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H-BURNS Folk à (mono)corde

Comme c’est bizarre de n’être personne. Ainsi débute une traversée du désert initiée par quelques Rois Mages qui cherchent encore leurs sujets. Trois mois que l’album hésitait entre le (...) suite

Comme c’est bizarre de n’être personne.

Ainsi débute une traversée du désert initiée par quelques Rois Mages qui cherchent encore leurs sujets. Trois mois que l’album hésitait entre le coin de table et le sanibroyeur, quatre vingt dix jours que je trouvais tous les prétextes pour ne pas avoir à enfourner l’objet dans un lecteur audio. Jusqu’au coup de fil, « Salut Bester, H-Burns t’attend demain pour l’interview, ah au fait, Syd (Matters) sera pas là. Désolé. Tu viens quand même ? »

Ah au fait, j’avais oublié de vous dire, H-burns a publié son deuxième album avec Syd Matters. L’écorché vif du folk cosmique pileux.
A la question : «peux-on être de gauche et détester le folk ?», je réponds affirmatif. Dans une époque où le revivalisme tacle sans vergogne la tentation de la micro-célébrité (l’auteur de ces lignes itou, ça marche pour tout le monde pareil), le folk reste plus que jamais la résurgence boursouflée d’une époque morte.

Auriez-vous envie que des rednecks américains compilent un album en hommage aux chansons des chouans révolutionnaires de 1789, auriez vous envie d’écouter un album de Japonais braillant des comptines celtiques ? La mondialisation a ses limites, et le folk français, en l’état actuel, est un anachronisme sans nom.

Nostalgie, quête du paradis perdu (la route 66, pour faire simple, qu’on a jamais connue) et rêve guimauve en noir et blanc avec le frère de cœur Syd Matters. Sûrement des bons gars en bon plus. C’est ça le pire. Même pas moyen de s’engueuler avec eux. Alors que bon, finalement, le thème de la ville et de ses lumières, ses dangers et les bienfaits de la campagne…. Cela remonte loin. Trop. Début du 20ème, et l’invention du gaz de ville pour éclairer les rues. Pendant ce temps, une poignée d’irréductibles Gaulois semblent convaincus que la guitare acoustique au coin du feu reste un must-have pour wannabe.

Et si on changeait un peu la donne, et si on chantait en folk song la beauté du nucléaire, l’éternité du dieu solaire et les dangers d’un bar non-fumeur ? Comme ça, juste pour arrêter de lire Dylan dans une interview….

Syd est pas là donc.

Non désolé, mais il aurait bien voulu te rencontrer.

Je l’ai défoncé sur un précédent article, mais faut avouer qu’Ill Jackson est une super chanson. Le fait qu’il ne soit pas là sur toutes les promos, du coup ça te donne un peu d’air non ?

Non faut pas dire ça, Syd m’a aussi ouvert des portes, des médias qui ne se seraient pas intéressés à moi sans lui…

L’album m’a pas renversé. Vraiment pas. J’aimerais que tu m’expliques certaines choses.

Mais la folk c’est ton truc ou tu détestes ?

Je pars avec un handicap. Je déteste Dylan. Je suis plus Pentangle, Bert Jansch…

Moi je trouve ça chiant !

C’est assez cohérent en fait… Je comprends pourquoi ton album me laisse de marbre. Tu trouves pas qu’il y a un problème dans le folk français, cette impression de fausse larmoyance sans ambition, jouée bricolo-machin, avec une guitare tournée vers le passé ?

Et tu penses que c’est français comme phénomène ? Moi je pense que c’est le genre en lui-même qui se tourne vers la nostalgie, le spleen permanent, comme on me l’a dit récemment. En l’occurrence pour cet album j’ai passé pas mal de temps sur les textes. Ce que j’aime pas en revanche, c’est les chroniques faciles style Rock Mag qui chronique le disque avec une super notation style 8/10 avec la phrase à la fin qui dit : « A écouter le dimanche sous la couette ». C’est rageant comme stéréotype.

Nan mais tu sais que le type qui a écrit ça n’a pas écouté le disque quand même ? Tu n’es pas naïf au point de croire que c’est sincère ce qu’il dit ? On peut dire la même chose de Miles Davis, Buckley, n’importe qui !

Ouais non, ça fait bander le mec ouais. Tout ça alors que moi l’album je l’ai enregistré en buvant de la gnole, avec le barbecue, perdu dans la nature….

Le contexte géographique semble important sur tes chansons. Big City Blues, c’est la description du décorum finalement… Toi dans l’espace.

Oui, le décalage avec les grandes villes oui. Tu as bien écouté l’album.

Mais j’ai l’impression que depuis la chanson de geste, rien n’a changé ; le folk n’avance plus et tes histoires, pardon, ne transmettent rien.

Pour le coup Big City Blues c’est en allant à Toronto que je l’ai composée, l’espace était différent… Ca m’intéressait l’histoire d’une autre civilisation. Et cela rejoint le thème de la ville, le fait d’être happé par la force urbaine. Je joue sur les ambiances, je n’ai pas envie qu’on s’identifie à un personnage.

Ca tombe bien j’ai l’impression qu’il n’y a personne sur l’album. C’est du folk géographique.

Je crois que c’est sur Thoughts of Morella que… en fait j’ai traversé le désert espagnol, road-movie intégral, rien à plusieurs kilomètres à la ronde et tout d’un coup on tombe sur un bled… bref, j’ai essayé d’en parler.

C’est pas un clin d’œil à Nick Drake la chanson en question ?

Euh, non.

Au niveau des instrumentations, je continue, tu restes sur un modèle archi classique. Peu de claviers, beaucoup de guitares… une voix. Vous n’avez pas envie à un moment d’innover, de prendre de nouvelles voies ?

Tu sais moi je débute hein (Rires) ! Ca passe aussi par des rencontres, des concerts, un enregistrement à Paris au mois d’août… Si tu prends l’exemple de Smog, tu regardes sa carrière ça débute par du low-fi sur cassette et puis ça dérive vers d’autres styles. Shearwater c’est un autre exemple. Mais je suis encore plus fan d’Okkervil River. Will Sheff est un super écrivain pour le coup. Pour ma part je débute toujours par la musique, et puis je me demande à quoi ça me fait penser, ce que ça m’inspire. Regarde Hogtown, c’est ma première chanson électrique, des guitares saturées… je ne dis pas que sur le prochain album il n’y aura pas que des guitares électriques. Je faisais du métal avant, j’ai oublié de te dire.

Bon et vu que tu as goûté aux deux, le folk et le rock, c’est quoi le mieux pour baiser des groupies ? Faire du folk, au final, ça aide côté nana ?

Euh… bah… Y a des groupies romantiques aussi. Ca aide surtout à rencontrer des gens qui s’identifient rapidement à ta musique, tes problèmes…

Un ptit côté forum quoi….

Oui. Par contre tu peux aussi rencontrer des psychopathes…des gens un peu paumés.

D’anciens punks à chien finalement.

Voila. Des fois je me dis que si à mon petit niveau ça procure ce genre de rencontres, lorsque tu joues à un haut niveau, j’arrive pas à imaginer.

Surtout que vous vivez au milieu de nulle part (à Valence, NDLR).

Arrête, on est à deux heures de Paris, joue pas au Parisien ! On a tout, mais en un seul exemplaire : Un bon bar, une bonne salle de concert, un bon cinéma, un bon resto.. y a tout pour vivre correctement mais avec un seul choix possible. On a des trucs cools.

Ouais, comme Mickey 3D, avec qui tu a joué… bravo la contre-culture.

Ah, il est folk tu sais, tu verrais ce qu’il écoute t’hallucinerait !

OUI MAIS tu crois pas que c’est un peu facile de dire ca, le syndrome des types qui ont une culture impressionnante et qui jouent de la daube ?

Ce type a quelque chose de populaire, qui plaît aux gens, et je crois qu’il faut pas dévaluer ça.

Bon je pense qu’on sera d’accord sur rien de tout facon. Juste pour finir, une chanson de Dylan à me recommander ?

Sad-eyed lady of the lowlands, sur l’album Blonde on Blonde. Neuf minutes avec un texte unique.

H-Burns // How strange it is to be anything at all // Boxson

http://www.myspace.com/hburnsmusic

Photos par Muntz Termunch 

6 commentaires

Quel relou d’anti-folk ce Bester. Changera jamais !

Commentaire par sylvain, le Lundi 21 avril 2008 à 2:16

Sad-eyed lady, c’est du folk ou on est deja passé dans une autres catégorie? Ce charley, tout du long, c’est pas banal comme arrangement…

Commentaire par requis, le Lundi 21 avril 2008 à 20:34

DylaN SucKs

Commentaire par Bester Langs, le Lundi 21 avril 2008 à 3:06

Conseiller Sad-eyed lady… franchement, quel…
Sinon, cet interview est la matrice officiel du style Bester : le truc qui va déferler dans la presse culturelle dans les 5 ans qui viennent.

Commentaire par Syd Charlus, le Lundi 21 avril 2008 à 9:15

Conseiller Sad-eyed lady… franchement, quel…
Sinon, cet interview est la matrice officiel du style Bester : le truc qui va déferler dans la presse culturelle dans les 5 ans qui viennent.

Commentaire par Syd Charlus, le Lundi 21 avril 2008 à 9:15

Bravo à H-Burns de ne pas s’être laissé démonter par Bester.

Commentaire par Ooh-oOH-man, le Lundi 21 avril 2008 à 14:08

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