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GEORGE CLINTON FuNk YOu

Un point commun entre un concert de George Clinton et la rédaction de cet article sous les combles : la sueur. Ou en patois africain, le Funk. Pas (...) suite

Un point commun entre un concert de George Clinton et la rédaction de cet article sous les combles : la sueur. Ou en patois africain, le Funk. Pas étonnant que le meilleur moyen d’éliminer les toxines le 27 août 2008 était encore d’aller au Bataclan à 19h30 tapante pour une soirée où le P-Funk n’aura jamais autant voulu dire Pure Funk.

J’aurais pu commencer par vous raconter George Clinton au Bataclan par sa biographie. J’aurais pu vous parler de sa naissance en 1940, de sa profession de coiffeur jusqu’en 67 (Ceci explique une coiffure aussi bariolée que maîtrisée), des bad trips au LSD, des overdoses de speed de certains de ses musiciens.

clintonJe pourrais théoriser sur les accoutrements et les banderoles qui fleurissaient sur scène ( nous avons eu le droit à Fuck George Clinton et James Clown Ass lors d’un vibrant hommage à Mr Dynamite par Mr Poo-Poo). Ce qui est certain, c’est qu’il s’en est passé des choses. Suffisamment pour que j’hallucine sur le nombre de culs, moi qui ne suis pas célibataire, mais aussi sur le nombre de chapeaux loufoques, une mode instaurée par Bootsy Collins. Bootsy qui n’était pas là physiquement mais dont l’aura et le jeu de basse auront en quelques années marqués le son Clintonien autant que les esprits. Finalement, ce Bataclan était plein, l’audience avait plutôt une vingtaine d’années malgré quelques quinquagénaires occupés à prendre de la C. qu’ils disposaient en lignes sur les extincteurs des corridors menant aux balcons. Contre toute attente toujours, c’était des centaines d’amateurs de rock qui étaient présents et de très nombreux punks, plus oï que clash, ceci étant.

Premier point essentiel, je ne suis pas à un concert de reggae, malgré le nombre d’individus à la peau noire ou métissée. Ils ne sont pas assez roots et tout le monde est à l’heure (le film Rockers met bien le doigt sur ce clash entre reggae et funk au début des 70’s, entre les cols pelle-à-tarte et les autres). Deuxième info, malgré un Music for my mother interprété par un guitariste en couche-culotte ou Sentimental journey chanté par la divissima Belita Woods, je suis bien au concert de George Cinton, celui qui était avant tout fan de Jimi Hendrix, Cream et autre MC5 (the Meters, Lee Dorsey aussi évidemment).

L’un dans l’autre, les codes ne sont pas les mêmes que ceux de la Motown. Bref, j’arrive à 19h35 et The Greements of Fortune a déjà largement entamé la première partie. Une curieuse impression de déjà vu s’empare de moi… Je reconnais facilement cette particularité du P-Funk, à savoir, cette influence rock extrêmement marquée par l’emploi des distorsions. Le son est énorme, le groupe l’est vraiment autant. Je décide d ’aller shooter, parfaite excuse pour aller au plus près de la scène de façon tout à fait cordiale et m’éclipse vers le coin fumeur pour déguster une de mes fameuses cigarettes qui me rappelle cette phrase tirée de I got a thing, you got a thing, everybody’s got a thing de George Clinton justement: You don’t drink what I drink / you don’t smoke what I smoke.

Clinton live! par DoudLes affiches et flyers annonçant fièrement la présence de George Clinton trônent fièrement dans la salle, avec un George accompagné de ses Parliament et Funkadelic. Excusez du peu. J’aurai droit, dans le désordre, aux terriblissimes Cosmic Slop, Flashlight, Give us the Funk, Get off your ass & jam, Standing on the verge of getting it on ou encore Bound to this et bien d’autres. En vérité, tout y est passé, la plupart des morceaux dépassant allégrement les 8min pour parfois tenir la jam un gros quart d’heure. Le Hip-hop est de mise aussi, avec les reprises des thèmes de Me, myself & I de De la soul, mais qui part bien d’un sample du Pape Clinton. The hardest working man of the show business se voit offrir un fervent hommage, notamment par un Monsieur Caca qui chante un very big Payback déguisé en James jusqu’à la grosse baguouze à l’auriculaire, (celle qui ne trompe pas, comme sur cette photo de Jean-Marie Périer prise sur un tarmac où Mr 100000 volt pose devant son Jet).

Clinton, Tellier: Mme combatEpaté vraiment qu’il n’y ai eu (quasi ?) aucun déchet sur véritablement 4h30 de concert. Comme d’habitude, ce Clinton là était plutôt pétard que cigare, comme d’habitude, nous avons observé le «mothership» en carton s’écraser vulgairement sur la scène. Et peut-être moins comme d’habitude, nous avons eu l’honneur d’assister à un spectacle de contorsionniste de la part de l’homme déguisé en RZA dans le clip de Gravel pit du Wu Tang Clan. C’est-à-dire avec un costume trois pièces fait de plumes d’oies et de poils d’ours polaire+ chapeau + ceinture de boxeur.

En vérité, le sens de cet article, en sortant lessivé d’un concert marathon, c’est encore se poser les bonnes questions: Faire un descriptif factuel du concert et des aventures interlopes ? Laisser libre cours à une subjectivité contextuelle presque maladive ? Livrer une analyse socioculturelle des liens entre Funk & Rock puis plus globalement entre la musique et la politique dans cette Amérique noire ?

Je suis finalement rentré chez moi, et plutôt que de chercher une réponse bancale à mes interrogations… j’ai rebrulé la tige par les deux bouts. De ce que je me souviens le clavier tapait névrotiquement C L I N T O N sans interruption. Paraît que ca s’appelle le funk.

Un commentaire

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Commentaire par maloo, le Lundi 1 septembre 2008 à 0:07

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