’est quoi cette obsession pour les mots fléchés ?

Commentaire par sylvain, le Lundi 23 juillet 2007 à 10:06

c’est une question intéressante ! j’avais complètement oublié l’existence des mots fléchés, et puis, là, ce week end, je sais pas… je me suis dit : “Les mots fléchés… quand même !”

Commentaire par Pierre M, le Lundi 23 juillet 2007 à 10:11

salut à tous et toutes,

Bonne chronique,
je me permettrai juste de rajouter quelques mots sur un point qui me semble essentiel :

« LES LUNDI AU SOLEIL »

Ce disque même s’il continue à suinter la fiesta et “l’Hacienda” est bien plus qu’un délire psychédélique à la Timothée Leary, un véritable repentir haut en couleur d’un homme, Shaun Ryder, qui a enfin compris que son avenir serait fortement compromis s’il ne se “mettait pas au régime” et ne stoppait pas net la came: “I made so mistakes man”; la dernière phrase de “Jelly Bean” en dit long….

Ce « premier « disque clean » des Mondays prouve à quel point l’association irréversible du rock et de la dope est une des plus grandes supercheries de notre époque moderne :
Grosso modo, 15 ans après la sortie de « Pill’s thrills and bellyaches », leur album culte « survitaminé », les Mondays reviennent « à l‘état de nature » avec un album encore plus groovy et direct qui va faire couler de l’encre auprès des journalistes fans de fausses nouvelles tendances telles que « la new rave » :
ce concept marketing pur destiné à vendre du « klaxons » ou du « Twang » ne fera pas date dans l’histoire de la musique mais sans doute dans les catalogues « hype » des maisons de disque.
( ps- même si je reconnais à ces groupes des qualités certaines.)

Tel un exutoire géant aux yeux du monde, à la face des camés , Shaun déclame haut et fort qu’il est de retour, « ( the boy(s) is Back in town », mais cette fois-ci, seul, à la force de sa voix et de ses paroles à la fois crues, poétiques et souvent surréalistes, mais surprenantes de vérité :

« It’s good to feel the ass against my grass »

La dope c’est pour les « kids, man :
on est rock’n roll ou on ne l’est pas.

Romain Novarina
2007

Commentaire par serialbuzzer, le Lundi 23 juillet 2007 à 12:45

rehab ? je ne sais pas… mais je veux bien concevoir que Shaun est clean. comme Keith Richards ?

Commentaire par Pierre M, le Lundi 23 juillet 2007 à 13:06

Les gars, si vous voulez en savoir plus sur la question de la drogue et du rock’n'roll, j’ai écrit un article sur le sujet où je parle de vous, c’est ici http://parlhot.over-blog.com/
J’attends vos réactions !
Tcho

Commentaire par sylvain, le Lundi 23 juillet 2007 à 14:11

moi je trouve qu’il est tout pourri le nouveau des mondays, shaun se fait vieux…

Commentaire par berenger, le Lundi 23 juillet 2007 à 21:13

Une autre critique enthousiaste
http://www.fluctuat.net/5486-Happy-Mondays

Commentaire par diadora, le Lundi 23 juillet 2007 à 21:51

oui, c’est un grand disque et ça n’arrive pas si souvent… je file le réécouter !

Commentaire par Pierre M, le Lundi 23 juillet 2007 à 23:05

Surement l’ un des deux meilleurs Mondays , mais ou est Bez et Paul Rider?

Commentaire par Dorian, le Lundi 23 juillet 2007 à 14:00

le problème, Alexis, c’est que j’ai juste un cd promo entre les mains. je n’ai aucune idée de qui fait quoi sur ce foutu disque… pour Bez, je ne savais pas. il est peut-être devenu trop straight pour les Mondays ? lors des concerts de reformation, en tout cas, c’était lui qui sauvait le show…

Commentaire par Pierre M, le Lundi 23 juillet 2007 à 14:25

Soyons clair: sur les albums, Bez n’a jamais rien fait. Sur scène il fait… le con. Mais en studio il était chargé du “cooking”. Cuisine à la cuiller bien entendu.

Pour ceux que la vie de Shaun William Ryder intéresse je signale à toute fin utile que j’ai amplement traité le sujet par ici : http://www.expressway.fr/shaun-ryder-l%e2%80%99hacienda-parano-1/
Pour les autres, mettez vous en tête que Shhhhaun a été à la pop ce que Iggy a été au rock. No more no less.

Commentaire par Billy HP, le Lundi 23 juillet 2007 à 17:51

et dieu sait si ce genre de cooking était important chez les HP…

Commentaire par Pierre Mikailoff, le Lundi 23 juillet 2007 à 18:43

moi, j’aime bien Shaun parce qu’il ressemble à un copain à moi qui a eu le même le parcours chimique… et comme je suis sentimental…

Commentaire par Pierre Mikailoff, le Lundi 23 juillet 2007 à 18:44

La chimie est un élément clé des sentiments. La science des raves en quelque sorte…

Pour poursuivre dans ta veine (hi hi hi) môssieur Mikailoff, Shaun est très sentimental. Trop peut être. Il s’est remis à parler de martiens…

Commentaire par Billy HP, le Lundi 23 juillet 2007 à 22:30

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