Après quelques jours passés au ski (entendre 6 jours de beuverie inconditionnée, de prise de drogues telles des smarties et de discussions à faire pâlir Brecht), j’ai mûri l’idée de vous parler des grosses productions bien efficaces, dirigées par de talentueux réalisateurs ambitieux et bien financés.
Le choix est vaste.
Sacr GuyMichael Bay, ce grand homme capable de filmer de façon unique les plus grandes tirades de Steve Buscemi, à rendre jaloux Tarantino, Roland Emmerich, ce ponte du cinéma d’action qui arrive à dorer le drapeau américain n’importe quand, même lorsqu’il s’agit de catastrophe écologique, ou encore, dans un autre registre, Michael Mann, dont les scènes de bataille ont révolutionné le genre, et dont la direction d’acteur a fait trembler l’instance Coppola (Heat).
Mais non.
C’est une conception du cinéma, comme art, qui change tout. Certes celui-ci est une instance d’esthétisme aussi importante que l’écriture ou la peinture, certes les messages, politiques, éthiques, moraux, religieux, peuvent parfaitement passer par lui, certes le cinéma est une institution entièrement artistique avec ses grands évènements (Oscar et César/ prix Goncourt, Vancouver/prix du roman policier et d’horreur, ETC.). Cependant, c’est aussi selon moi un moyen de bien se fendre la gueule, de passer deux heures dans une salle, d’oublier sitôt sorti le sujet du film, d’exploiter de talentueux acteurs à des fins complètement débiles et de n’avoir d’autre prétention que de se distraire. Il y a simplement « a thin red line » à ne pas dépasser, comme partout.
C’est un genre différent, c’est tout. Dans cette optique donc, Last Action Heroes, Les Carabiniers, ou Independance Day sont tous trois d’immenses chefs d‘œuvre. Le mieux c’est lorsqu’on arrive à mêler habilement tout ça. Terrence Malick est le meilleur, à mes yeux, pour cela.
Donc non.
Ca m’emmerdait de parler d’un sujet où il fallait me justifier vis-à-vis des lecteurs obnubilés par ce torche cul d’inrockuptbles, et des fanatiques de Jean-Marc Lalanne, critique, s’il en est, de ce même torchon, aussi visionnaire qu’une vache regardant inlassablement le train passer de son œil morne et sans vie. Allez voir Yannick Dahan plutôt, bande d’infâmes parjures.
Faible revanche, vaste rancune.
Guy, dans RevolverNan, cette semaine c’est Guy Ritchie. Le mari de Madonna. Nan, je déconne (c’est juste parce qu’il y a des filles qui lisent, faut bien qu’elles situent de quoi on parle, c’est l’équité de nos jours).
Ce jeune réalisateur de clips et spots publicitaires n’a que quatre longs à son actif (enfin 6 avec ceux qui vont sortir). Deux grands, fort intéressants, et deux gros navets masturbatoires et débiles, probablement influencés par ses prises constantes de cette drogue inutile et contre-productive (je l’ai toujours dit) qu’est la cocaïne. Nous nous arrêterons donc sur ses deux premiers films, Swept Away (avec sa femme) et Revolver (avec pourtant Ray Liotta) ne valant même pas la peine d’être critiqués tant la déception fut grande, puisque l’espoir était haut.
Son premier. Lock Stock and two smoking Barrels. Arnaques crimes et botaniques pour les retardés mentaux qui croient encore en la lutte des classes et qui vont à l’UGC du coin où l’immonde sigle V.F. salit toutes les affiches de films. Il est d’abord marqué par les performances de ses acteurs. Un Anglais est toujours parfait, mais là c’est encore mieux. Comme on a pu le voir dans l’excellent This is England les interprètes sortent des bas-fonds de l’East London, fans d’Arsenal et mangeurs de rats, autant comédiens que moi évêque ; il passe à travers leur accent délectable et leurs immondices corporelles la plus sincère vérité du milieu roublard de la capitale esq. Jason Flemyng, Dexter Fletcher, Nick Moran, Jason Statham (oui oui le transporteur) Steven Mackintoch (surtout lui en fait) et Sting (fort crédible ma foi) transforment ce galop d’essai en talentueux succès. Mais il n’est pas seulement question de ces quidams déchus.
Guy tourneMathew Vaughn est le producteur de cette perle. Celui de Snatch aussi. Pas celui de Revolver. Il a aussi réalisé Layer cake, fresque intéressante sur les narco trafiquants anglais (enfin russes et roumains d’ailleurs). Je pense qu’il est pour beaucoup dans le résultat des films de Ritchie, et ce n’est pas un mystère s’il n’a pas participé à la débâcle de l’antépénultième création de notre Lucky Star. Beaucoup, mais alors beaucoup des plans ressemblent à un remix version SebastiAn des prises de vue de Rodriguez époque Mexique et de Tarantino époque Jackie Brown. Certes. Une espèce de flou dégradé en quatre ou cinq couleurs, et des prises de vue iconoclastes. SebastiAn, c’était pour dire que le mélange est assez drastique et bordélique. (Tout le monde peut faire comme toi, Lalanne).
D’ailleurs, et on en vient à la troisième face de notre élaboration analytique, le rapprochement avec les deux cinéastes sus mentionnés ne se fait pas uniquement dans les plans et prises de vue. En effet, il y a une omni présence de l’excellente utilisation de la musique. On remarque entre autres The Payback de Jacques Marron (toujours pour les mêmes attardés), I wanna be your dog, The Castaways et autres groupes, airs ou chansons parfaitement bien choisies et surtout développées. D’autant plus qu’il ne se borne pas, toujours la manière de Mr. T., de choisir un style ou une époque, il va partout.
Dans son deuxième film, Snatch (là tout le monde est content, ça change pas, à part l’immonde sous-titre français « tu braques ou tu raques »), il y a Oasis flink’in the bushes ou Mirwais, avec la basse de Klint qui alimente tout le film. Le jeu de notre Transporteur favori mêlé avec la plupart des mêmes « acteurs » que « Lock stock… » est cette fois-ci soutenu par l’extraordinaire performance de Brad Pitt, qui, intéressé par la nouveauté du genre (c’est le bon côté de notre Tyler Durden favori), a réduit son cachet pour participer au second essai.
Transformé.
Décrivant le même milieu gangster pourri londonien, du crados dégueu, des manouches, des loosers, voleurs à la tire, des combats de boxe clandestins, il est parsemé de saint-germain et de vision sanguinaire. Les surnoms et la mise en scène rappellent Altman avec une touche de Roméro pour la liaison entre le sang et l’absurde. Bref il n’est pas forcément meilleur que le premier, il est simplement plus abouti.
Puis voilà, Guy Ritchie qui fut pour moi un grand espoir est tombé dans les deux pièges habituels, la femme et la drogue, qui l’ont poussé à réaliser deux navets sans intérêts, prétentieux , compliqués, alambiqués, décevants tout simplement. Cet Amoureux du blues et du rock’n roll, de l’innovation artistique, de l’idée au sens large s’est grièvement blessé dans son propre jeu.
Ce n’est pourtant pas un ultime combat. Brad Pitt, après un uppercut spectaculaire se relève et les démonte tous un par un, violemment, et sans joie, assez impassible. Espérons qu’il en fera de même.
Dans le cas contraire on sortira de sa tombe un bluesman qui marqua ses beaux jours.
Marc Ribot chantera pour lui le cocaïne blues.
De profundis.
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3 commentaires
L’attardé a lu ton article en français et a trouvé ça drole, par contre sans la traduction en anglais j’ai eu un peu de mal c’est vrai. Brick Top plutôt qu le manouche; si je comprend bien c’est bleu pervenche hein? Putain de manouches…
Y’a taqke de dague?
OOH the doogue?!?!?!




ETRE DIEU
C’est drôle tout ça, la vidéo je veux dire. Je jure ne pas l’avoir vu avant l’écriture de l’article. C’est Bester qui doit être derrière tout ça. Les attardés liront mon article en français, les autres regarderont la vidéo. Ca dit pareil.