Dans la grande nébuleuse des albums qui se vendront à moins de 1500 exemplaires, certains vaisseaux prennent la forme d’ilôts de sécurité. Un refuge contre l’agression, une zone franche où les étoiles brilleront sans la pollution du ciel.
Le live from Dunwich de Giallos Flame est l’un de ces vaisseaux, dont, même le nez collé à la pochette, on parvient difficilement à cerner les mots. Normal, ici la violence est instrumentale. Dans la plus grande tradition des films d’horreur et des mythologies (usurpées ?) de Goblin et des êtres étranges qui terrorisent des humaines.
Présenter un album live, en soi, présente tout autant d’intérêt que de vous parler de la vie sexuelle de Demis Roussos à l’aube des 70’. Mais lorsque la puissance des claviers rétro 70’ (justement) est à ce point satanique, que vous avez l’impression que le Sabbath bloody Sabbath a mêlé son sang à celui d’Ennio Morricone période Citta Violenta, c’est la naissance d’un style nouveau qui vient vous prendre les tripes et qui ne lâche prise qu’à la fin de la sixième chanson, Crime squad. Une franche saignée dans les préconçus sur le stoner (cheveux longs, solos interminables, hépatites…).
La preuve par trois que soul et furie peuvent survivre sur une même mesure, que oui, Curtis Mayfield et Amon Düül auraient pu être cousins, que les grandes messes noires (Out for Justice) peuvent être illuminées autrement qu’en fluo. Live from Dunwish se parcoure en braille, l’œil fermé et l’imaginaire sur une course poursuite à la Mannix avec les wah-wah qui hurlent dans la sombre enceinte qui accouche d’un monstre. Le doigt, lui, montre le ciel.
Un Rosemary’s baby sous acide test. Qui dans la plus grande lignée de ce début du 21ième siècle (Zombie Zombie, Turzi) prouve qu’on peut être élitiste, remettre les batteries en marche (fureur de Body snatchers, deuxième titre) et venir de Dunwich, Angleterre, sans avoir la piteuse ambition de salir le rock’n’roll avec les guitares Epiphone.
Ténèbres, défragmentation, coma.
Planète terre, 21.15 heure terrestre. J’embarque sur Giallos Flame, destination Dunwich 51.
GIALLOS FLAME // Live from Dunwich // DC Recordings.
http://www.myspace.com/thegiallosflame
2 commentaires
La réponse dans le podcast de cette semaine….




ETRE DIEU
Quelle révélation ! Voilà qui devrait satisfaire le gap ouvert par la période de Noël (bon sang, quand accepterons nous de renommer cette fête païenne de son vrai nom, ce solstice d’hiver sabbatique ? )… Merci donc.
Par contre, il est dommage de ne pas avoir fait (plus explicitement ?) allusion à ce titre Lovecraftien. L’abomination de Dunwich (et non “Dunwish” comme vous l’écrivâtes très cher)…