Dans la vie, y a un avant et un après Rock Bottom, c’est comme ça. On ne peut rien y faire. Et dans ces conditions, je me demande à quoi peut bien jouer Greg Weeks avec The hive : mec, tu ne vois pas que ces profondeurs sous marines sont déjà habitées ? Que Sea side a déjà été écrite ? Que cette tristesse ne peut pas être la tienne ? Pourtant, le disque commence avec You won’t be the same ever : il le sait bien, lui aussi…
Et qu’est ce qui le pousse encore à appuyer sur REC ?
the-hiveCe qui coince, c’est cette sincérité. Et ceux qui ne trichent pas, ceux qui ne gagnent pas à la fin méritent, non pas de l’indulgence (manquerait plus que ça) mais au moins de l’attention. Et puis Wyatt ne nous a-t-il pas enseigné qu’enfermer un peu d’infini entre quatre sillons était possible ? Et que si mon lyrisme vous emmerde, celui de Rock Bottom pourrait claquer le beignet à n’importe lequel d’entre vous ; une main sur le clavier, l’autre sur la roue de son fauteuil roulant. Que lyrique, ce n’est pas un gros mot.
Bon, ceci étant dit, The Hive, c’est parfois très chiant, on va pas se le cacher. Ca décolle jamais vraiment, ça se traîne, ça flûtise et ça vocalise à tour de bras sur des nappes de clavier en mode automatique ; de l’infini low coast. Ca s’étire, quoi. Et si j’étais en train de travailler, je vous enverrais tout de suite écouter Donovan ; plus accesible et à part du reste du disque, ainsi que Division, qui suit et clôt la galette. Mais je me contenterai de la transition Burn the Margins qui fait les deux à la fois : chanter immobile tout en faisant (un peu) du boucan. Et j’ajouterai le titre éponyme : si vous tenez les 9mn, c’est que vous aussi vous êtes allés voir un jour sous la mer s’il était possible de ressortir la tête de l’eau.
Greg Weeks / / The Hive / / Wichita (Cooperative)
http://www.myspace.com/gregweeks




PLAY BLESSURES