Le vieux rêve qui ressurgit…
Et si Gene Clark n’avait été qu’un rêve? Le premier compositeur d’un groupe mythique et le soldat de l’ombre ultra doué du folk américain. Le « si » d’une multitude de destins de carrières qui ont tourné à la farce, au caniveau et à la solitude.
Je peux aller très loin avec des raisonnements aussi bornés, stupides et fades mais l’affaire Clark fait parti de ces dossiers que je ne pourrai jamais classer. Trop compliqués.
SilveradoEncore une fois j’ai repensé à tout ça, au fait qu’il n’ai tout simplement pas décollé. Et Silverado’ 75 en est la preuve flagrante. No other, sa pièce maîtresse, est sorti un an auparavant. Le truc est fascinant, aboutissement suprême de la lignée Byrds, Parson, Dillard, Flying Burrito Brothers. Country d’un monde moderne, bercée de moog, de pedal steel et de cris électriques. C’est déjà trop tard et l’étoile termine, quelque mois après la sortie du disque, dans les profondeurs du Billboard. Une 86ème place qui n’évoluera pas et qui verra Clark perdre sa maison de disques.
Donc quelle motivation le fait encore espérer, après avoir laissé échapper son testament, pour reprendre la route à travers les Etats-Unis et faire de la lutte armée country ?
Un appel certain de solitude, et la forte impression d’échapper à la réalité. S’enfermer dans la musique jusqu’au bout quoiqu’il arrive.
Un groupe serait sûrement trop encombrant, nerveusement et surtout financièrement. Clark se suicide donc sur la route avec deux habitués des tournées sans fin, Roger White et Duke Bardewell, membre pour un temps du club très fermé du mythique groupe d’Elvis. Et les mecs sont partis à trois grattes dans la violence des clubs de série B. Pour défendre No other, à première vu c’est un enfer. Quand j’ai reçu le disque je m’attendais à entendre la version live d’un joyau. Il aurait eu le droit à sa Rolling Thunder Revue. Un peu crispé pour les premières écoutes et surtout la frustration d’un mec, qui fait pourtant passer Springsteen pour un ridicule pantin.
Alors je me suis plongé dans le machin. Penser au jour le jour et capter les bruits des spectateurs peu nombreux, reconnaître des trucs des Byrds, de No other en version cool, ultra cool. Et puis la sensation que sans batterie c’est aussi magique. Here without you, She darked the sun, Siver Raven ou Train leaves here this morning. Tout y est. Une chaleur enivrante et l’envie d’aller jusqu’à la dernière late. Clark remercie ses musiciens, son public : « Et n’oubliez pas de revenir demain soir ! »
Gene Clark // Silverado’ 75 – Live & Unreleased // Collectors’ Choice Music
2 commentaires
“No Other” quel magnifique album!
découvert il ya un mois par hasard…
si ton papier peut permettre à d’autres de découvrir Gene Clark post-byrds.
ya une autre version avec groupe sur youtube
http://www.youtube.com/watch?v=52QkT0rqg84




ETRE DIEU
Gene Clark en effet c’est une énigme. Comment expliquer ce parcours post-byrds, enfin, chacun sa croix. Comme je suis presque d’accord avec tout ce qui est écrit (et que les gens d’accord avec tout, on s’en tape tout de même surtout ici), je vais jouer mon chieur : la pièce maitresse de Clark reste pour moi Gene Clark with the Gosdin Brothers, phénoménal ! Plus que No other. J’avais dit Chieur, hein. Chouette papier.